Eradication des animaux errants : L’État dit stop!
Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a ordonné l’arrêt « immédiat et définitif » des campagnes d’éradication des animaux errants, dénonçant des pratiques « anarchiques, sauvages et brutales » qui « portent atteinte à l’image de l’Algérie ». Une nouvelle stratégie nationale, fondée sur la stérilisation, la vaccination et la création de refuges, est désormais engagée. C’est ce qu’a indiqué, ce samedi, un communiqué du ministère.
Cette décision s’appuie sur les prérogatives conférées au ministère par les textes législatifs et réglementaires en vigueur, qui font de lui l’autorité exclusive en matière de santé et de protection animales en Algérie. A cet égard, la tutelle a annoncé qu’elle adopterait une approche « moderne, durable et conforme aux standards internationaux », dans le but de gérer la problématique des animaux errants.
Selon les informations fournies par le communiqué, cette stratégie ministérielle repose, d’abord, sur la mise en place de programmes de stérilisation et de recensement destinés à « contrôler les populations animales, de manière progressive ». Les animaux seront ensuite réintroduits dans leur milieu, une méthode qui permet, d’après le ministère, de réduire les effectifs « de manière naturelle », tout en freinant « la reproduction incontrôlée ».
La création prochaine de refuges dédiés figure également parmi les priorités. « Ces structures, qui seront placées sous la responsabilité des services vétérinaires de l’Etat, offriront un hébergement temporaire aux animaux errants », a précisé la tutelle. Dans le même esprit, le ministère indique vouloir y encourager « l’adoption responsable » et y adosser des campagnes d’éducation sur la possession d’animaux, histoire de limiter l’abandon.
Cette nouvelle orientation fait suite à des informations parvenues aux services du ministère sur la persistance d’abattages « sauvages et brutaux » dans plusieurs communes du pays. Les services du ministère ont, en ce sens, expliqué qu’ils ont été informés que des opérations d’abattage « anarchiques » des animaux errants, notamment des chiens et des chats, sont menées dans plusieurs communes du pays, avec des méthodes brutales impliquant « l’usage d’armes à feu, l’empoisonnement ou encore des coups portés jusqu’à la mort ».
« Ces pratiques sont menées sans aucune coordination avec nos services, alors même que notre département est, légalement, la seule autorité compétente en matière de santé et de protection animale », a déploré la tutelle. « Ces comportements suscitent l’indignation de la société civile et des organisations internationales, ce qui porte atteinte à l’image de l’Algérie sur la scène internationale et expose le pays aux critiques », a-t-elle révélée. Ces actes, a-t-elle poursuivi, contreviennent également « aux valeurs éthiques, humaines et religieuses sur lesquelles repose la société algérienne ».
Dans ce contexte, le ministère a tenu à rappeler que les expériences nationales et étrangères ont démontré que les abattages massifs ne constituent pas « une solution durable ». Loin d’endiguer le phénomène, ils provoquent un déséquilibre écologique rapidement comblé par d’autres espèces, notamment les rats et divers rongeurs, aggravant, ainsi, les problèmes sanitaires, a expliqué la tutelle.
Face à ce constat, les autorités demandent aux walis et aux présidents des Assemblées communales de « se conformer strictement » aux procédures établies par les services vétérinaires publics. « Toute initiative touchant aux animaux errants devra, dorénavant, être préalablement validée par ces derniers et conduite selon des protocoles précis, définis au niveau national », a souligné la même source.
Par ailleurs, le ministère appelle à renforcer la coopération entre les services locaux et ses propres équipes pour appliquer les programmes nationaux de vaccination contre la rage. Une action jugée « essentielle », afin de protéger la santé publique et réduire les risques pour les citoyens. La tutelle a également souligné qu’il faudra mobiliser les moyens matériels et humains adéquats pour garantir la réussite de ces actions sur l’ensemble du territoire.