Face au phénomène El Niño : L’Algérie prône une riposte continentale
Face à la menace d’un épisode de « super El Niño » attendu d’ici la fin de l’année 2026, l’Union africaine (UA) a réuni les ministres de l’Environnement du continent pour préparer une riposte collective, en perspective de la COP31. Lors de cette concertation, la ministre de l’Environnement, Kaouthar Krikou, a présenté l’expérience algérienne à travers le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNA).
Tenue par visioconférence, cette réunion ministérielle de haut niveau a rassemblé les responsables environnementaux africains autour des dernières projections climatiques et des moyens d’anticiper les impacts de ce phénomène sur le continent.
Sécurité alimentaire, stress hydrique, préservation de la biodiversité, risques sanitaires et conséquences socio-économiques ont été au centre des discussions. Les participants ont également insisté sur le renforcement des systèmes d’alerte précoce, l’élaboration de plans d’urgence et la mobilisation des financements nécessaires.
Au cours de son intervention, Mme Krikou a mis en avant l’expérience algérienne en matière d’adaptation climatique, notamment à travers le Plan national d’adaptation au changement climatique validé en mars 2026, lancé avec l’appui technique du PNUD Algérie et le financement du Fonds vert pour le climat.
Portant la voix de l’Algérie, la ministre a réaffirmé le soutien du pays à une dynamique africaine fondée sur l’anticipation, le partage d’expertise et le renforcement des capacités continentales face aux défis climatiques.
Les échanges ont également porté sur les positions africaines à défendre lors de la COP31, prévue en novembre 2026 à Antalya, en Turquie. Le continent plaide notamment pour une augmentation des financements dédiés à l’adaptation climatique, en particulier dans les secteurs de l’eau et de l’agriculture, ainsi que pour des mécanismes de soutien privilégiant les subventions.
Pour l’Union africaine, le changement climatique constitue désormais un facteur aggravant des crises existantes. À l’issue de la réunion, les participants ont appelé au renforcement de l’action commune, des systèmes d’alerte précoce et des capacités de résilience afin de limiter les impacts des dérèglements climatiques.
Selon la Banque africaine de développement (BAD), les pertes économiques liées au phénomène El Niño pourraient atteindre entre 10 et 20 milliards de dollars d’ici fin 2026, avec un impact pouvant réduire de 1 à 2 % le PIB des pays les plus exposés.