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Culture

Festival Alge’Rire : Des sketchs pleins les zygomatiques

Festival Alge’Rire : Des sketchs pleins les zygomatiques

Devant une salle comble de 1 400 spectateurs à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh, le Festival Alge’Rire a ouvert jeudi soir sa 7ᵉ édition dans une ambiance survoltée. Entre humour engagé, scènes de la vie quotidienne et diversité des voix, cette soirée d’ouverture a révélé tout le potentiel d’une scène comique algérienne en pleine effervescence.

Organisé par Broshing Events sous le haut patronage du ministère de la Culture et des Arts, le gala d’ouverture a réuni une pléiade d’humoristes nationaux et issus de la diaspora venus célébrer le rire, la diversité et les réalités algériennes dans toute leur richesse. Animée par un Farid Chamekh en grande forme, la soirée a débuté sur une note engagée et inattendue. Il a rendu un hommage aux Jeux Olympiques de Paris 2024, et surtout à la force féminine algérienne à travers une référence directe à Imane Khelif, la boxeuse visée par des critiques injustes. « Tout le monde ne connaît pas encore la force de la femme algérienne, mais elle finira par s’imposer », a déclaré Farid Chamekh, sous les applaudissements d’un public conquis.

Le premier à monter sur scène fut Mouaadh Bennaceur, membre de la troupe Algé Rire et originaire de Batna. Il a livré un sketch détonant sur les mariages chaouis, les résultats du baccalauréat et les éternels rapports conflictuels entre parents algériens et enfants. En coulisses, ému, il a confié que « en tant qu’humoriste habitué aux petites salles, jouer à l’Opéra d’Alger, c’était un rêve. En montant sur scène, j’ai reçu une vague d’émotions. Je ne m’attendais pas à voir autant de monde, j’espère avoir été à la hauteur ».

Il ajoute que « le public était de toutes les générations. Nos textes sont préparés avec notre équipe artistique qui nous aide à affiner chaque sketch. Même si je vise plutôt les jeunes, j’essaie d’adapter mes thèmes aux familles aussi. Jouer avec des artistes issus de la diaspora m’a permis d’échanger sur nos scènes respectives ».

C’est ensuite Youness Hanifi qui a pris le relais, avec une performance centrée sur les folies du quotidien, les contradictions des jeunes et la complexité des relations familiales. Pour sa première en Algérie, il a su faire rire avec intelligence et spontanéité.

La soirée a également été marquée par la montée sur scène de Farès Barket, l’un des coups de cœur du public. Originaire d’Annaba, l’humoriste a captivé la salle par son charme naturel, sa présence scénique désinvolte et son humour mordant. Avec une légèreté assumée et un sens du timing remarquable, il a enchaîné les punchlines sur la vie dans les quartiers populaires, ses débuts artistiques hésitants, sa relation parfois burlesque avec un producteur, et même… une improbable after party qui a déclenché l’hilarité générale. Farès a su, en quelques minutes, instaurer une complicité sincère avec le public, comme s’il racontait ses anecdotes à des amis de toujours.

En fin de spectacle, il nous a affirmé que « j’étais stressé avant de monter sur scène vu le nombre de spectateurs, mais une fois lancé, j’ai senti que le public suivait. Je les ai sentis vraiment réceptifs. C’était une chance unique d’être programmé à côté d’un grand nom comme Abdelkader Secteur. Travailler avec des artistes qui ont l’habitude des scènes internationales m’a beaucoup appris. »

Sur scène, Juste Inès a affirmé avec brio que l’humour féminin algérien avait toute sa place. Avec une énergie contagieuse, elle a abordé sans complexe des sujets de société, de genre et de vie quotidienne, entre sarcasme, tendresse et insolence. En marge du gala, elle a déclaré que « c’est une fierté de voir cette salle comble. J’adore jouer dans de grandes salles, cela me donne une énergie incroyable. J’invite le public algérien à venir découvrir les humoristes de chez nous, il y a une vraie richesse dans notre scène ».

La soirée s’est clôturée avec le retour très attendu d’Abdelkader Secteur, figure emblématique de l’humour populaire algérien. Fidèle à lui-même, il a enchaîné les observations acérées sur les problèmes de couple, les voyages en Turquie, autrefois touristiques, aujourd’hui souvent médicaux : « Avant, on allait à Istanbul pour voir la mosquée bleue. Maintenant, on revient avec des pansements et des cheveux implantés ! », a-t-il lancé dans un éclat de rire général.



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