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Nationale

FFS : La «crise» du consensus au point zéro

FFS : La «crise» du consensus au point zéro

C’est le retour au point zéro. Alors que le plan du FFS animait, un tant soit peu, la scène politique morose du pays, voilà que ce parti annonce avec grand regret le report, pour ne pas dire l’annulation de sa conférence nationale sur le consensus. Conclusion : le débat politique actuel sera désormais coincé entre les partis alliés au pouvoir et ceux membres de l’instance de concertation et de suivi (ICS).

Autrement dit, les milieux politiques pensent qu’on se dirige droit vers cette interposition, bâtie sur une rupture entre le pouvoir et ses partisans, d’une part, et la CNLTD et le Front du changement, d’autre part. Une rupture difficile à contourner et qui met mal à l’aise le président Bouteflika lui-même. Car ce dernier cherche, depuis sa réélection en avril dernier, à recréer une sorte d’entente, un « pacte politique » entre des dizaines de sensibilités idéologiques et sociales. L’alibi en cette circonstance est la révision de la Constitution. Bouteflika, comme beaucoup de ses partisans, pensait que ce chantier allait mobiliser ses adversaires et qu’ils pourraient faire de nombreuses concessions. Les dizaines de partis créés juste après les émeutes de « l’huile et du sucre » en janvier 2011, suite au discours historique d’avril de la même année du chef de l’Etat, alors que le pays tremblait face à la déferlante du « Printemps arabe », ont rapidement applaudi, tout comme certaines organisations dites de masse. Mais cela reste insuffisant. Car l’opposition, en dépit de ses divisions et de ses fragilités, aura réussi à s’organiser en un front commun, impensable et inattendu. C’est elle qui a réussi à créer son propre consensus politique, sorte de SMIG démocratique. Pour des analystes, il y a, avec la CNLTD et plus tard l’ICS, un pacte ou une entente entre des mouvances de l’opposition que tout oppose.

Bien plus difficile encore pour le pouvoir, c’est la position radicale de la CNLTD, qui semble ne vouloir croire en rien émanant du gouvernement ou de la Présidence. Une position qu’on qualifiera d’entêtement, dont le FFS a bien mesuré l’ampleur et les dégâts dans ses consultations.
Face à cette ligne de front radicalisée, le pouvoir a-t-il les parades pour casser le « blocage » ou le « gel » ? Il y a quelques mois, le cercle présidentiel avait suggéré de bâtir une nouvelle alliance nationale. L’idée était de calquer l’expérience du triumvirat FLN – RND – MSP de 2004, tout en renforçant par d’autres mécanismes de fonctionnement ses structures dirigeantes, ses appareils intermédiaires et sa doctrine. De plus, les auteurs de l’idée voulaient créer un partenariat politique entre tous les partis intégrés dans cette alliance new-look, de lui donner un cachet solennel, une sorte de coordination ou d’organisation solide et solidaire à tous points de vue. On avait cru que les majorités acquises du FLN dans les assemblées populaires, les sympathies équivoques du RND dans les cercles administratifs et les reflux relatifs du MPA, du TAJ ou de l’ANR seraient suffisants pour constituer un bloc nationaliste et républicain pour contrer facilement l’opposition et ses deux pôles. De plus, on a même parié sur l’intégration graduelle à cette alliance présidentielle du PT et du FFS ou du Front de l’Avenir du candidat Belaïd Abdelaziz. Avec ce plan concocté vers la fin de l’année dernière, Bouteflika aurait ainsi les coudées franches pour enclencher son projet de révision de la Constitution, par des meetings et des débats populaires, sans craindre la moindre opposition. De plus, il pourrait facilement mettre en place son gouvernement d’union nationale et préparer son plan d’action qu’il devait présenter à l’APN et au Conseil de la nation en janvier 2015. L’idée était bonne, sauf qu’un nouveau contexte s’est greffé avec la crise pétrolière qui a pris des tournures inattendues, alors que la conjoncture sécuritaire est devenue une priorité absolue à nos frontières orientales et méridionales. C’est d’ailleurs dans l’esprit de la concrétisation de cette alliance que le pouvoir et ses partisans avaient donné leur accord au FFS pour participer à la conférence du consensus.

Leurs refus actuels montrent bien que le scénario de création d’une alliance présidentielle n’est plus retenu comme une urgence politique. Alors, Bouteflika aura-t-il prévu un remède à la crise en dehors de son cassandre sur la révision de la Constitution ?

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