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Sports

Evolution constante face aux défis du numérique

Evolution constante face  aux défis du numérique

La presse sportive algérienne a connu une « évolution » certaine mais reste menacée et doit résisté aux défis imposés par les télévisions, sites électroniques et réseaux sociaux qui montent en puissance.

Dans un paysage qui est en train de connaître un grand « boom » en matière de nombre de journaux spécialisés, la presse sportive algérienne tente tant bien que mal de faire face à la réalité du terrain, parfois truffé d’embûches pour permettre aux lecteurs d’être informés.

L’avènement de l’Internet, représenté notamment par les réseaux sociaux, a fini par porter préjudice à la presse sportive en Algérie, dont le nombre de titres a dépassé la barre de 10, estiment les observateurs.

Pour Saïd Selhani, membre fondateur du quotidien Echibek en 1993 et ancien responsable du service des sports de l’agence Algérie-Presse-Service (APS), « la presse sportive algérienne a, certes, évolué en termes de pagination puisque le lecteur a droit désormais à plus de 450 pages quotidiennes de sport, mais l’avenir de la presse écrite reste sérieusement menacée par l’avènement du numérique ».

Honoré le 15 février dernier lors de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) de la Fédération algérienne de football (FAF) pour l’ensemble de sa carrière dans le journalisme sportif, Selhani a relevé la « différence de contenu » entre la presse d’hier et celle d’aujourd’hui. »Durant les années 1970-1980, on ne se contentait pas de relater les matchs de football ou bien de rapporter l’information telle quelle, mais il y avait de vrais débats sur le sport en général, notamment avec la réforme sportive de 1977.

Aujourd’hui, on cherche plutôt le sensationnel aux dépens d’autre chose », a-t-il regretté, à la veille de la célébration de la journée mondiale de la Liberté de la presse, le 3 mai de chaque année.Se projetant sur l’avenir de la presse sportive algérienne, Selhani s’est dit « sceptique », notamment avec « la crise financière qui sévit » et « le niveau de formation, notamment pour les journalistes arabophones ».

Messaoud Kadri, membre fondateur du premier journal sportif en arabe, El-Mountakhab en 1985, a estimé de son côté que la presse sportive était « l’otage de certains journalistes qui confondent entre objectivité et devoir de transmettre l’information sans parti pris ». Egalement honoré lors de la dernière AGO de la FAF, Kadri a indiqué que la presse sportive « bénéfici(ait) actuellement de tous les moyens nécessaires pour mener à bien sa mission d’informer, contrairement au passé ».Et d’enchaîner : « C’est vraiment regrettable de voir des journalistes se transformer en supporters le jour des matchs de leurs clubs favoris.

Ils ne se gênent pas d’afficher leurs préférences dans la tribune de presse. Je me demande avec quelle manière ce journaliste transmettra l’information au lecteur sans utiliser ses sentiments ».

Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie en 1962, quatre quotidiens (deux en arabe et deux autres en français), dominaient le paysage médiatique national avec un espace dédié au sport en général et au football en particulier.

Le quotidien francophone El Moudjahid était le premier à consacrer dès 1966 une place aux informations sportives avec son supplément « Sports actualités » qui paraissait chaque week-end.1972 verra le lancement du premier hebdomadaire sportif francophone, El-Hadef, dont la rédaction était composée de journalistes issus du quotidien El-Nasr.Il fallait attendre 13 ans pour assister à la naissance de l’hebdomadaire El-Mountakhab.

Ces deux derniers titres qui appartenaient au secteur public ont disparu avec l’avènement du pluralisme au début des années 1990.

Le secteur privé avait alors pris le relais pour essayer de dominer un marché « vide ». En 1991, l’actuel ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, lança « Sada El-Malaîb », consacré à l’actualité footballistique nationale et internationale. En mai 1993, Echibek voit le jour, suivi quelques mois plus tard par l’hebdomadaire Compétition, devenu quotidien en 2007.Echibek, toujours en vente, est considérée actuellement comme le doyen de la presse sportive nationale.

En 1999, El Heddaf, suivi deux années plus tard par Le Buteur, ont permis au champ de la presse sportive algérienne d’avoir plus de « concurrence ». Depuis, plusieurs titres à l’image de Planète Sport, El Khabar Erriadhi et autre Maracana, tentent de s’imposer en séduisant des lecteurs de plus en plus exigeants. El Heddaf a même lancé sa chaîne de télévision. Les 2 et 3 avril derniers, Alger avait abrité un séminaire des journalistes sportifs africains, organisé en marge de la 10e Convention internationale du sport en Afrique (CISA).

Durant cette rencontre, des journalistes venant d’Algérie, du Kenya, de Tunisie, du Burkina Faso, du Togo, du Sénégal, de Mauritanie et du Cameroun ont débattu de sujets en relation avec la réalité de la presse sportive africaine et évoqué les problèmes auxquels la corporation est confrontée.

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