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Nationale

Fléaux sociaux en Algérie : Quelles solutions ?

Fléaux sociaux en Algérie : Quelles solutions ?

Sur initiative de l’association Femme active, scientifiques et universitaires, théologiens, officiers de police, acteurs du mouvement associatif et autres altruistes se sont donné rendez-vous, jeudi dernier, dans la grande salle de spectacles de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou pour discuter du thème « Ensemble pour consolider la dynamique des actions de lutte contre les fléaux sociaux ».

Les communicants ont été nombreux à intervenir sur cette pertinente question axée sur les solutions à apporter aux fléaux sociaux en Algérie. Les intervenants ont été unanimes à admettre que la violence dans la société algérienne prend des proportions inquiétantes et que les solutions à ce fléau exigent non seulement l’implication de tous, mais relèvent également de plusieurs paramètres.

Autrement dit, le politique, le juridique et le répressif, le religieux et le moral, le côté médical et l’instruction ainsi que le développement pour le bien-être social sont indispensables pour lutter contre tous les facteurs responsables des fléaux sociaux actuels. A l’issue de cette rencontre scientifique, certains fléaux sociaux ont pu être identifiés, ainsi que les facteurs responsables.

Ainsi, les différents produits psychédéliques mais aussi la violence contre les femmes et les enfants ont été inscrits au registre des fléaux sociaux. Au chapitre de la violence contre les femmes, le constat établi par le Dr Radia Djekoune est sans appel. La communicante, spécialiste en épidémiologie, a informé l’assistance, nombreuse et attentionnée, que même les femmes instruites n’échappent pas à la violence physique ou morale.
Le Dr Radia Djekoune a aussi noté dans son intervention que les violences subies par les femmes sont souvent perpétrées dans le foyer conjugal.

A l’extérieur du foyer conjugal ou parental, la femme est souvent agressée par des chômeurs on des individus avec un niveau d’instruction moyen. L’âge des agresseurs varie entre 18 et 35 ans. Pour sa part, Karim Saradaoui, chercheur et spécialiste en anthropologie, a évoqué le cas des femmes victimes d’agressions morales et psychologiques sur leur lieu de travail. Selon lui, ces femmes travailleuses se font agresser principalement parce qu’elles exercent un métier qui ne convient pas à leurs études.

Même si Karim Sadaoui n’a pas utilisé les termes « harcèlement sexuel », il y a fait référence à travers des euphémismes. En revanche, du côté des officiers de police, le discours sur le recul de la morale et les bonnes mœurs en Algérie a été plus révélateur et plus explicite.

Le lieutenant Nabil Mokhtari, avec une rhétorique singulière, a démontré que la cupidité, le désir de profiter de biens matériels sans pour autant manifester de dispositions pour les gagner ainsi que l’absence de barrière morale constituent les principaux facteurs responsables de la violence dans notre société.

Le lieutenant Nabil Mokhtar est allé jusqu’à citer certains cas de violence qu’il a lui-même eu à traiter ou qui ont été portés à sa connaissance. Cependant, cet officier de police, dont l’intervention a été fortement applaudie par l’assistance, n’a pas révélé les noms des personnes impliquées.

Pour sa part, le lieutenant Youcef Ammour, chargé de la lutte contre les stupéfiants, a opté pour le langage des chiffres. Documents à l’appui, il a révélé que dans le cadre des atteintes à l’ordre public, à travers l’ensemble du territoire de la wilaya de Tizi Ouzou, les services de police ont traité, au cours de l’année 2014, pas moins de 121 dossiers. Dans ces affaires ont été impliqués 135 hommes, 7 femmes et 3 mineurs.
Ce sont au total 84 personnes qui ont été frappées par la sanction de la détention préventive.

Au registre de l’atteinte aux personnes, le traitement policier a touché 1 501 affaires, lesquelles ont mis en cause 1 800 hommes, 220 femmes et 20 mineurs. Ces affaires ont été traduites par la détention préventive de 109 personnes. Au registre de l’atteinte aux biens, les services de police ont eu à traiter 540 affaires, lesquelles ont entraîné la mise en cause de 643 hommes, 39 femmes et 38 mineurs. 139 personnes ont été mises en détention préventive.

S’agissant enfin de la drogue, les services compétents de la police ont traité 98 affaires, lesquelles ont mis en cause 150 hommes, 1 femme et 4 mineurs. Quant à la sanction, traduite par la détention préventive, elle a frappé 127 personnes. Le lieutenant Youcef Ammour a certes reconnu que le crime n’est pas étranger dans notre société, mais a tenu à souligner que les services de sécurité sont loin d’être à la traîne.

Cet officier de police a assuré à l’assistance que la société est parfaitement protégée des criminels.
Notons que la chargée de la communication au niveau de la sûreté de la wilaya de Tizi Ouzou, la commissaire Mme Djamila Temmar, était présente à ce séminaire. Elle a fait un travail extraordinaire en rendant accessibles et compréhensives, au profit de la presse, les interventions de ses deux collègues.

Toujours au chapitre de la communication, nous devons relever les brillantes interventions du psychiatre, le Dr Abdelhafid Bouslimane, du Pr Mustapha Oukacha, enseignant et chercheur à la faculté de droit et des sciences politiques de Tizi Ouzou, de l’imam Saddouk, représentant des affaires religieuses et des wakfs de la wilaya de Tizi Ouzou ainsi que celle de la représentante de la direction de la jeunesse et ses sports de la wilaya, Mme Sonia Fetmouche.

Enfin, il convient de signaler que la présidente de l’association Femme active, Mme El-Djouher Hachemmi, appuyée par le Dr Rachid Belkheir, psychologue clinicien, a lancé un véritable pamphlet contre le modernisme qui n’est pas conforme avec « notre culture, notre religion et notre droit coutumier ».

Mme El-Djouher Hachemmi est allée jusqu’à proposer de profondes réformes dans nos espaces éducatif et culturel dont, principalement, les crèches « où l’on parle à nos enfants dans des langues étrangères et en leur faisant écouter des musiques et des chants tout aussi étrangers ».
La présidente de Femme active a enfin plaidé pour la sanction pénale des parents démissionnaires à l’endroit de leur progéniture.

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