Face à l’escalade au Moyen-Orient : Le pétrole poursuit son ascension
Les prix du pétrole et du gaz ont poursuivi leur hausse, ce mardi, dans le sillage de l’escalade au Moyen-Orient qui s’accentue de jour en jour, nourrie par les bombardements américano sioniste sur l’Iran. Les Bourses mondiales, pour leur part, sont restées dans le rouge, creusant le plongeon de la veille.
Après avoir brièvement franchi la barre de 85 dollars le baril la matinée, conséquemnent à la fermeture du détroit d’Ormuz, soit un plus haut depuis 2024, le pétrole Brent a marqué une légère pause en milieu de journée.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, prenait 7,94 % s’établissant à 83,91 dollars, après avoir touché 85,12 dollars, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison au mois d’avril, gagnait 7,36 % à 76,47 dollars.
Les cours du pétrole ont continué de s’envoler mardi, les marchés estimant que la guerre contre l’Iran pourrait durer plus longtemps qu’initialement anticipé, avec le détroit d’Ormuz impraticable et des infrastructures énergétiques impactées.
« Alors que le marché anticipait dimanche une guerre de courte durée, les acteurs commencent désormais à prendre conscience que le risque d’une escalade est très élevé », a expliqué Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
A cela s’ajoute le fait que le détroit d’Ormuz par lequel transite environ 20% du pétrole mondial en temps normal, est devenu impraticable pour les compagnies maritimes. Ce qui constitue une autre raison qui fait craindre le pire pour les approvisionnements en or noir les jours à venir. Une véritable crise pourrait s’installer notamment si les pays devant recevoir le pétrole transitant par le détroit d’Ormuz ne disposent pas de réserves stratégiques suffisantes.
Face à la forte agression qu’ils subissent, les Iraniens ne font aucune concession et affirment qu’ils ne permettront à aucun navire de franchir le détroit d’Ormuz. Ils soutiennent qu’ils ne laisseront pas une seule goutte de pétrole quitter la région. Cela d’autant que le président américain a averti que la guerre contre l’Iran pourrait durer un mois ou plus.
Environ « 8 à 10 millions de barils par jour » ne pourraient pas trouver d’acheminements alternatifs au détroit d’Ormuz, selon Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy. Si les réserves stratégiques des pays importateurs de pétrole permettent de combler temporairement le manque de livraison, une fermeture prolongée serait beaucoup plus difficile à gérer, selon les analystes.
Concernant les Bourses mondiales, elles ont continué hier à creuser les pertes de la veille, impactées par l’escalade militaire au Moyen-Orient, ravivant, ainsi, les craintes d’une inflation généralisée, en raison de la hausse des prix de l’énergie, et faisant grimper nettement les taux des emprunts d’Etat.
Vers 11h00 GMT, la Bourse de Francfort lâchait 3,70 %, celle de Londres cédait 2,81 % et celle de Milan de 4,33 %. En Asie, la Bourse de Séoul a terminé sur une chute de 7,24% et Tokyo a perdu 3,06%. La Bourse de Shenzhen a lâché 3,07%. A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager d’une ouverture en forte baisse.