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Nationale

Exposition sur la Préhistoire au Bardo

Exposition sur la Préhistoire au Bardo

Une exposition consacrée à la Préhistoire se tient actuellement au musée national du Bardo (Alger).

Organisée à l’occasion de la réouverture des salles d’exposition réservées à la Préhistoire, elle a pour objectifs, selon les responsables du musée, de « faire connaître la Préhistoire en Algérie et mettre en valeur les travaux de recherche menés par les archéologues algériens depuis l’indépendance du pays ».

Elle est aussi l’occasion d’introduire des textes en braille pour permettre aux non-voyants de connaître la Préhistoire à travers des copies d’objets. L’exposition est organisée selon un ordre chronologique à travers les nouveaux résultats des recherches archéologiques portant sur la période préhistorique.

Dans cette exposition, il y a un espace comprenant une carte d’Afrique où sont représentées les importantes découvertes des hominidés et les objets phare tels que les crânes des australopithèques, la mandibule de Tighennif, qui marquent l’évolution humaine en Afrique du Nord.

Dans cet espace, il y a aussi le tableau chronologique des temps préhistoriques au Maghreb, qui montre l’évolution de la faune dans cette région à travers les dernières découvertes faites dans les sites préhistoriques, et aussi les restes humains découverts au Maghreb et particulièrement les plus importants sites algériens.
L’exposition donne un aperçu des différentes fouilles sur les sites d’Aïn El Hanech, de Tighennif, d’Errayah, de Taza et de Tin-Hinankater.

Le site d’Aïn Hanech date de plus de 1,8 million d’années. Il y a une équipe de recherches qui y organise chaque année des fouilles sous la direction du professeur Mohamed Sahnouni. A travers les restes de la faune découverts, notamment ceux d’hippopotamus, de crocodiles, d’équidés et de gazelles, les chercheurs ont déduit que le site était une savane.

Parmi les nouveaux résultats, il est à citer quelques pièces de la faune portant des traces de découpe et des éclats sur les bords desquels il y avait du sang d’animaux. Le site d’Errayah (situé dans la région de Mostaganem) date, lui, de un million d’années. Il a été découvert par le professeur Abdelkader Derradji en 1996. Sur ce site ont été trouvés des bifaces, des hachereaux et des galets taillés.

Dans la région de Mostaganem toujours, un nouveau site archéologique a été découvert. Quant au site acheuléen de Tighennif (situé dans la région de Mascara), la culture acheuléenne est caractérisée par l’apparition de bifaces.

Parmi les découvertes les plus importantes faites sur ce site, il est à mentionner trois mandibules et quelques fragments d’os pariétal de l’homo erectus qui datent de sept cent cinquante mille ans. Depuis 2010, les fouilles ont repris sous la direction du professeur Mohamed Sahnouni.

Dans la région de Mostaganem, un nouveau site archéologique datant du paléolithique moyen a été découvert par le professeur Derradji. Sur ce site, il a été découvert une industrie à laquelle il a été donné le nom d’industrie « Levalois », c’est-à-dire permettant la fabrication des pointes et des éclats utilisés comme armes.

Les découvertes permettent aussi de donner une idée sur l’environnement du paléolithique moyen à travers les restes des faunes. Le paléolithique supérieur est représenté par le site de Taza (reconstitution de la grotte de Taza dans la scénographie de l’exposition).

Ce site, situé à Jijel, date de 14 000 à 20000 ans. Sont exposés les restes de la faune par l’ammotragus lervia (plat préféré de l’homme ibéromaurusien) et le crâne d’une femme datant de 14 000 ans qui représente le type humain de Mechta- Afalou (région de Béjaïa).

L’exposition comprend aussi des objets lithiques en silex découverts dans la grotte de Taza et un matériel de broyage, montrant les moyens de subsistance, ainsi que des coquillages. Quant au site de Tin-Hinankater dans la région de l’Atadrart (Tassili N’Ajjers), il a été fouillé entre 1974 et 1984. Sur ce site ont été découverts des hachereaux vieux de 9 000 à 10 000 ans, des restes d’écorces, des végétaux, de coléoptères et de fruits de figuiers.

Les chercheurs ont aussi découvert des poinçons en os décoré, une parure en testes (d’œufs) d’autruche, un bracelet en terre, plusieurs formes de poterie et des figurines en terre cuite (objets de culte). La visite du parcours mis en place pour cette exposition très riche et très instructive se termine par un abri sous roche remarquablement reconstitué.

Il est à noter que dans chaque espace de l’exposition, il a été mis en place sur le mur un petit carré de fouilles et du matériel nécessaire à ces opérations de recherche, ainsi qu’une vidéo retraçant les travaux de fouilles et des boxes lumineux montrant les modes de vie préhistoriques. Dans chaque espace, il y a aussi des schémas pour expliquer l’utilisation du matériel découvert et aussi noter le mode de vie préhistorique.

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