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Nationale

Ferhat Aït Ali : « les étrangers investiront avec leurs propres fonds »

Ferhat Aït Ali : « les étrangers investiront avec leurs propres fonds »

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Aït-Ali Braham, a déclaré,  à Tizi Ouzou, que « les investisseurs étrangers investiront désormais avec leurs propres fonds en Algérie ». Et pour mieux éclairer l’assistance, dont principalement la presse, le ministre a rappelé que, « par le passé, l’Etat algérien exigeait des investisseurs étrangers d’user des fonds nationaux algériens dans le cadre de leurs investissements mais ceci était en fait un non-sens ».

Ferhat Aït-Ali Braham a indiqué que, dans la mesure où la wilaya de Tizi Ouzou ne possède plus de foncier industriel assez important pour accueillir des projets industriels de grande ampleur, il est impératif d’utiliser les poches restantes à l’effet d’y implanter des PME (petite et moyenne entreprises) et PMI (petite et moyenne industries). Interrogé au sujet de l’importation des véhicules, le ministre a répondu que 133 demandes d’agrément pour l’importation de tous types de véhicules neufs avaient été déposées à son département depuis l’entrée en vigueur du nouveau cahier des charges de l’industrie automobile.  « Toutes ces demandes seront étudiées et les opérateurs auront une réponse dans un délai de 30 jours », a-t-il révélé, expliquant qu’après l’arrêt de l’activité d’assemblage, « il faut alimenter le marché national en attendant que des investisseurs sérieux émergent (…) Une fois que les autorisations seront délivrées par son département, le ministère du Commerce veillera à ce que les clauses du cahier des charges soient respectées ». A ce sujet, le ministre a affirmé que  « quiconque répond aux conditions contenues dans le cahier des charges aura son agrément  et celles-ci ne sont ni difficiles ni draconiennes, mais constituent  un strict minimum exigible pour tout opérateur ». Concernant la loi relative à l’importation de véhicules, Ferhat Aït-Ali Braham a rappelé qu’elle n’est pas annulée mais tout simplement gelée, et ce  jusqu’à nouvel ordre.

Par ailleurs, à son arrivée sur le site de l’ENIEM de Oued Aïssi, Ferhat Aït-Ali Braham, le cortège dévia de sa trajectoire initiale pour éviter de rencontrer les travailleurs mécontents et désespérés. Le Jeune Indépendant  a appris auprès de ces travailleurs que la situation de l’ENIEM est bel et bien catastrophique. Les ateliers de production, à cause de la pénurie de matière première, étaient souvent à l’arrêt. Les réfrigérateurs exposés à la vue du ministre n’avaient été repeints qu’au cours des dernières 48 heures dans le but de tromper le ministre. Les travailleurs ont  été contraints de travailler d’arrache-pied.  Il convient de signaler que le ministre a refusé de donner un satisfecit aux responsables de l’entreprise après l’exposé fait par le PDG sur la situation de l’ENIEM. Cette entreprise traîne aujourd’hui encore une dette de 6 milliards de dinars. S’il est vrai que l’ENIEM souffre d’une concurrence déloyale, sa gestion laisse toutefois à désirer. Le mal réside surtout dans le choix de ses partenaires. En 2016, l’entreprise a en effet été victime d’une grande escroquerie qui lui a valu une perte sèche de 4 millions d’euros. Il était question d’un groupe italien spécialisé dans le froid, qui devait installer des appareils dans l’un des ateliers de l’ENIEM. Si ce groupe a empoché son chèque, l’ENIEM, elle, n’a pu faire fonctionner les appareils en question parce que défectueux.

A présent, l’entreprise souhaite obtenir un rééchelonnement de sa dette sur une durée de 15 ans, avec un différé de 7 ans et un taux d’intérêt de seulement 3,5 %.  Concernant l’Electro-Industries de Fréha, si sa situation ne prête aucunement au découragement, elle n’est pas non plus reluisante. « Vous pouvez mieux faire », a indiqué le ministre à son PDG. Ferhat Aït-Ali Braham a insisté sur l’exploitation, à bon escient, des terrains nus dont dispose encore l’entreprise. Dans son nouveau plan de développement sur la période 2021 -2025, l’Electro-Industries de Fréha compte élargir aussi bien sa clientèle que la gamme de ses partenaires. Idem concernant ses produits, notamment les transformateurs électriques et les groupes électrogènes. Avec ce nouveau développement, la réduction de l’importation des groupes électrogènes, qui est  de 40 000 par an aujourd’hui, sera considérablement réduite. Interrogé en aparté par le Jeune Indépendant, un cadre de cette entreprise a légitimé l’observation du ministre. « En vérité, nous n’arrivons toujours pas à nous défaire des modes de travail et de développement des décennies 1980 et 1990 ».  Notre interlocuteur a déploré que « si, théoriquement, notre entreprise doit  produire 52 000 transformateurs électriques par an, elle n’en produit que 3 000 ». Concernant l’existence d’une possibilité d’améliorer la situation et le statut de l’Electro-Industries, ce même cadre a conditionné cette possibilité par une nouvelle approche de la méthode de travail et de production, une approche aux normes universelles.

Le ministre de l’Industrie et des Mines s’est ensuite rendu à l’entreprise privée  Youvaks Industrie, spécialisée dans la production de visserie. Cette entreprise, entrée en production en septembre 2019, est d’une capacité productive de 700 tonnes par an. Les responsables de cette entreprise nourrissent même l’ambition d’exporter leurs produits à partir de 2023. Ils envisagent aussi de réduire l’importation à hauteur de 20 %, et ce dès maintenant. Selon les données fournies par Youvaks Industrie, l’Algérie a importé, au terme de l’année d’exercice 2019, des produits de visserie, dont le vis agglo, le vis auto-taraudeuse et le tréfond, et ce pour un montant de 4 047 000 dollars. A cette occasion, le ministre a assuré aux responsables de Youvaks Industrie que l’Etat les accompagnera dans leurs différentes démarches quant à l’expansion de leur entreprise et l’imposition de leurs différents produits, tant sur le marché national que celui international. C’est sur la promesse d’un avenir meilleur que le ministre de l’Industrie et des Mines et son cortège ont pris la direction de Mira, où la visite fut consacrée aux ateliers de production de KA Industrie, spécialisée dans la production de plaquettes de freins et de filtres automobiles.

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