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Nationale

FLN: Ould Abbès contre-attaque

FLN: Ould Abbès contre-attaque

Comme ils l’ont déjà annoncé dans le dernier communiqué, les membres du bureau politique exclus par Djamel Ould Abbès se sont retrouvés hier dans un hôtel privé à El Biar pour une réunion de concertation sur la suite à donner à leur action.

Cette réunion, à laquelle ont été conviés des membres du CC hostiles au SG et des membres du groupe de Bélayat, devrait déboucher sur une feuille de route. Pour rappel, les membres du BP exclus par Ould Abbès ont dénoncé la démarche, considérant qu’elle était en contradiction avec les statuts du parti. L’ex-membre du bureau politique actuellement suspendu en a remis une couche en accusant le SG du parti de « soutenir l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, pour succéder à Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême ». L’ex-Premier ministre, qui a disparu des écrans radars depuis quelques mois, est réapparu lors des obsèques du footballeur Hacen Lalmas la semaine dernière. Le soir même, il a donné une réception dans une villa appartenant à sa fille sur les hauteurs de Bouzaréah. Si aucune information n’a filtré, certaines sources ont indiqué que plusieurs « hautes personnalités » étaient présentes à cette soirée.

Sellal a-t-il été approché par la présidence pour lancer la campagne présidentielle, lui qui a été déjà le directeur de campagne du candidat Bouteflika en 2004 et 2009 ? En tout état de cause, les propos tenus par Hocine Khaldoun dans la presse augurent de la prochaine crise qui va secouer le vieux parti à moins d’une année de la présidentielle de 2019. Selon lui, « l’actuel SG du parti dirige celui-ci en propriété privée. Il n’y a ni bureau politique ni comité central. Il a vidé le parti de sa substance militante. Mieux, il n’a jamais évoqué l’idée d’un cinquième mandat du président Bouteflika et à chaque fois, il déclare que le « changement se fera dans la continuité » et que « le nom du prochain président de la République est dans ma tête ». Et pour contrer cette stratégie mise en place par Djamel Ould Abbès, Hocine Khaldoun a fait savoir qu’un comité de sauvegarde du FLN verra le jour prochainement. Des structures de ce comité ont déjà vu le jour dans plusieurs wilayas et l’annonce de sa naissance « se fera très prochainement », a-t-il ajouté.

Le SG du FLN n’a pas attendu longtemps pour répondre à Hocine Khaldoun. Hier à Ain Defla où il a tenu une réunion régionale, le SG du FLN a abordé la question de la candidature du président Bouteflika, suggérant au passage que le FLN est pour la « continuité au pouvoir » du chef de l’Etat, refusant toutefois de prononcer le terme de « cinquième mandat ». Selon les explications fournies par Ould Abbès, « la majorité du peuple soutient le maintien du chef de l’Etat » sans qu’il dise toutefois s’il s’agit d’un plébiscite populaire ou simplement d’une reconduction automatique : « Mais la décision finale revient au président Bouteflika », a-t-il tenu à préciser. Revenant sur les propos tenus par Hocine Khaldoun, le patron du parti majoritaire a révélé que ce dernier « était venu en pleurant » lui demander de l‘intégrer dans

la liste des candidats aux élections législatives de 2017. Aussi, a-t-il minimisé l’importance du comité que compte créer cet ex-membre du bureau politique du fait, dit-il, de sa faible notoriété ; témoin en est son score squelettique lors des élections législatives à El Tarf, son lieu natal où il s’est présenté. Sur les accusations portées contre le renouvellement du bureau politique avec l’intégration de nouveaux noms, le SG a révélé que cette liste a reçu « l’aval en haut lieu » sans indiquer si c’est la présidence de la République ou la personne du chef de l’Etat : « Les noms que j’ai proposé sont tous issus du parti. Ils ne sont pas venus de Tel Aviv », a-t-il répondu.

A l’heure où nous rédigeons ces lignes, le communiqué final des travaux de ce comité n’a pas été rendu public. Mais une source proche de la réunion a indiqué au Jeune Indépendant que les membres frondeurs n’ont jamais contesté les noms proposés par le SG du parti pour intégrer le BP, mais le fait qu’il agit en solo sans passer par les organes du parti : « Nous avons simplement demandé que cette liste soit proposée pour approbation par le comité central, seul organe habilité à donner son quitus ». La bataille au sein de l’ex parti ne fait que commencer à dix mois du scrutin présidentiel, qui s’annonce des plus indécis.

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