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Nationale

Faillite morale en Occident

Faillite morale en Occident

Secouées par l’audace du terrorisme international, des puissances occidentales perdent leur sang-froid et glisseraient ces derniers temps vers une parade dangereuse pour la démocratie.

Le cas des perquisitions abusives en France, où l’état d’urgence a été décrété au lendemain des attentats du 13 novembre, n’est malheureusement pas la seule dérive à craindre.

De sources bien informées, les appareils sécuritaires occidentaux auraient secrètement opté pour une méthode qui fait froid dans le dos. Information à risques, magnéto…

Vieille méthode

La solution brutale existe depuis la nuit des temps sauf que les pays développés, forts de leur institution judiciaire pointilleuse, hésitaient jusqu’alors à y recourir systématiquement. Mais les temps ont changé ces dernières années, et les gouvernements confrontés à l’activité terroriste en pleine expansion doivent répondre aux reproches de leurs services de renseignements.

Des officines qui ne réclament pas que de l’argent. Les agents 007 des pays où les défenseurs des droits de l’homme « persécutent » les barbouzes ont fini par avoir gain de cause.

Autorisation tacite d’employer des méthodes expéditives dans leur procédure, de ne pas en référer aux juges et d’user, pourquoi pas, de la force extrême contre les individus menaçant la sécurité nationale de ces Etats démocratiques. « Force extrême », entendre par cette expression militaire, la possibilité d’ôter la vie au terroriste avant qu’il ne commette d’attentat.

Psychose entretenue

Emotionnellement, le principe paraît respectable. Face aux promesses d’attentats, l’anticipation ferme des services de sécurité s’affirme comme la seule prévention efficace.

Cependant, l’histoire a montré que l’usage de la force sans aucun contrôle des institutions républicaines conduit inévitablement aux abus et aux bavures dangereuses. La torture et la pratique de sévices inhumains se normalisent et l’on en arrive automatiquement aux exécutions extra-judiciaires.

Ainsi, les donneurs de leçons de démocratie risquent de ressortir des greniers des anciennes métropoles coloniales les cruels outils qu’ils ont employés jadis contre les révolutionnaires pendant les guerres de Libération.

Déjà, des témoignages discrets de flics français indignés, et qui ne peuvent pas protester dans ce climat de chasse au terroriste islamiste, rapportent que la tendance est maintenant à l’intervention haineuse dans le corps de la police.

Au détriment du professionnalisme et des aspects de droit. « Ce n’est qu’un début. On nous excite sur le potentiel dangereux de l’individu à appréhender pour que notre crainte produise de la brutalité disproportionnée » nous confie un fonctionnaire de la police française qui a eu à participer récemment à une perquisition dans la région parisienne.

La morale dans le tiroir

En constatant une telle psychose au sein des services de police, on ne peut que s’inquiéter de l’état d’esprit chez le personnel anonyme des services secrets.

Pris de cours maintes fois par le petit banditisme devenu confédération internationale du terrorisme islamiste, les agents de renseignements des pays occidentaux auraient renoncé à la déontologie castratrice. Il faut préciser ici que dans la compétition internationale des services, on prétend que l’avantage est à ceux qui ne s’embarrassent pas outre mesure de scrupules démocratiques.

Les Russes contre les terroristes Tchétchènes, les Chinois contre les terroristes Ouïgours, les Américains contre toutes sortes d’ennemis extérieurs, les superpuissances auraient toutes su faire fi des lois et de l’éthique dans leur lutte physique contre les terroristes. Aujourd’hui, les démocraties européennes leur emboîtent le pas.

Porte ouverte aux exactions et aux crimes d’Etat revendiqués et justifiés par la conjoncture dite Daech. La morale occidentale régresse en retournant aux proscriptions de Sylla par services de sécurité interposés.

L’école israélienne

Or, de l’aveu d’un ancien officier d’un service de renseignements occidental que nous avons interrogé, le vrai Etat chef d’orchestre qui mène la partition du tout sécuritaire débridé, c’est la théocratie israélienne. « Israël est un véritable cas d’école. Leur service de renseignement, le tristement célèbre Mossad, a très vite choisi de procéder aux exécutions extra-judiciaires pour en finir avec la résistance palestinienne.

Selon le recoupement de notes confidentielles émanant de plusieurs maisons du renseignement relevant de pays performants dans le domaine, il ne se passerait pas une semaine sans qu’Israël ne neutralise une menace contre sa sécurité intérieure à travers le monde. »

L’ancien limier des moukhabarate rajoutant que la « neutralisation » oscillait entre des petits accidents provoqués de la route, des problèmes insufflés dans le couple, des kidnappings en plein centre-ville suivis de séances d’interrogatoire particulièrement sadiques dans des appartements bourgeois discrets ou l’assassinat maquillé ou non, à l’instar de ce missile tiré contre le Cheikh Yassine, un handicapé déchiqueté sur son fauteuil roulant en 2004 » . Et de conclure que les « Britanniques n’ont pas été plus tendres avec les gars de l’IRA », une manière de dire que la méthode est répandue !

La lutte antiterroriste en Occident risque donc de rougir de sang nombre d’articles de la déclaration universelle des Droits de l’Homme pendant que le tapage médiatique se chargera de couvrir les cris des torturés sur l’autel du combat contre Daech. Puisque le terrorisme justifie un peu tout.

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