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Nationale

Flop du gouvernement sur le gaz de schiste

Flop du gouvernement sur le gaz de schiste

Le gouvernement algérien a décidé en 2014 d’exploiter les réserves nationales de gaz de schiste. Cette décision prise à l’issue d’un Conseil des ministres, n’a fait l’objet d’aucune campagne d’explication au préalable ni après l’avoir annoncée officiellement dans un communiqué de presse destinée à l’opinion publique.

Contrairement à l’habitude, les populations, notamment celle du sud du pays, concernées directement par cette affaire de gaz de schiste puisque cela se passe sur leur territoire, ont décidé de ne pas avaler la pilule que le gouvernement a voulu leur faire passer. Cette méthode de gestion à laquelle le gouvernement a toujours recours n’a donc pas marché cette fois-ci, d’autant que le débat fait rage sous d’autres cieux au sujet de ce choix d’exploiter le gaz de schiste au regard des dégâts collatéraux qu’il pourrait engendrer.

Le gouvernement a donc décidé de procéder aux forages exploratoires arguant la baisse des cours de pétrole au niveau mondial, l’augmentation de la consommation interne en énergie et la hausse de la facture des importations pour justifier ainsi le recours à ce procédé non conventionnel.

Cependant, ce mépris de l’opinion n’a pas tardé à faire réagir les populations du Sud qui ont exprimé leur refus catégorique de l’exploitation du gaz de schiste.

Sur ces entrefaites, le gouvernement, pris de cours, est entré dans un cafouillage terrible dans lequel il s’est retrouvé à gérer une situation sécuritaire en lieu et place d’une contestation d’ordre économique et environnementale.

En dépêchant le premier responsable de la Sûreté nationale à In Salah pour rencontrer les représentants des populations en colère contre les forages expérimentaux sur leurs terres, les pouvoirs publics ont montré qu’ils n’ont pas vu venir la grogne. Pis encore. L’absence de réactivité des élus et des représentants de la société civile de la région et les sorties médiatiques de certains officiels dénonçant la main étrangère qui serait derrière les manifestations des populations du Sud, ont ajouté de l’huile au feu et confirmé l’étroitesse de vues des gestionnaires de ce dossier.

En outre, l’envoi de députés de l’Assemblée nationale populaire sur les lieux a été une initiative tardive aux yeux des observateurs politiques pour lesquels les élus auraient dû s’autosaisir sur une question de cette envergure en vertu de leurs prérogatives constitutionnelles.

Le flou artistique aura duré jusqu’à l’intervention du président de la République qui, en consacrant un Conseil des ministres restreint à ce dossier, confirme le malaise suscité par une gestion à l’emporte-pièce d’une question aussi sensible que l’exploitation du gaz de schiste.

Hélas, le gouvernement a voulu noyer le poisson dans l’eau et créant de nouveaux abcès de fixation au lieu de solutionner un problème d’ordre économico-environnemental. La création future de wilayas déléguées dans les régions du Sud et plus tard dans les Hauts-Plateaux est une réponse jugée « inappropriée » par les observateurs et qui risque même d’avoir un effet boule de neige sur les autres régions du pays.

Enfin, le retard « prémédité » de la réaction du P-DG par intérim de la Sonatrach, premier concerné par ce dossier, est encore la preuve du bricolage qui n’a eu de cesse de caractériser la gestion de la question du gaz de schiste dès le départ.
Pendant ce temps, la protesta des gens du Sud s’organise et prend plusieurs formes qui l’inscrivent dans la durée.

A moins que ce soit le but recherché par les pouvoirs publics pour se servir de cette protestation comme paravent et faire passer des mesures impopulaires, force est de constater que le gouvernement perd du temps inutilement au lieu de dire aux populations d’In Salah qu’il ne va arrêter d’explorer dans leur sous-sol et qu’il ira chercher des solutions plus viables au problème du manque de la ressource énergétique. 

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