Exportations vers l’Afrique : Le patronat plaide pour une levée des blocages bureaucratiques
Si la Zlecaf offre des opportunités historiques, la compétitivité des produits algériens reste freinée par les délais d’importation des matières premières. Le président de la CAPC tire la sonnette d’alarme et préconise une stratégie de marketing agressif couplée à un accompagnement financier renforcé pour permettre aux opérateurs nationaux de rivaliser avec les géants mondiaux sur le sol africain.
Face à une concurrence internationale de plus en plus forte sur les marchés africains, les investisseurs et opérateurs économiques algériens sont appelés à renforcer leur présence sur le continent en s’appuyant sur les avantages offerts par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Souhil Guessoum, a souligné ce dimanche que l’Algérie dispose d’atouts lui permettant de se positionner davantage en Afrique, malgré la présence importante de puissances économiques comme la Chine. Selon lui, la Zlecaf constitue un levier stratégique dont l’Algérie doit tirer profit afin de développer ses relations économiques avec les pays africains et conquérir de nouveaux marchés.
Pour atteindre cet objectif, il estime nécessaire de renforcer la présence des entreprises algériennes sur le terrain à travers une stratégie de marketing, de prospection et de diplomatie économique plus active. Il a également plaidé pour le déploiement accru des banques algériennes dans plusieurs pays africains, citant notamment la Mauritanie, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, afin de faciliter les échanges et l’accompagnement des investisseurs nationaux.
M. Guessoum a aussi appelé, lors de son intervention à la Radio nationale, à encourager les industriels algériens à investir davantage sur le continent africain et à bénéficier d’un accompagnement financier et réglementaire, notamment de la part de la Banque d’Algérie. Selon lui, l’ouverture des investissements algériens à l’étranger permettrait de créer de nouvelles richesses pour les entreprises nationales et de générer des revenus rapatriés vers l’Algérie.
Le président de la CAPC a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’améliorer la compétitivité des entreprises algériennes pour réussir sur les marchés africains. Il a expliqué que la réduction des coûts opérationnels et la fluidification des procédures d’importation des matières premières constituent des éléments essentiels pour soutenir l’exportation.
Dans ce contexte, il a évoqué les difficultés rencontrées par les industriels avec le nouveau système d’importation des matières premières, estimant que l’allongement des délais a entraîné une hausse des coûts et, par conséquent, une baisse de compétitivité des produits algériens aussi bien sur le marché national qu’à l’export. Il a également souligné que les retards dans l’octroi des autorisations ont provoqué des perturbations sur le marché et une augmentation des prix de plusieurs produits.
M. Guessoum a ainsi plaidé pour une optimisation du système afin de simplifier les procédures pour les entrepreneurs et les industriels algériens.
Revenant sur la concurrence en Afrique, il a indiqué que plusieurs pays africains, bénéficiant eux aussi de la Zlecaf, ont déjà développé une présence importante sur le continent grâce à leurs salons, leurs réseaux commerciaux et leur diplomatie économique. Il a donc appelé à renforcer la stratégie marketing algérienne à travers les chambres de commerce et les organisations patronales afin d’ouvrir davantage de débouchés aux exportateurs nationaux.
Le président de la CAPC a également mis en avant le potentiel de plusieurs filières algériennes, notamment celle de la céramique. Il a rappelé que l’Algérie est passée en une dizaine d’années du statut d’importateur net à celui d’exportateur net dans ce domaine. Selon lui, les produits algériens disposent aujourd’hui d’une qualité leur permettant de conquérir non seulement les marchés africains, mais aussi européens et internationaux.
Il a en outre insisté sur l’importance d’une présence physique et digitale des entreprises algériennes sur les marchés africains, affirmant qu’une stratégie de promotion efficace permettrait à l’Algérie de renforcer ses exportations vers le continent et d’améliorer significativement ses recettes en devises.