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Nationale

Fermeture des frontières : Le calvaire des Algériens bloqués se poursuit

Fermeture des frontières : Le calvaire des Algériens bloqués se poursuit

Alors que de milliers d’Algériens bloqués à l’étranger attendent sur des charbons ardents leur rapatriement et la réouverture des frontières, des sources évoquent l’annulation des vols de rapatriement à partir de ce lundi, sans annoncer une éventuelle reprise des vols commerciaux.

Avec un seul vol quotidien maintenu, entre Alger et Paris, les procédures à suivre pour rentrer au pays se compliquent davantage, voire deviennent quasiment impossibles pour  les ressortissants encore en suspens dans les aéroports étrangers, y compris les résidents. C’est la raison pour laquelle ils lancent un appel aux autorités du pays pour intervenir et «préserver la dignité de l’Algérien» qui est, selon eux, «bafouée au quotidien aux aéroports ou devant les représentations diplomatiques».

C’est le cas de plus de 155 Algériens coincés en Malaisie depuis le seul vol programmé vers ce pays en juillet dernier. Ces ressortissants, dont le quotidien devient invivable, n’ont cessé de lancer des cris de détresse via les réseaux sociaux et les médias classiques. «Je suis un Algérien bloqué en Malaisie depuis septembre.

Comment se fait-il qu’un citoyen algérien ne puisse pas rentrer au pays et doive attendre que les autorités malaisiennes lui accordent une faveur en lui prolongeant exceptionnellement son séjour ? Comment se fait-il que l’Algérien est contraint à payer des amendes en raison de l’expiration de la date de validité de son visa ?».

Ce sont là des questions que se pose Ayoub, étudiant qui partage ce calvaire avec d’autres concitoyens. Selon certains témoignages, une vingtaine d’Algériens se sont déplacés à l’ambassade d’Algérie à Kuala Lumpur en vue d’avoir des informations précises et de trouver une solution à leur situation, sans résultat.

«Nous nous sommes déplacés au siège de l’ambassade à maintes reprises pour essayer de trouver une issue à notre blocage en Malaisie mais personne n’a daigné nous recevoir. Ils nous ont laissés attendre à l’extérieur de l’enceinte de l’ambassade toute la journée. C’est une honte !», regrette Manar. Notre interlocutrice a affirmé que plusieurs sit-in avaient été observés la semaine passée devant le siège de la représentation diplomatique à Kuala Lumpur pour réclamer leur rapatriement dans les plus brefs délais. Même tourmente vécue par les ressortissants bloqués juste à la frontière est du pays.

Brahim, qui se trouve en Tunisie, raconte la souffrance qu’ont dû subir les Algériens dans ce pays et ailleurs puisqu’il est coordinateur d’un groupe virtuel de ressortissants algériens qui demandent l’ouverture des frontières. «Notre situation vire à une catastrophe humanitaire.

Des couple séparés, des familles détruites, des personnes sont décédées à l’étranger de chagrin après la perte d’un membre de leur famille, des gens voient leur activité commerciale sombrer dans la faillite et j’en passe», a déclaré hier Brahim au Jeune Indépendant, citant le cas de la jeune fille Nabila et de Youcef, un sexagénaire, qui ont succombé à leur situation de détresse.

Selon les précisions de notre interlocuteur, des milliers d’Algériens bloqués aux quatre coins du monde sont livrés à eux-mêmes, expliquant qu’ils demandent d’être écoutés et pris en charge. «La dignité de l’Algérien est piétinée à l’étranger ! Tous les pays ont pris les mesures nécessaires pour prendre en charge leurs citoyens pris de court par la pandémie de la Covid-19. Quant à l’Algérien, il est abandonné et se fait humilier et traiter de manière inhumaine par les autorités des pays d’accueil qui ne veulent rien comprendre», poursuit-il.

Il raconte le cas des concitoyens qui se sont fait tabasser, jeudi passé, devant le siège du consulat d’Algérie à Istanbul par les forces de sécurité turques, et ce pour la simple raison qu’ils revendiquaient leur rapatriement. En somme, plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux montrent la situation «dramatique» que

vivent ces Algériens et lancent sans cesse un SOS au président de la République, Tebboune. Par ailleurs, on constate le silence radio du côté des autorités algériennes. Aucune déclaration n’a été faite officiellement pour éclairer l’opinion publique sur cette situation. Contacté par le Jeune Indépendant, mercredi passé, le ministère des Affaires étrangères n’a pas donné de réponse à nos questions. De son côté, le membre du comité scientifique, le Dr Mohamed Berkani Bekkat, a indiqué que «les opérations de rapatriement doivent se poursuivre et on n’a pas le droit de laisser nos concitoyens à l’extérieur».

Il a préconisé, dans ce sens, «des mesures d’assouplissement telles que la présentation d’un test PCR de 72 heures et une inscription sur les listes de rapatriement gérées par des services consulaires». Cela serait largement suffisant, a-t-il dit, pour régler le problème des ressortissants bloqués à l’extérieur, lesquels ont été, selon lui, «on ne peut plus pénalisés par des mesures bureaucratiques».

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