Fabrication locale des matières premières : L’Algérie relève le défi pharmaceutique
L’Algérie, qui a enregistré des avancées considérables en matière de développement de l’industrie pharmaceutique, avec une couverture considérable des besoins du marché national à hauteur de 80 %, ambitionne de faire plus, et ce à travers la fabrication locale des matières premières destinées à la fabrication de plusieurs médicaments. En plus de la réduction de la facture d’importation, c’est la consécration de la sécurité sanitaire qui est l’ultime objectif.
Le pays veut réduire sa dépendance du marché extérieur s’agissant des matières premières destinées à la production des médicaments, qui coûte au Trésor public 3 milliards de dollars. C’est sur ce dossier stratégique que se penche désormais le secteur de l’industrie pharmaceutique à travers le Groupe Saidal, qui a lancé plusieurs projets dans ce sens. C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, lequel a fait état du lancement de plusieurs projets à travers le territoire national pour la production de matières premières destinées à la fabrication des médicaments, ce qui permettra, à court terme, de réduire de 60 % la facture d’importation de ces intrants.
Intervenant, ce jeudi, lors d’une plénière du Conseil de la nation consacrée aux questions orales, M. Kouidri a précisé que le Groupe Saidal avait lancé la mise en œuvre de plusieurs projets importants alors que d’autres sont inscrits, lesquels contribueront à réduire les importations nationales de matières premières destinées à la fabrication des médicaments, estimées actuellement à 3 milliards de dollars.
Ces matières premières seront destinées à la production de médicaments anticancéreux, d’antibiotiques, de médicaments pour les maladies cardiovasculaires, d’antidiabétiques, d’anti-inflammatoires, d’hormones, de paracétamol et autres, en sus de projets associant des laboratoires privés disposant de capacités de production significatives, selon les précisions du ministre, qui n’a pas manqué de souligner le bond qualitatif réalisé par l’Algérie dans le domaine de l’industrie pharmaceutique, avec un taux de couverture des besoins du marché par la production locale avoisinant 82 %,
Pour M. Kouidri, l’Algérie figure parmi les quelques pays ayant opté pour ce type d’investissements à caractère stratégique, visant à assurer localement la disponibilité des matières premières destinées à la fabrication des médicaments, après l’acquisition des technologies de production nécessaires.
Pour le ministre de l’Industrie pharmaceutique, la consécration de la souveraineté sanitaire passe inéluctablement par la production locale de matières premières, une orientation que le secteur s’emploie à concrétiser à travers le Groupe Saidal, et ce à travers le lancement de plusieurs projets stratégiques de fabrication de matières premières.
Priorité à la disponibilité de produits de qualité
S’agissant de la stratégie du secteur en matière d’organisation concernant la fabrication des médicaments et des produits pharmaceutiques et de mise en place de mécanismes visant à éviter leur pénurie, le ministre a assuré que le secteur accorde la priorité à la disponibilité de produits de qualité, par la régulation et l’organisation du marché du médicament, la limitation des importations anarchiques et l’encouragement des investisseurs à se tourner vers la fabrication de dispositifs médicaux.
Concernant la disponibilité des médicaments sur le marché local, le ministre a dit que sur un total de 6 500 médicaments commercialisés localement, le secteur enregistre actuellement l’indisponibilité de 16 médicaments en raison de leur rareté sur le marché international, soulignant qu’il existe des produits de substitution pour pallier ce manque, outre une nette amélioration de la disponibilité des médicaments au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH).
Interrogé sur les tests et produits utilisés pour le diagnostic des allergies, de l’asthme et de la rhinite allergique chronique, M. Kouidri a indiqué que le secteur poursuivait sa politique d’encouragement de l’investissement dans ce domaine, faisant état du lancement de plusieurs projets de localisation de l’industrie de médicaments novateurs par des producteurs algériens, en partenariat avec des laboratoires étrangers spécialisés.
Le secteur s’attelle aussi à orienter les investisseurs vers la production de médicaments et de produits pharmaceutiques qui étaient auparavant importés, a précisé le ministre, affichant l’engagement du secteur à assurer la disponibilité de ce type de préparation de diagnostic et à répondre aux demandes exprimées par l’Institut Pasteur, tout en accordant toutes les facilités nécessaires à l’implantation d’unités de production locale de ces produits pharmaceutiques.
Le secteur, a ajouté le ministre, met en œuvre des programmes d’importation étudiés pour ces produits, soumis à un contrôle rigoureux, jusqu’à la localisation effective de leur production, tout en octroyant les autorisations d’importation nécessaires au profit de l’Institut Pasteur.