Face à l’érosion des sols: Le pari de la fertilisation biologique
Face à la dégradation accélérée des terres, la transition vers des pratiques durables devient cruciale. Pour y répondre, le monde scientifique renforce ses liens avec le secteur agricole en formant les producteurs aux techniques de valorisation des déchets organiques
Initié par l’Ecole nationale supérieure agronomique (ENSA), un atelier de formation de deux jours a battu, ce samedi, le rappel d’une vingtaine d’agriculteurs relevant de la Chambre de l’agriculture de la wilaya d’Alger, coorganisatrice de cet atelier.
La formation, sous le thème « Les bonnes pratiques de fertilisation biologique et la valorisation des déchets organiques », a été, entre autres, axée sur la santé des sols ainsi que l’importance de la fertilisation dans l’amélioration de la fertilité et la production agricole, le rôle de la fertilisation biologique et des biostimulants dans l’amélioration de la production de manière naturelle et durable, la fertilisation biologique des arbres fruitiers, en plus d’un atelier pratique au niveau de l’exploitation agricole expérimentale de l’ENSA.
L’objectif de ce programme est le renforcement des connaissances des agriculteurs sur la fertilisation biologique et l’agriculture durable ainsi que la vulgarisation des méthodes de valorisation des déchets organiques au niveau des exploitations agricoles, ont indiqué les organisateurs de cet atelier de formation.
Cette activité s’inscrit dans la dynamique du projet « EcoFertiS », une initiative internationale de recherche axée sur l’agriculture durable et la transition vers des fertilisants biologiques, auquel l’Algérie a adhéré en 2018.
Présent à l’ouverture de cet atelier de formation, tenu les 3 et 4 juin dernier, le président de la Chambre d’agriculture d’Alger, Brahim Djeraibia, qui a souligné l’importance de cette formation, notamment le thème abordé, a appelé à la révision du système de fertilisation en Algérie. « Il est nécessaire de rétablir la fertilité des sols », a-t-il précisé, signalant un taux faible des matières organiques dans les sols, lequel ne dépasse pas les 1 %. M. Djeraibia, qui se fie aux chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a souligné la nécessité de s’adapter aux changements climatiques qui accélèrent l’érosion des sols.
La fertilisation biologique, la valorisation des déchets organiques ainsi que la boue résiduelle des stations d’épuration des eaux usées constituent des segments sur lesquels on peut compter pour rétablir la fertilité des terres.
Réitérant l’une des missions de la Chambre qui consiste en l’accompagnement permanent des agriculteurs, le président de la Chambre de l’agriculture a souligné la nécessité de s’appuyer davantage sur les méthodes et la recherche scientifique dans le secteur de l’agriculture qui, a-t-il noté, a enregistré une grande dynamique ces dernières années.
Pour sa part, le sous-directeur des programmes internationaux à la Direction générale de recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT), Mohamed Loucif Saied, a souligné le rôle du programme EcoFertiS, dont le coordinateur est un Algérien. Selon lui, l’Algérie a bénéficié d’une centaine de projets dans le cadre de ce programme.
Les agriculteurs qui ont bénéficié de cette formation et qui représentent plusieurs activités, dont l’arboriculture, la viticulture et la filière maraîchère, ont exprimé, quant à eux, un grand intérêt pour cette initiative, laquelle ne peut être qu’enrichissante. C’est d’ailleurs ce qu’a affirmé le président de l’Association des produits maraîchers de la wilaya d’Alger, selon lequel cette formation est axée notamment sur la fertilisation, qu’il estime bénéfique pour les agriculteurs car facilitant leur mission.