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Culture

Évocations et patrimoine: Benyoucef Benkhedda, l’incarnation de la légitimé historique

Évocations et patrimoine: Benyoucef Benkhedda, l’incarnation de la légitimé historique

Homme politique et figure importante du mouvement national algérien, Benyoucef Benkhedda était, comme ses pairs révoltuionnaires, l’incarnation du militant authentique pour la l’indépendance du pays et pour la construction d’un état démocratique y compris lorsqu’il dirigea le parti islamique el Ouma. Son Salim rappellera son œuvre lors d’un colloque sur les accords d’Evian en mars 2015 à la faculté des sciences humaines et sociales de l’université Yahia Farès de Médéa.

Le dernier du genre consacré à cette éminence grise de la révolution. « Si certains se sont enorgueillis d’avoir été décorés par De Gaulle, les militants du PPA (Parti du peuple algérien) ont appelé à l’insoumission des conscrits lors de la 2è guerre mondiale qui a été à l’origine de l’affaire des insoumis de Blida », dira son fils. Fils d’un Cadi, Benyoucef Benkhedda est né le 23 février 1920 à Berrouaghia dans le sud de ce qui était, à l’époque, le département d’Alger. Dans son enfance, il fréquenta l’école coranique et l’école française.

Dans les années 1930, il poursuivit ses études au lycée Duveyrier de Blida. Là, il fit la connaissance de plusieurs militants nationalistes dont Mohammed-Lamine Debaghine, Saad Dahlab, Ramdane Abane, et M’hamed Yazid. Debaghine qui était leur aîné, les encadrait dans leurs activités militantes. Le groupe de lycéens nationalistes lisaient le journal El Ouma, publié à Paris par l’Etoile Nord-Africaine. Il poursuit ses des études à la faculté de médecine d’Alger où il obtient un doctorat en pharmacie en 1951. En 1942, il rejoint le Parti du peuple algérien (PPA), interdit depuis 1939. En 1943, il fut arrêté et torturé par la police française pour avoir participé à une campagne du PPA menée dans la région de Blida, pour lutter contre la conscription des Algériens envoyés en Europe pour combattre l’Allemagne.

Après 8 mois de détention, il fut libéré en décembre 1943. En 1946, Il poursuit son combat au sein du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (PPA-MTLD), il en deviendra son secrétaire général. En 1955, il rejoint le FLN et devient conseiller d’Abane Ramdane. Il est désigné membre du Conseil national de Révolution algérienne (CNRA) par le Congrès de la Soummam en août 1956. Il lance plusieurs projets dont le journal El Moudjahid, la création de l’UGTA, l’hymne national Kassaman. Il accomplit plusieurs missions dans des capitales arabes en 1957-1958, la Yougoslavie, Londres (1958), l’Amérique latine (1960), la Chine pour promouvoir la cause d’indépendance de l’Algérie. Le 9 août 1961, il est désigné Président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) en remplacement de Ferhat Abbas. Il achève les négociations avec la France entamées par le gouvernement Ferhat Abbas et proclame le cessez-le-feu la veille du 19 mars.

Durant la crise de l’été 1962, où de multiples fractions issues des rangs du FLN et de l’ALN s’opposèrent, Benyoucef Ben Khedda préféra se retirer afin d’éviter « un bain de sang fratricide ». Benkhedda aura aussi vécu les 3 crises traversées par le mouvement national avant le déclenchement de la guerre de libération nationale, puis aux autres crises qui ont eu lieu pendant la période de lutte de libération et la période postindépendance.

Ce qui ne manquera de susciter chez lui cette réflexion : « On est handicapé par le modèle congolais », caractérisé par les hostilités et les affrontements entre des frères dont les stigmates sont difficiles à effacer. L’on retiendra de lui, ses positions pour le respect de la légitimité du GPRA (Gouvernement provisoire de le République algérienne), le rôle joué dans le soutien de la Chine et de l’Union soviétique à la cause algérienne en 1959 et ses efforts au service la diplomatie de la Révolution de 1958 à 1962.

Ben Khedda signa, le 10 mars 1976, un manifeste avec Ferhat Abbas, Hocine Lahouel et cheikh Mohammed Kheir-Eddine dans lequel ils réclamaient la mise en place d’une Assemblée nationale constituante élue au suffrage universel direct, la fin du « système totalitaire », l’établissement des « libertés d’expression et de pensée pour lesquelles le peuple algérien a tant combattu » et enfin d’œuvrer « pour un Maghreb arabe uni, islamique et fraternel ».

Après les révoltes du 5 octobre 1988 et l’instauration du multipartisme, Ben Khedda fonda, avec d’anciens militants du mouvement nationaliste algérien, le parti islamo-nationaliste El Oumma qui se donnait pour but de mettre en œuvre les principes proclamés par la déclaration du 1ier novembre 1954 : « l’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques ». Ce mouvement a été dissous en 1992.Son nom a été donné à l’hôpital civil de sa ville natale. Il est décédé en 2003 à Alger. Il convient de signaler que son fils Hassan est décédé d’une crise cardiaque pendant le hirak le vendredi 02 mars à Alger à l’âge de 59 ans.

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