Fête de la figue sèche de Béni Maâouche: Des solutions pour développer la filière
Plus de 140 exposants issus de 13 wilayas du pays ont pris part à la 20e édition de la fête de la figue de Béni Maâouche. Ce rendez-vous économique et agricole, qui est abrité par le complexe sportif de proximité de la localité Chérif Hamia, a été placé sous le signe de « l’amélioration de la qualité et de la quantité du fruit ».
Il est initié par l’association des figuiculteurs de la commune de Béni Maâouche, avec le soutien de la Chambre d’agriculture de Béjaïa et la direction des services agricoles de la wilaya. Les exposants sont venus, entre autres, d’Oum El-Bouaghi, Biskra, Adrar, Boumerdès, Bouira, Sidi Bel Abbès et une grande partie de Sétif et de Béjaïa.
Ils ont exposé de multiples variétés et qualités de figue sèche dans les chapiteaux érigés sur les lieux ainsi que des produits agricoles dont le miel, le safran, l’huile d’olive, le caroubier, le couscous, les pâtes et les semoules d’orge et de blé, la farine, le poivron rouge, les amandes, les cacahuètes, les pistaches, les noisettes et les petits pois. Les exposants ont étalé aussi du soja, des fèves, des pois-chiches, du piment, des oignons, des tomates séchées, etc. La BADR, la CRMA et la Chambre d’agriculture étaient aussi présents.
S’agissant des prix, ils sont fixés selon la qualité du fruit mais ils restent cependant très élevés. Ils varient entre 1 600 et 2 500 DA. Cette rencontre, qui est devenue au fil des années une tradition, a drainé beaucoup de monde parmi les visiteurs et agriculteurs de la région. Elle a été caractérisée par l’organisation de journées techniques animées par des experts et au cours desquelles plusieurs thèmes ont été développés.
Une communication sur « les techniques de séchage rapide, des matrices alimentaires (cas de ficus Carica) » a été présentée par le Pr Khoudir Madani, directeur du Centre de recherche de technologies agroalimentaires (CRTAA) de Béjaïa. Ce dernier a fait une comparaison entre les techniques classiques et modernes de séchage, expliquant les deux étapes et relevant les avantages et les inconvénients de celles-ci, tout en mettant l’accent sur le facteur temps qu’on peu gagner avec l’utilisation des nouvelles technologies ».
Une convention-cadre entre l’Association des figuiculteurs de la commune de Béni Maâouche et le Centre de recherche de technologies agroalimentaires de Béjaïa (CRTAA) a été signée. Ce centre devrait assister et former les agriculteurs dans le processus de production et de séchage, de labellisation de la figue pour garantir une meilleure qualité, d’amélioration de la production, de lutte contre les maladies, etc. La deuxième journée a vu la présentation d’une communication sur « les techniques de séchage, séchoir solaire indirect et à conversion forcée : réalisation et fonctionnement ».
Elle a été animée par Yacine Meziane, ingénieur agronome en agroalimentaire et contrôle qualité, directeur des études et des stages à l’INSFP d’Akbou, qui a développé les moyens et les méthodes à utiliser à cet effet. Aujourd’hui, M. Mira devait aborder, dans une conférence « Les assurances multirisques figuiers ». La même journée, les figuiculteurs auront droit à une autre communication portant l’intitulé : « De la plantation à la récolte : l’intérimaire technique et les défis sanitaires de la figue sèche de Béni Maâouche ». Elle sera animée par le Dr Salah Hadjout du CRAT de Constantine. Un atelier dédié aux femmes sera animé par Farah Bouchafaâ, gérante d’une conserverie, sur la transformation de la figue.
« Les insectes ravageurs de figuiers » est une autre communication jugée très importante, qui sera présentée, dimanche, par le Dr Aldjia Oudjiane, responsable à l’INRAA de Oued Ghir, et une autre communication portant sur « l’apport de la digitalisation et du numérique dans la prédiction de la maturation de la figue » sera développée par le Pr Anis Chikoune.
Pour sa part, Mme Kacher, présidente de l’Association des femmes rurales de la wilaya de Béjaïa (AFUD), aura l’occasion, dans une intervention, de parler de « la valorisation des produits du terroir des femmes rurales » et la dernière journée verra « la filière figue en Algérie, sa situation et ses perspectives » passée en revue par le Pr Ahcene Kaci, responsable à l’Ecole supérieure nationale en agronomie (ENSA) d’El-Harrach. Elle sera suivie d’une table ronde sur « les contraintes et les perspectives de la filière », au cours de laquelle les membres de l’Association des figuiculteurs de Béni Maâouche discuteront des problèmes et des difficultés de la filière.
Elles sortiront avec des propositions, des recommandations, la stratégie à adopter et des solutions à préconiser afin d’éviter le déclin de la filière qui fait face, depuis quelques années, à des obstacles freinant son développement, dont la sécheresse, les maladies, notamment les xylophages et leur large propagation dans la région, et ce en raison des aléas climatiques, entre autres.
Outre la sécheresse qui perdure dans la région, la filière fait face aussi à la salinité de plus en plus forte des sols, l’apparition de maladies qui nécessitent un bon suivi et des réactions rapides, dont la prévention dans la mesure où les traitements n’existent pas ou sont peu efficaces.
La filière a également subi un rétrécissement des superficies en production en raison des incendies et du vieillissement des vergers. Une situation qui a diminué la production de presque la moitié et a doublé les prix en cinq ans. C’est ainsi que les chiffres annoncés lors de cette rencontre font état de la production de 44 463 quintaux de figue fraîche et sèche cette année contre 72 000 quintaux à la même période de la saison dernière.