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Nationale

Faut-il revoir le plan «Alerte enlèvement enfant» ?

Faut-il revoir le plan «Alerte enlèvement enfant» ?

Pour localiser un enfant kidnappé et identifier le ou les ravisseurs, il faut compter une dizaine de jours, voire plus. Durant cette période, les auteurs ont suffisamment le temps de passer à l’acte. Huit sur dix des enfants enlevés sont retrouvés morts, parfois le corps en morceaux, après plusieurs jours de captivité.

Le plan « Alerte enlèvement enfant » initié par la Gendarmerie nationale, avec l’expertise de son homologue française, connue dans ce domaine, est-il fiable ou faut-il le revoir ?

Les enlèvements qui se sont produits durant ces cinq dernières années (plus de 500 cas) nous ont démontré une fragilité chez les services de sécurité concernés, d’autant plus que la plupart des enfants enlevés ont été achevés par leurs ravisseurs avant même que les enquêteurs ne parviennent à localiser ces derniers. S’agit-il d’un échec ?

En mars 2013, l’ex-commandant de la Gendarmerie nationale, Ahmed Bousteila, s’est déplacé à Paris pour rencontrer son homologue français, le directeur général de la Gendarmerie nationale française, le général de corps d’armée Jaques Mignaux, afin de peaufiner le plan « Alerte enlèvement enfant ».

Le déplacement à Paris d’Ahmed Bousteila avait eu lieu après des actes d’enlèvement en cascade d’enfants en Algérie. A l’origine de cette coopération entre les deux gendarmes algérien et français, les tristement célèbres affaires d’enlèvement d’enfants vécues en 2012 et 2013, notamment de la petite Chaïma enlevée à Mahelma, de la fillette Soundous à Draria et des deux jeunes enfants Haroun et Ibrahim enlevés à Constantine, tous les quatre tués par leurs ravisseurs.

Devant cette montée soudaine du phénomène des enlèvements, Ahmed Bousteila avait jugé important de s’inspirer de l’expérience de la Gendarmerie française dans le traitement des kidnappings d’enfants, surtout qu’en France ce fléau est l’un des plus vécus par la société.

Donc, il était question d’affiner le plan « Alerte enlèvement enfant » chez la Gendarmerie nationale, du moment que celle-ci n’avait pas beaucoup d’expérience pour faire face à ce genre de fléau, nouveau chez nous. 

C’est l’un des objectifs les plus importants que l’ex-patron de la Gendarmerie nationale voulait concrétiser dans le cadre des échanges d’expériences entre les deux institutions sécuritaires des deux pays. La Gendarmerie française avait, lors de cette rencontre, montré les méthodes d’interventions et d’investigations ainsi que les traitements des cas d’enlèvement d’enfants à son homologue algérienne, notamment à la Brigade de protection des mineurs.

Cependant, le plan « alerte enlèvement enfant » semble inefficace malgré les efforts déployés par les gendarmes pour venir à bout de ce fléau. L’affaire de la petite Nihal de Tizi Ouzou, retrouvée morte plus de dix jours après son enlèvement, est un exemple de cette fragilité du plan en question.

Huit enfants sur dix enlevés sont retrouvés morts

Huit enfants sur dix enlevés sont assassinés par leurs ravisseurs. Une moyenne très inquiétante qui témoigne, quelque part, de la fragilité du plan d’intervention des services de sécurité, ce qui nécessite une réorganisation du plan « Alerte enlèvement enfant » mobilisé par la Gendarmerie nationale.

Des enlèvements d’enfants, qui ont choqué les Algériens durant ces cinq dernières années, ont connu une triste fin, malgré le déploiement d’un dispositif sécuritaire draconien et la mobilisation des enquêteurs pour localiser les enfants enlevés.

Le fléau des enlèvements d’enfants est nouveau en Algérie, les affaires les plus importantes sont apparues il y a tout juste cinq ans. Tout a commencé en 2011, l’année qui a vu l’enlèvement et l’assassinat du jeune Yacine à Bordj El Kiffan. Cette affaire avait marqué le début d’une série de rapts d’enfants qui ont choqué les Algériens. Ces enlèvements suivis de l’assassinat des victimes ont choqué la société civile.

Des enlèvements qui restent gravés à jamais dans la mémoire des Algériens. On se souvient des tristes enlèvements de Yacine de Bordj El Kiffan, des petits Farid de Tizi Ouzou et Samir d’El Eulma, et la liste est encore longue, tous assassinés dans des circonstances presque identiques à celles Chaïma de Mahelma, de Hamza d’El Hamiz et de Soundous de Draria ou, récemment, de la petite Nihal de Tizi Ouzou.

Si pour les deux premiers, Farid et Samir, leurs affaires ont été dévoilées au public et les circonstances de leur mort élucidées, le cas de Yacine est une autre affaire du moment qu’à ce jour elle n’a toujours pas été dévoilée au grand public.

Le corps du petit Yacine, âgé de 5 ans, a été découvert dans un puits non loin de sa demeure. Les citoyens, choqués par ces actes barbares, avaient et continuent de demander justice contre les auteurs de ces assassinats. En 2013, c’est à El Eulma et Mila que deux autres enlèvements de deux jeunes enfants âgés de 8 et 10 ans ont eu lieu.

Il s’agit de Kaïs et Anes. Les criminels, deux repris de justice, n’ont eu aucune pitié pour les deux jeunes garçons. Ils les ont violés avant de mutiler leurs corps. C’était un crime horrible qui a suscité la colère de l’ensemble de la société civile.

On se rappelle aussi du jeune écolier Amine de Dély Ibrahim, enlevé en 2015 à quelques mètres seulement de son école par des inconnus qui ont été arrêtés par les gendarmes après plusieurs jours d’enquête. Cette affaire avait choqué les citoyens.

Révolté, la société civile avait vivement condamné l’acte barbare commis par les ravisseurs qui, finalement, ne sont que des amis de son père. Les Algériens gardent toujours en mémoire les rapts d’Amira, de Chaïma et de Soundous, toutes enlevées en 2012 et ayant suscité l’indignation de la population.

La jeune Soundous de Draria (Alger) avait été froidement tuée par une proche pour des raisons familiales. Ces affaires macabres ont poussé la société algérienne à dénoncer ces actes tout en se posant des questions sur ce nouveau phénomène étranger à la sa culture.

Aujourd’hui, tout le monde est inquiet et l’inquiétude a gagné même la Forem (Fondation nationale pour la promotion et le développement de la recherche) dont le président le Professeur Khiati Mostefa, avait appelé, devant cette série de rapts, à l’application de la peine de mort pour les kidnappeurs d’enfants.

Un appel soutenu par les Algériens qui exigent des peines sévères à la hauteur de l’acte criminel commis par ces bandes de malfaiteurs.
Face au fléau des enlèvements d’enfants, la société civile n’est pas restée les bras croisés.

Des marches de soutien aux familles des enfants victimes de rapt ont été à chaque fois organisées. Des citoyens participent même aux recherches lancées par les gendarmes au vue de retrouver les enfants kidnappés. Des actes de bravoure menés par la société civile. Le cas du jeune écolier Amine (7 ans) de Dély Ibrahim est un exemple de cette vaste mobilisation de la société civile.

Une forte démarche qui affiche la grosse colère des citoyens face à ce fléau. Sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, la solidarité des Algériens qui avaient suivi l’affaire du rapt d’Amine a été très remarquée et les photos du jeune écolier avaient fait le tour des réseaux sociaux, une manière pour les citoyens de participer aux recherches.

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