-- -- -- / -- -- --
Energies Environnement

Feux de forêts: Menace sur la végétation du littoral

Feux de forêts: Menace sur la végétation du littoral

Des centaines d’hectares de bois sont partis en fumée depuis le début de la saison chaude. Juillet aura été particulièrement fatal pour la biosphère, notamment sur le littoral dans la région du centre du pays, précisément en Kabylie ou au nord des villes des Hauts plateaux.

Selon un décompte provisoire des services des forêts, le pays a connu une importante cadence d’incendies cette dernière semaine, s’étalant entre le 24 juillet et le 2 août, où une moyenne d’une quinzaine d’incendies par jour a été enregistrée, avec un pic de 66 incendies répertoriés le 28 juillet.

En tout, près de 5 000 hectares de superficie végétale, forêt, maquis et broussailles essentielles, ont été détruits par les flammes, parties de presque un millier de foyers à l’origine de centaines d’incendies ayant touché surtout des wilayas au Centre et l’Est du pays.

En effet, plusieurs dizaines d’hectares de végétation dans les wilayas de Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira, Bordj Bou Arreridj, plus à l’Est, à Sétif, Guelma, Annaba, El-Taref et Souk Ahras à la frontière avec la Tunisie, ou encore Tiaret à l’Ouest du pays ont été ravagés par des centaines de feux, dont certains seraient d’origine criminelle.
Même si à ce jour aucune victime n’a été déplorée, il reste que des constructions ou des batteries d’élevage ont été réduites en cendres par les flammes, notamment en Kabylie où les constructions sont souvent érigées au milieu des bois. Un village au nord de la wilaya de Sétif à la lisière avec Béjaïa a été particulièrement touché et des images diffusées sur les réseaux sociaux montrant les habitants de la localité se réfugier dans des espaces épargnées par un véritable brasier.

La direction générale de la protection civile a dû mobiliser toutes ces unités à travers le pays, afin de faire face à la situation qui devenait pesante sur les populations locales. Au centre, notamment en Kabylie, où les feux ont été particulièrement ravageurs, des unités héliportées ont été sollicitées durant les deux jours de l’Aid, notamment à Larbaâ Nath Irathen, plus exactement au douar de Thala-Amara dans la région de Tizi-Ouzou où plusieurs foyers d’incendie, pouvant constituer un risque pour les vies humaines, ont été déclarés ce week-end.

Des sources locales avaient malheureusement fait état de la perte de dizaines de poulaillers ou encore de ruches d’abeilles placés dans la région, à l’exemple du village de Tizi-Mella, dans la commune d’Aït-Toudert.

Ainsi, des feux qualifiés de « très importants » ont été enregistrés à Larbaâ Nath Irathen, Bouzguène, Aït-Yahia, Aïn-Zaouia, Ouadhias et Agouni-Gheghrane ou encore à Tha-Guilef, dans le versant relevant de la circonscription territoriale de Bouira, dont les pertes ont été les plus importantes, selon la direction de wilaya de la protection civile.

Même constat à Béjaia, où les habitants de la wilaya ont célébré le 1er jour de l’Aïd el-Adha dans la fournaise, en raison des nombreux incendies qui ont ravagé les forêts et les maquis dans 21 communes sur les 52 que compte la wilaya. Selon un bilan établi par les services de la conservation des forêts, 34 départs de feu ont été recensés vendredi à Toudja (Ighil N’Said (Bouhatem), Akfadou, Bejaia, Boukhlifa, Darguina, Kherrata, Ayad, TalaHamza, Taskriout, Ait Smail, Aokas, Amizour, Tifra, Tibane, Chellata, Fenaia, Ilmathen, Barbacha, Tazmalt.

Il aura fallu un renfort de pompiers dépêché de Bordj Bou Arreridj ou encore des unités aériennes de la direction générale, qui ont dû faire intervenir des hélicoptères anti-incendie, notamment dans la région de Toudja, où les feux ont été particulièrement ravageurs.

A Souk Ahras, à l’extrême-Est du pays, près de 500 hectares de forêt ont été détruit ces derniers jours. Les autorités de la wilaya avaient ordonné l’ouverture d’enquêtes et exigé que les auteurs soient présentés devant la justice, a-t-on appris hier de source proche de la wilaya.

Ces feux ont été enregistrés notamment dans les localités de Ouled Idriss, El-Hanancha, Sedrata, Ain Soltane, Lehdhara, Souk Ahras et la commune d’Aïn Ezzana à la frontière avec la Tunisie, où une bonne partie du dense espace forestier ainsi que la biotique, dont jouit la région, a été réduite en cendres.

Ces incendies se sont même prolongés à l’intérieur du territoire tunisien. La wilaya a mobilisé, en soutien aux services de la protection civile, d’importants moyens logistiques et matériels, notamment ceux des directions des travaux publics et celle des forêts. Le wali avait fait le déplacement le premier jour de l’Aid à la forêt dite de El-ma Lahmer dans la localité de Ain Ezzana, dans une initiative visant à soutenir les pompiers sur le front.

A Tiaret, à l’Ouest du pays, la mission des éléments de la protection civile épaulés par ceux des wilayas voisines n’a pas été de tout repos pour venir à bout d’un incendie déclaré dans la forêt dite du Plateau, l’une des plus importantes de la wilaya de Tiaret, connue pour sa dense végétation constituée d’arbres de pin d’Alep.

De façon globale, ces faits souvent rapportés par les correspondants du Jeune Indépendant ont, en effet, fait état de la destruction par les flammes des centaines d’hectares, à Tizi Ouzou, Béjaia, Bouira, Souk Ahras, ou encore au Nord de Sétif en sus d’autres feux annoncés ici et là à travers tout le territoire. A l’image de Constantine où les services de la protection civile enregistrent quotidiennement des feux de récoltes ou de brousses et quelque fois d’arbres fruitiers. A la mi-juillet un incendie, fort heureusement vite maitrisé, avait tout de même mis en péril un important feuillage au Nord-est de la forêt de Djebel El-Ouehch à la jonction avec celle d’El Méridj, les deux plus importants poumons de la biosphère constantinoise.

Ces incendies enregistrés à travers le pays, dont certains restent prémédités et donc d’origine criminelle, incombent souvent au manque de vigilance ou encore au non-respect des mesures de sécurité recommandés par les services jumelés des forêts et de la protection civile souvent en présence des services de sécurité représentés par la Gendarmerie nationale. Des campagnes de sensibilisation sont menées sur l’ensemble du territoire national depuis le début de la saison estivale par des commissions chapeautées par les hommes du feu, souvent les premiers si ce n’est les seuls remparts des flammes.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email