Eventualité de frappes américaines au Mali : Bamako défend sa souveraineté
Alors que l’administration américaine étudie l’éventualité de frappes ciblées au Mali contre l’organisation terroriste JNIM, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, réaffirme, ce jeudi, la primauté de la souveraineté nationale, soulignant que Bamako compte avant tout sur ses propres forces et exige de ses partenaires un respect mutuel.
Interrogé en marge du lancement de BAMEX, le salon international de l’industrie de la défense et de la sécurité qui se tient dans la capitale malienne, sur les rumeurs persistantes d’une éventuelle intervention militaire américaine au Mali, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le chef de la diplomatie malienne a rappelé « l’attachement indéfectible du pays à sa souveraineté », soulignant que Bamako mise avant tout sur ses propres forces armées et exige un respect mutuel de la part de ses partenaires.
M. Diop a tenu à relativiser la portée de ces informations largement relayées par la presse, en précisant qu’à ce jour, aucune confirmation ni déclaration officielle n’a été émise par les autorités américaines. Par conséquent, le gouvernement malien ignore totalement quelle sera la posture réelle de Washington dans ce dossier. Le projet de l’administration de Donald Trump d’envisager des frappes militaires au Mali contre le groupe terroriste JNIM, a été révélé par le Washington Post.
Le diplomate malien a également réaffirmé avec « la doctrine de résilience nationale ». Selon lui, le Mali « ne saurait déléguer sa sécurité à des puissances extérieures et compte avant tout sur ses propres capacités stratégiques, sur son intelligence, sur ses ressources endogènes ainsi que sur la bravoure de ses Forces de défense et de sécurité ».
Abordant la question de la coopération internationale, Abdoulaye Diop a rappelé les principes fondamentaux qui doivent régir les relations entre le Mali et ses partenaires extérieurs. Il a estimé que la moindre des choses que l’on puisse attendre d’un partenaire est de se concerter directement avec les autorités maliennes pour identifier précisément les besoins réels du pays, plutôt que d’agir en marge des canaux diplomatiques et institutionnels établis.
Il a rappelé qu’aucune confirmation officielle n’avait été transmise par les États-Unis, tout en insistant sur le fait que le Mali ne subordonnerait jamais sa sécurité à des initiatives extérieures non concertées.