-- -- -- / -- -- --
Nationale

Ferroukhi annonce une refonte du secteur de la pêche

Ferroukhi annonce une refonte du secteur de la pêche

Le secteur de la Pêche et des Ressources halieutiques entend atteindre une production nationale avoisinant les 166.000 tonnes de produits halieutiques, au lieu de 100.000 tonnes actuellement. 
C’est du moins l’objectif annoncé ce dimanche par le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Sid Ahmed Ferroukhi, lors de son passage sur les ondes de la radio nationale. Il a précisé que cet objectif est fixé autour d’une nouvelle stratégie partant d’une refonte complète de l’activité halieutique.

« L’idée étant de s’organiser autour des nouvelles habitudes de consommation qui ont évolué chez les ménages entre produits congelés et frais », affirme le ministre.
La nouvelle stratégie arrêtée s’étale de 2020 à 2024 et se décline avec une forte volonté de rupture avec le modèle productif existant, déclare le ministre. Il s’agit surtout de développer de nouvelles activités en sus de celles qui existent déjà. Ce qui permettra de créer de nouveaux emplois dans l’industrie de la pêche et l’aquaculture, qui compte actuellement environ 120.000 postes qu’il faudrait préserver, selon les explications du ministre.

L’invité de la rédaction a souligné qu’il n’est pas question de faire table rase, mettant l’accent sur la valorisation des acquis réalisés dans ce secteur. La nouvelle vision, poursuit-il, projette d’entreprendre une promotion du secteur dans une logique de durabilité, en allant vers la pêche au large, afin de mieux exploiter les ressources halieutiques nationales dans les profondeurs.

Faisant remarquer que l’espace classique de pêche ne répond plus aux besoins nationaux en la matière, M Feroukhi a relevé que les études effectuées ont montré qu’on exploite que le tiers de nos ressources halieutiques, qui sont autour de 300 à 350 mille tonnes. « Ce qui limite les capacités du marché national, c’est l’offre qui se contente de ce que produit la pêche côtière et artisanale. Aujourd’hui il faudrait aller chercher le poisson dans les océans.

D’où l’importance accordée dans notre programme à la formation relative à la construction et la maintenance navales, ainsi que l’accompagnement de ce type de pêche de haut niveau (dans les océans)  », ajoute-t-il.
Toutes ces réformes nécessitent, dit-il, d’agir de manière scientifique et dans le cadre de partenariat, afin de pouvoir apprendre de l’expérience des pays qui exercent dans ce créneau depuis longtemps.

Le ministre a fait savoir qu’hormis une partie des ressources exploitée actuellement, il y a un delta qui n’est pas inclus dans les 166 mille tonnes de production halieutique envisagée dans la nouvelle stratégie, signifiant dans ce sens que l’éradication des mauvaises pratiques de pêche, permettra le retour naturel de ces ressources.
L’autre delta , enchaine-t-il, consiste à exploiter les espaces marins sous format aquaculture, sans compter l’espace continental dans le sud, dont on ne profite pas convenablement.

M Feroukhi tient beaucoup à la mise en place d’un modèle productif « internalisé » en utilisant les moyens locaux , équipement et matière première . Il affirme également que la refonte du secteur est devenue une urgence, en vue de satisfaire la demande du consommateur et améliorer les conditions socioprofessionnelles des producteurs.

Par ailleurs, le ministre a évoqué la question des prix des poissons qui connaissent une tendance haussière.
Selon lui, cette dernière n’est ni en mesure de garantir un salaire digne aux pêcheurs, ni capable de rendre ce produit alimentaire important à la portée du simple consommateur. 
Il a relevé à ce titre que la question de saisonnalité des produits y est pour beaucoup, notamment la sardine qui enregistre une disponibilité durant la période allant de juin au mois d’octobre.

Il a soulevé l’impératif de développer d’autres filières à même de couvrir la demande nationale tout au long de l’année, citant les différentes espèces des eaux douces, tel le tilapia, le sandre ou encore le black- bass qui sont accessibles aux bourses moyennes .
Aussi, Il faut oser sortir des anciennes habitudes de pêche en allant pourquoi pas à l’aquaculture de la crevette à Ouargla et à Biskra.

Le ministre a insisté sur la professionnalisation du métier de pêcheur à l’effet de rompre avec les mauvaises pratiques, qui sont en porte-à-faux avec la nature et l’écosystème où vivent les poissons et les crustacés. Il rappelle une fois de plus la détermination de son département de s’inscrire dans une logique de durabilité et de préservation des richesses sous -marines. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email