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Nationale

Faire des collectivités locales un vrai moteur de création de richesse

Faire des collectivités locales un vrai moteur de création de richesse

L’année 2016 serait celle de la performance pour la finance locale grâce aux réformes introduites par la loi de finances complémentaire (LFC) 2015 et à d’autres mesures proposées pour la loi de finances pour 2016, a indiqué hier un responsable au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.

« L’année 2016 sera celle de la performance pour la finance locale. Il est temps pour que les collectivités locales deviennent un vrai moteur de création de richesse et d’emplois à travers la promotion de l’investissement local », a déclaré Azzeddine Kerri, directeur des finances locales, dans un entretien à l’APS.

Cet objectif semble réaliste, selon lui, eu égard aux nouvelles dispositions de la LFC 2015 en matière de renforcement des ressources financières et des prérogatives des collectivités, des mesures « très importantes », selon lui. La LFC 2015 a d’abord, rappelle-t-il, allégé les décisions relatives à l’octroi du foncier industriel, réduit le taux de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) pour les activités de production et institué la solidarité financières inter collectivités locales de la wilaya.

Interrogé sur les moyens qui seront adoptés pour compenser le manque à gagner en termes de TAP, qui génère annuellement environ 60% des ressources des communes et plus de 80% des ressources des wilayas, il a expliqué qu’il s’agira tout simplement de rationaliser les dépenses et d’optimiser les ressources propres des collectivités locales.

« Dès 2016, la notion de l’orthodoxie budgétaire sera concrétisée : il faut que les collectivités épuisent toutes leurs ressources non consommées avant d’aller en demander d’autres. Il faut ensuite mettre un terme aux surévaluations des dépenses et aux sous-évaluations des recettes, l’investissement local prendra enfin le relais », a-t-il détaillé.

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (ex-taxe d’assainissement), imposée jusque-là aux propriétaires des biens immobiliers en contrepartie du ramassage des ordures, a été de son côté étendue aux locataires dans le cadre de la LFC 2015. A son tour, la taxe d’habitation, recouvrée par Sonelgaz et destinée à la réhabilitation du parc immobilier des communes, a été étendue par la même loi à l’ensemble des communes du pays.

De nouvelles mesures au profit des collectivités inscrites pour 2016

La LFC 2015, dans son article 20, et pour une meilleure maîtrise de l’assiette des impôts et taxes locaux, a également instauré une « coopération permanente » entre les communes et les services fiscaux en créant au sein du code des impôts directs et taxes assimilées une nouvelle section chargée de la coopération entre les services fiscaux et communaux.

Le renforcement des moyens financiers des collectivités devrait par ailleurs passer par le recours aux prêts bancaires pour financer les dépenses d’équipement. « La plupart des collectivités se sont habituées aux concours définitifs (ressources fiscales notamment), elles montrent encore une réticence pour aller à l’emprunt et les banques ne jouent pas le jeu souvent », a déploré le représentant du ministère de l’Intérieur.

Mais « il faut absolument que le prêt bancaire devienne une source de financement local », a-t-il recommandé en soulignant que la Caisse de solidarité des collectivités assurera désormais le rôle de caisse de garantie pour aider les collectivités à accéder aux prêts bancaires. En 2015, les collectivités locales tablent sur 492,36 milliards de DA de recettes dont 99,34 milliards de DA de moins-values fiscales, qui représentent des ressources prévues mais non recouvrées et seront compensées par la nouvelle caisse des collectivités (ex-Fccl).

Plus de 53,2% de ces ressources proviennent de la TAP (Taxe sur l’activité professionnelle), 38,7% de la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) et 2,7% seulement des produits domaniaux et patrimoniaux. Le reste des ressources est généré par les produits de la vignette automobile, l’Impôt forfaitaire unique (IFU) et l’impôt foncier, selon la même source.
La TAP devrait couvrir respectivement 83,3%, 55% et 7% des budgets des wilayas, des communes et des FCC alors que le produit de la TVA est appelé à couvrir 81,7% des ressources de la Caisse des collectivités et 5,4% des ressources communales.

Evoquant l’avant-projet de loi de finances pour 2016, qui doit être examiné mercredi par le gouvernement, il contiendra une proposition portant affectation de la TVA à l’importation (estimée à 15%), destinée actuellement au FCCL, aux communes frontalières pour renforcer leurs ressources fiscales et les aider dans leur développement.

Afin que ces réformes puissent porter leurs fruits, l’Etat a décidé de suivre de « très près » et de manière rigoureuse les réalisations dans chaque commune et dans chaque wilaya en imposant aux walis et aux maires la signature de contrats de performance avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, affirme enfin M. Kerri.

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