Exode des médecins algériens: Le Dr Akhamoukh appelle à juguler l’hémorragie – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Exode des médecins algériens: Le Dr Akhamoukh appelle à juguler l’hémorragie

Exode des médecins algériens: Le Dr Akhamoukh appelle à juguler l’hémorragie
Macron entouré de médecins et chercheurs étrangers

Le phénomène de l’exode massif des médecins du secteur public n’est pas nouveau, mais ces dernières années, il a pris des proportions inquiétantes. Rien que pour 2022, 1 200 médecins, de différentes spécialités, ont quitté le pays pour aller exercer en France. Ces derniers ont réussi au test d’équivalence mis en place à cet effet.

Le Dr Ilyès Akhamoukh, chef de service des maladies infectieuses au niveau de l’Etablissement public hospitalier de Tamanrasset, a appelé à « agir vite » avec des mesures incitatives pour garder cette « matière grise » au niveau national. « Il faut agir vite, non pas pour arrêter l’exode de nos médecins vers l’étranger, mais pour limiter cette hémorragie », a insisté le Dr Akhamoukh lors de son passage, ce lundi, sur les ondes de la Chaîne 3 de la radio nationale.

En dépit de l’amélioration des conditions globales de travail dans les établissements hospitaliers, le spécialiste a déploré le manque de moyens et de prise en charge qui démotivent nos médecins dans la plupart des villes algériennes. Il a évoqué l’exemple des villes de l’intérieur qui manquent de beaucoup de moyens.

« A l’intérieur du pays, nous avons une carence en moyens techniques. Des radiologues ne veulent pas travailler dans certaines villes à cause de l’absence d’IRM, car, travailler des années durant sans matériels, c’est perdre sa formation », a-t-il fait savoir, en énumérant d’autres contraintes socio-économiques à l’instar des problèmes de logement, de rémunération, de transport…

Par ailleurs, M. Akhamoukh a particulièrement insisté sur la nécessité d’élaborer une stratégie pour inciter les médecins à s’installer dans les wilayas du Sud et celles frontalières, où le risque de réémergence de maladies infectieuses importées n’est pas à écarter. « Avec le réchauffement climatique et l’instabilité politique au Sahel, des maladies tropicales risquent de s’introduire en Algérie », a-t-il prévenu, indiquant qu’une augmentation sensible des cas de paludismePaludisme Le paludisme est une maladie infectieuse potentiellement mortelle due à plusieurs espèces de parasites appartenant au genre Plasmodium. Le parasite est transmis à l'homme par la piqûre de moustiques infectés., de 150 cas en moyenne à 1 000 cas, a été enregistrée en 10 ans.

« En matière d’infrastructures, il y a une réelle avancée dans ces wilayas, mais je pense que la locomotive, c’est toujours le facteur humain », a-t-il souligné, réitérant son appel à une meilleure prise en charge du personnel médical pour soigner les Algériens.

Pour rappel, le départ massif des médecins algériens à l’étranger a toujours suscité de l’inquiétude chez les professionnels de la santé et de l’opinion publique.

S’exprimant il y a quelques mois dans plusieurs médias nationaux, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président de l’Ordre des médecins, a tiré la sonnette d’alarme sur ce phénomène, lançant un appel aux pouvoirs publics pour leur offrir des solutions socioprofessionnelles évolutives dans le temps, leur permettant ainsi de les garder au pays et, par conséquent, de prévenir cette « hémorragie ».

Il a indiqué qu’« au niveau de leur structure, ils ont été sollicités pour des documents requis à nos médecins par les institutions étrangères », ajoutant que « dans la seule région d’Alger, il y a eu une trentaine de demandes de départ par semaine ».

Le Dr Bekkat a fait savoir que les médecins algériens reçoivent une formation solide de qualité, selon les standards et les normes internationaux, précisant qu’il faut uniquement améliorer leurs conditions socioprofessionnelles car, selon lui, « c’est dommage de former des cadres pour les autres ».

Il a indiqué que les principales destinations des médecins algériens sont la France, les Etats-Unis, l’Allemagne et le Qatar, et récemment la Grande-Bretagne et le Canada, ajoutant que le nombre de demandes déposées par les médecins spécialistes désirant quitter le pays augmente chaque année et que 80 % des praticiens se dirigent vers la France.

Pour sa part, le président du SNPSP (Syndicat des praticiens de la santé publique), le Dr Lyès Merabet, avait indiqué récemment que si la France a toujours été la destination numéro un pour les médecins candidats à l’immigration, des étudiants en médecine sont déjà en train de préparer leur départ pour l’Allemagne en suivant des cours d’allemand et même de turc, ajoutant que chaque année, entre 3 500 et 4 000 étudiants de 4e ou 5e année de médecine se préparent à quitter le pays.

L’Algérie n’est pas le seul pays à voir s’exiler ses médecins et la France n’est pas le seul pays à aspirer les compétences venues du Sud.

Dans la plupart des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la proportion de médecins formés à l’étranger – essentiellement dans les pays en développement – ne cesse de croître, relève une étude publiée l’année dernière par la Revue internationale de politique de développement. Selon les données de l’OCDE (2017), elle s’élève, par exemple, à 1,84 % en Pologne, 11,21 % en France, 24 % aux Etats-Unis, 28,66 % au Royaume-Uni, 32,74 % en Australie et 42,41 % en Nouvelle-Zélande.

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