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Nationale

Faut-il «démocratiser» la révision ?

Faut-il «démocratiser» la révision ?

La révision de la Constitution devrait dominer prochainement les débats politiques. Le président de l’APN, Larbi Ould Khélifa, avait intentionnellement jeté quelques os, sans entrer dans le fond, juste de quoi alimenter les discussions de salon ou saliver certains commentateurs.

Dans une intervention remarquée lors d’une émission de la télévision publique, le président de l’APN a confirmé qu’il a bien reçu le texte de la part de la présidence, allant jusqu’à confirmer que l’une des nouveautés introduites est justement la désignation d’un chef de gouvernement parmi la majorité parlementaire, exactement ce que veut le FLN et que Saidani revendique depuis sa controversée désignation comme secrétaire général du vieux parti.

D’ailleurs, lors de son meeting tenu hier à Ain Oulmane dans la wilaya de Sétif, Saidani a fustigé les adversaires de ce projet de révision, estimant que ceux-là cherchent plutôt à réclamer une période de transition.

La flèche vise directement les leaders de la coordination nationale des libertés et de la transition démocratique. Ces derniers ne cessent de clamer que cette révision est inopportune, inadéquate et pratiquement inutile.

Leur priorité politique est d’aller d’abord, comme première étape, vers la création d’un organe autonome chargé de préparer et de surveiller les élections et les scrutins, avant d’organiser des élections présidentielles anticipées.

C’est à l’issue de ces élections qu’une période de transition est exigée afin de concrétiser une nouvelle feuille de route ou un processus électoral et politique, dont la philosophie dominante serait l’édification d’une démocratie et la consécration des libertés individuelles et collectives.

Or, une transition revendiquée par une bonne partie de l’opposition s’oppose frontalement au projet de révision constitutionnelle de Bouteflika, d’où l’absence de l’entente politique et l’échec de ses appels répétés à une participation aux consultations.

Avec la montée au créneau du débat sur la constitution et notamment sur la nature du régime, comme pour appâter les partis politiques récalcitrants ou opposants, il est clair qu’on va vers un nouveau bras de fer, car, en substance, le fait que le chef du gouvernement soit désigné par le parti majoritaire au parlement, ouvre déjà un autre chantier et une polémique.

En fait, on risque bel et bien d’aller vers des élections législatives anticipées, exactement ce que veut Louiza Hanoune, afin de respecter une logique politique et un processus de respect de l’exercice démocratique.

Mais voilà, que Hanoune rejoint, en fin de compte, les revendications générale du CNLTD ou du pôle de Benflis, c’est à dire qu’il faut des élections transparentes, préparées, organisées et contrôlées par un organisme indépendant. Sinon, que peut bien signifier la désignation d’un chef de gouvernement à partir de la majorité actuelle ? Bouteflika aura-t-il les coudées franches pour laisser ce « vide » ou cette occasion à Saidani pour faire valoir ses visées ?

Dans l’absence d’un consensus préalable, il serait sans doute plus démocratique de consacrer à cette révision le temps qu’il faudra, mais aussi la « populariser » davantage, la « démocratiser », pour reprendre l’avis d’un ancien responsable politique. En effet, une carence dans le débat sur la révision, même partielle, aura des conséquences nocives. Et elle pourrait bien donner du grain au moulin de l’opposition.

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