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Culture

Farid Ferragui : «J’ai pris l’habitude de ne me produire qu’en hiver»

Farid Ferragui : «J’ai pris l’habitude de ne me produire qu’en hiver»

Farid Ferragui, l’artiste kabyle au répertoire de I20 chansons et une carrière artistique de plus d’une trentaine d’années, se produira, au grand bonheur de son large public, durant les journées des 26 et 27 de ce mois dans la grande salle des spectacles de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. C’est ce qu’a affirmé l’auteur de « Ayoul Ivghan thoulass (ô cœur qui désire les femmes) dans une conférence de presse animée hier dans la petite salle de la même institution culturelle.

A l’issue de ce rendez-vous avec la presse, devenu presque une tradition à présent, Farid Ferragui, lui-même journaliste de formation, a gâté ses vis-à-vis de la presse puisqu’il répondra volontiers à toutes leurs questions et sans pour autant faire dans la périphrase ou circonlocution comme le font certains personnages, politiques notamment.

En réponses aux questions donc, le conférencier a annoncé son nouvel album qui sortira le mois de mars prochain. Farid Ferragui ne compte ni changer de style musical ni élargir son orchestre. « J’ai peur de subir un échec en optant pour l’élargissement de mon orchestre et d’autant plus je me sens parfaitement dans mon élément avec les deux musiciens qui m’accompagnent (l’un la derbouka et l’autre la percussion). Quant à l’absence sur scène en dehors de la wilaya de Tizi-Ouzou de l’artiste lorsqu’il rentre en Algérie, il dira tout simplement que c’est parce que c’est la wilaya de Tizi-Ouzou où l’on organise le mieux des concerts.

« Personne ne m’a fait appel ailleurs », a précisé avant de noter que même dans les villages de la wilaya de Tizi-Ouzou, il ne se produit pas, et ce non pas qu’il ne respecte pas les villages mais tout simplement à cause de l’espace adéquat offert par la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, et, dans cet espace aussi, il a pris l’habitude de ne se produire qu’en hiver. « la meilleure façon à mon sens, affirme Farid Ferragui, de répondre au mieux aux attentes du public et au même temps de promouvoir la culture est non seulement la construction de grandes salles de spectacles mais aussi faire impliquer le privé dans la politique de production culturelle ».

S’agissant de l’état de santé de la chanson kabyle, le conférencier considère qu’il est satisfaisant même il est vrai que pour la faire connaître à travers le monde, il faut de grands investissements tant en argent qu’en ressources humaines.

Est-ce vrai que la musique dite « universelle » n’existe pas comme l’ont souligné certains artistes de renom à l’instar de Ferhat Imazighen Imoula et Chamy Abranis ? Farid Ferragui a refusé catégoriquement d’adhérer à cette thèse. Dans le mot « universel », commence-t-il par répondre, il y a le mot « univers » ; donc il y a cette humanité qui produit cette musique. Je répète cependant qu’il faut de l’argent pour porter une musique donnée vers d’autres espaces de ce monde ».

Quant à la question de savoir si l’artiste est tenu d’assurer ou non des positions politiques, le conférencier a répondu qu’il est nécessaire d’assurer une position politique, mais doit cependant faire preuve d’une grande modération dans l’expression et le discours. En ce qui concerne son instrument musical, le luth en l’occurrence, à savoir si ce n’est pas à cause de l’influence produite sur lui par le défunt Farid El Atraâch, Farid Ferragui a admis que personne n’échappe à une influence. Ensuite, il fit l’historique du luth. Le conférencier révéla que l’invention de cet instrument musical remonte à trois mille ans et l’Occident l’utilisa jusqu’au I8ème siècle.

« De nos jours encore, note l’artiste, les meilleures cordes du luth sont produites par les ateliers de Munich (Allemagne) et Milan (Italie) ». « Il n’est pas moins vrai cependant, poursuit Farid Ferragui, qu’en ce qui nous concerne nous les Algériens, nous nous référons souvent à l’Orient quand il s’agit du luth ».

Beaucoup d’autres points ont été développés par le conférencier qui a avoué être dans son élément quand il s’agit d’une rencontre avec la presse. Toutefois, deux autres éléments méritent d’être rapportés. Le premier : Farid Ferragui a avoué ne pas du tout être influencé par l’Internet bien qu’il reconnaisse son utilité.

« D’ailleurs, je n’ai pas de page face book. Et je profite de cette opportunité qui m’est offerte pour déclarer que ce n’est pas moi qui intervient dans face book. Ce sont bien d’autres personnes qui signent sous ce nom ou pseudonyme ». le second : Farid Ferragui est en train d’écrire ses mémoires.

« La publication de ce livre, avoue le conférencier, ne sera sans doute pas faite avant longtemps car je poursuis encore l’écriture sur le manuscrit. A cela s’ajoute la compétence à laquelle je ferai appel pour les corrections au moment voulu ». « J’ai presque oublié mon français », a déclaré Farid Ferragui avec un ton indéfinissable. A-t-il dit vrai ou est-ce une simple plaisanterie ? Une chose est sûre, son français est impeccable. Il le prouve à chacune de ses rencontres avec la presse. 

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