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Monde

Fin de règne pour l’extrême droite en Hongrie

Fin de règne pour l’extrême droite en Hongrie
Peter Magyar

C’est effectivement un séisme politique majeur en Europe centrale. Les élections législatives hongroises du 12 avril 2026 marquent la fin de 16 années de domination ininterrompue de Viktor Orbán et de son parti, le Fidesz.

Le conservateur europhile Peter Magyar a remporté les élections législatives organisées dimanche en Hongrie. Le Premier ministre nationaliste Viktor Orban a reconnu sa défaite, qui le prive d’un cinquième mandat consécutif à la tête du pays.

Selon les autorités électorales hongroises, Tisza, le parti de Peter Magyar, remporte 138 des 199 sièges du Parlement, contre 55 pour la coalition de Viktor Orban, après le dépouillement de la quasi-totalité des suffrages. Le taux record de près de 78% témoigne d’une mobilisation historique des Hongrois, dépassant largement les chiffres des scrutins précédents.

« Nous y sommes parvenus: le Tisza et la Hongrie ont remporté ces élections », s’est félicité dimanche soir Peter Magyar à Budapest. Pas juste un peu, mais largement, vraiment très largement », a-t-il déclaré sous les acclamations de dizaines de milliers de supporters.

« Ensemble, nous avons fait tomber le régime Orban. Nous avons libéré la Hongrie, nous avons repris notre patrie », a-t-il ajouté.

Peter Magyar avait annoncé auparavant avoir reçu un appel de Viktor Orban pour le féliciter de sa victoire.

« Les résultats des élections, bien que non encore définitifs, sont clairs. Pour nous, ils sont douloureux mais sans ambiguïté. Nous n’avons pas reçu la responsabilité ni la possibilité de gouverner », a déclaré de son côté le dirigeant nationaliste, au pouvoir depuis 16 ans.

Cette victoire de Magyar constitue un revers pour l’extrême droite populiste incarnée par l’administration américaine qui a dépêché mardi dernier le vice-président J.D Vance pour apporter son soutien à Orban qui était en mauvaise posture selon les sondages.

Avocat et eurodéputé de 45 ans, Peter Magyar a annoncé son intention de refaire de son pays un membre loyal de l’Union européenne. Une rupture nette avec la politique de l’actuel chef du gouvernement, qui ne cache pas son mépris pour Bruxelles et affiche sa proximité avec la Maison Blanche de Donald Trump ainsi qu’avec le Kremlin de Vladimir Poutine. Sous sa férule, la Hongrie a souvent opposé son veto à l’aide européenne à l’Ukraine.

Ancien membre du Fidesz – le parti de Viktor Orban –, Peter Magyar a également promis durant sa campagne de s’attaquer à la corruption, de revigorer les institutions démocratiques et d’améliorer les services publics.

Peter Magyar a bâti une grande partie de son ascension sur les réseaux sociaux et des rassemblements populaires géants, contournant les médias d’État largement contrôlés par le pouvoir sortant. C’est une victoire que beaucoup d’observateurs qualifient de « printemps hongrois ».



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