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Nationale

Feux de forêt en Algérie : Un drame humain et environnemental

Feux de forêt en Algérie : Un drame humain et environnemental

Les incendies meurtriers déclenchés lundi dernier, se poursuivent dans plusieurs wilayas, notamment à l’est du pays où d’énormes dégâts matériels sont constatés. Il s’agit d’un drame national qui a peiné tout le peuple algérien, qui une nouvelle fois fait montre d’une solidarité exemplaire aux multiples appels à l’aide sur les réseaux sociaux.

Du nord à l’est de l’Algérie, les flammes dévastatrices avivées par la chaleur extrême continuent de faucher des dizaines de vies et de ravager des milliers d’hectares de forêts, mais aussi d’arbres fruitiers.

Si la majorité des feux de forêt qui ravagent le nord du pays était en passe d’être maîtrisée ce vendredi, notamment dans la wilaya de Tizi Ouzou, la plus touchée, d’autres wilayas à l’est, à savoir Skikda et El Tarf sont en proie à d’énormes feux, s’approchant dangereusement des habitations.

Appuyée par les deux bombardiers d’eau français, mis à la disposition de l’Algérie par le Centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC) de l’Union européenne (UE) avec l’apport de la France, des éléments de l’armée nationale populaire (ANP) et des volontaires, la Protection civile, a réussi l’extinction ce vendredi matin de tous les feux de forêts déclenchés à Tizi Ouzou, faisant état toutefois de cinq nouveaux départs de feu dans la même wilaya.

Il convient de signaler que les deux Canadairs français ont effectué ce jeudi les premiers largages avec 32 attaques sur trois zones différentes à Tizi-Ouzou.

La direction générale de la Protection civile, ces éléments et des volontaires continuent de lutter contre 35 incendies dans 11 autres wilayas, notamment à Jijel, Skikda et Boumerdes.

Face à cette situation dramatique, les manifestations de solidarité, déployées sur le terrain et de tout le pays, ont pu soulager les sinistrés et subvenir en grande partie à leurs besoins en eau, nourriture et médicaments. Les appels à l’aide se multiplient à l’intérieur et à l’étranger grâce à une diaspora à l’écoute de la douleur de leurs concitoyens.

De son côté, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme( LADDH) Saïd Salhi, a déclaré qu’à Larbaa Nath Irathen (Tizi-Ouzou), les experts n’ont réussi à identifier que 19 corps sur 25, ajoutant que des opérations de recherche sont en cours pour trouver les personnes disparues.

Pour Hocine, habitant de Larbaa Nath Irathen, l’épicentre des incendies en Kaylie, contacté par téléphone, le manque de préparation des autorités locales alors que dans cette régions les incendies sont récurrents, a fait que les pertes sont colossales et que des familles entières ont tout perdu et se retrouvent à la rue.

« Réagir et prendre des mesures après la catastrophe ne règle jamais les problèmes », s’est-il insurgé la gorge nouée, rappelant que les flammes ont tout détruit, maisons, bétails, arbres fruitiers et même les animaux qui peuplaient les forêts.

Ce drame a mis à nu le manque d’anticipation des autorités locales et les carences des pouvoirs publics face à des phénomènes prévisibles qui se reproduisent  chaque année et menacent la sécurité nationale.

La piste criminelle se confirme

Les incendies meurtriers qui ravagent plusieurs régions du pays depuis plus de cinq jours sont «d’origine criminelle » selon les affirmations du directeur général de l’Agence spatiale algérienne (ASAL), Azzedine Oussedik.

M. Oussedik fait remarquer que tous les départs de feu à Tizi-Ouzou étaient à proximité des routes et des pistes, ce qui laisse penser qu’il s’agit d’un acte criminel.

Dès le début des incendies, les équipes de l’ASAL, qui a mobilisé des satellites internationaux pour identifier les lieux des départs de feux, ont commencé la programmation des images satellitaires au-dessus des régions touchées essentiellement à Béjaïa, Tizi Ouzou et Jijel comme première étape.

Il a fait savoir que trois feux ont été déclenchés en même temps à 11h08, à savoir à Aïn El Hammam, à Ouacif et au sud-est de la commune d’Azazga, des régions riches d’espèces de végétation très inflammables.

Pour conforter l’hypothèse qu’un acte criminel est à l’origine des feux , le DG de l’ASAL a affirmé que le départ de feux tard le soir est impossible sur le plan de la climatologie et des conditions, comme c’était le cas à Aït Lahcene dans la commune de Béni Yenni, Azazga et Mizrana (à 23h08).

Le spécialiste a estimé à 23.000 hectares les pertes au niveau de Tizi Ouzou, 6.500 hectares à Béjaïa et 1.800 dans la wilaya de Jijel.



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