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Nationale

Financement des partis: Le temps des vaches maigres

Financement des partis:  Le temps des vaches maigres

La suspension des aides financières de l’Etat aux partis politiques, depuis deux ans,  précipitent certains partis dans le gouffre d’une  crise financière  étouffante.  Ce sont notamment les formations politiques  majoritaires  au Parlement, à savoir le FLN et le RND, qui  souffrent  le plus de cette fermeture « des vannes ».

Ayant défrayé  la chronique ces derniers jours, la question  de suspension des aides publiques aux partis ne semble  pas poser problème pour le Mouvement  El Bina. Ce dernier s’appuie  essentiellement  sur les cotisations des militants et les dons des « sympathisants » du parti.

Dans une  déclaration au  Jeune Indépendant, le membre du bureau national et chargé de communication du  parti, Salah Hocine, a indiqué, ce mardi, que le Mouvement El Bina n’a jamais bénéficié de ces subventions octroyées  avec largesse aux plus anciens partis, y compris des sièges abritant l’activité partisane. «  Nous avons six sièges au parlement, nous n’avons jamais bénéficié  de cette aide financière qu’accorde l’Etat  aux partis. Notre mouvement  est nouveau  et depuis  sa création, il loue ses propres  sièges  que ce  soit au niveau  national  ou local ».

Interrogé  sur  les sources de financement  du parti, M. Salah Hocine  a précisé  que  le Mouvement  assure  son financement  principalement des cotisations des militants  au sein du parti et des dons offerts par « les sympathisants »  .
Pour lui, la direction du  Mouvement El Bina ne tient  plus compte  du  code actuel des partis politiques de 2012 ,  et s’inscrit,  d’ores et déjà,  dans « une nouvelle ère »,  eu égard  à la nouvelle  Constitution  en cours de révision. Cette dernière, poursuit-il,   va  automatiquement  entrainer la révision de l’arsenal juridique régissant, entre autres,  l’activité  politique. «  Il est insensé  de parler de l’actuelle loi relative aux partis politiques et ce qu’elle  stipule  dans son chapitre  lié au financement  des partis, car avec l’amendement  de la Constitution toutes les lois organiques  vont  changer », explique-t-il.

Le même responsable a affirmé  dans ce contexte  que le Mouvement El Bina demande une subvention « équitable » au profit des différentes  formations politiques, affirmant que des propositions sur cette question ont été présentées lors  d’une réunion tenue la semaine passée, dans le  cadre  de ce qui est appelé  « l’initiative des forces nationales  de réforme ».

« Au niveau  du Mouvement  nous avons suggéré  que l’Etat devrait revoir la subvention financière  en fonction de la représentativité  de  chaque parti et son déploiement  à l’échelle  nationale.  «  Il est illogique  de mettre au même pied d’égalité  des partis qui sont absents de la scène politique et ceux  qui sont présents sur le terrain  et actifs dans tous les maillons de la société », argue-t-il.
Salah Hocine a estimé, dans ce sens, que le nombre des militants n’est  plus un critère  fiable, car certains partis pourront même confectionner  des cartes fictives  d’adhérents comme bon leur semble ».

Par ailleurs,  certains responsables  des  deux partis  frappés  de plein fouet  par la décision de l’arrêt des aides avaient évoqué, dans  des déclarations rapportées par  Le Soir d’Algérie,  que cette  situation qui dure  depuis mars 2019 plonge leurs formations  dans « une sécheresse  financière ». Ils  peinent  de ce fait à couvrir  leurs charges et à mener leurs activités  partisanes.

Côté réglementaire,  il s’agit clairement  dans l’article 52 de la loi relative aux partis politiques de 2012, d’une subvention « éventuelle », que  l’Etat peut octroyer en fonction des  sièges remportés  au sein de Parlement, soit 40 millions de centimes pour chaque député homme  et 50 millions de centimes pour une parlementaire  femme.  Au vu de ces sommes  faramineuses, Il y a de quoi s’affoler pour  un parti  comme le  FLN  qui détient  217 parlementaires et  le RND qui en dispose 128.

Ainsi et suite au soubresaut populaire du 22 février 2019,  ces deux  partis considérés par la majeure partie  du peuple   comme « les symboles de l’ancien régime »,  se sont vus privés d’une manne financière  que l’Etat leur versait   gracieusement le mois de mars de chaque année. Chose  qui leur reste en travers de la gorge. Pis encore, aujourd’hui,  ces partis campent sur leurs vieilles pratiques « opportunistes »  et veulent se régénérer à nouveau.

Selon les analystes,  le timing  choisi par le vieux parti  et son alter égo, pour  réclamer  ce qu’ils considèrent « un droit  garanti par la loi », n’est pas fortuit.  D’autant qu’ils étaient les premiers à avoir donné leur « bénédiction »,  vis-à-vis du projet de la révision constitutionnelle au lendemain de l’annonce de la date de la tenue  du référendum prévu le 1e novembre.

Bien avant, les frères ennemis ont commencé leurs préparatifs en mois  de mai passé lorsqu’ils  ont procédé, en plein strict confinement,  à la désignation  de leurs nouveaux secrétaires généraux, Abu Fadl Baadji pour le FLN et Tayeb Zitouni  remplaçant Azzedine Mihoubi à la tête du RND. Il y a quelques semaines,  ils  annoncent, en grande pompe, que leurs partis s’apprêtent  à mettre la main à la pâte pour faire réussir le rendez-vous de Novembre.

Tout  compte fait, si la suspension des  aides de  l’Etat n’est pas  une  nouveauté  pour les partis  de l’opposition et d’autres  issus de la mouvance  « islamiste », qui ont toujours compté, selon leurs dires,   sur les  cotisations  des militants , elle constitue un coup dur, voire fatal  pour des partis  qui se  sont  de tout temps  adossés à la cagnotte de l’Etat.

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