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Monde Afrique

Ethiopie: réduction des fonds fédéraux alloués à la région du Tigré

Ethiopie: réduction des fonds fédéraux alloués à la région du Tigré
A general view shows the cityscape of Ethiopia's capital Addis Ababa, January 29, 2017. REUTERS/Tiksa Negeri - RC15F4BE1110

La Chambre haute éthiopienne a voté une réduction « drastique » des fonds fédéraux alloués à la région du Tigré, créant une nouvelle escalade dans le conflit qui oppose le pouvoir central et l’Etat régional, fief du Parti de libération du Peuple du Tigré (TPLF), au pouvoir entre 1991 et l’arrivée du Premier ministre, Ahmed Abiy, un Oromo, en 2018.

Cette décision intervient en représailles à l’organisation, en septembre, d’élections régionales au Tigré par ses dirigeants, malgré le report de tous les scrutins ordonné par Addis Abeba en raison de l’épidémie de Covid-19.

Le Conseil de la Fédération, chambre haute du Parlement, compétente en matière de répartition du budget fédéral aux Etats régionaux, a déclaré le scrutin au Tigré «nul et non avenu», réclamant une rupture des relations entre le gouvernement fédéral et l’exécutif tigréen.

«L’Assemblée régionale du Tigré, constituée illégalement, n’a pas de fondement légal et ne recevra donc pas de soutien budgétaire», a déclaré mercredi à la télévision nationale le président de la Chambre haute, Adem Farah.

L’Etat du Tigré devait se voir allouer 10,4 milliards de birs (environ 240 millions d’euros) de subsides du budget fédéral pour l’année fiscale en cours et il n’était pas clair dans l’immédiat à quel point le vote de la Chambre haute allait amputer cette somme.

De leur côté, les dirigeants tigréens, qui affirment être depuis l’arrivée de M. Abiy injustement visés par des poursuites anticorruption, écartés des postes de responsabilité et rendus responsables de tous les maux du pays, ont rejeté la prolongation, faute de scrutins, des mandats électifs en Ethiopie, censés expirer cette semaine , au premier rang desquels celui de M. Abiy.

La coupe dans les fonds fédéraux destinés au Tigré est «totalement inacceptable et dangereuse », a dénoncé, dans une déclaration à la presse, Wondimu Asamnew, chef du Bureau de liaison du Tigré.

«Les conséquences sont très, très graves», a-t-il prévenu, précisant qu’une réponse formelle du Tigré interviendrait « dans un délai très court ».

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