Équipe d’Algérie de football : Le coup de poker Brahim Hemdani jusqu’en 2027 ?
Face au retard de la signature d’un grand technicien international et à la nécessité de lancer la campagne des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027, le président de la FAF, Walid Sadi, semble privilégier la voie de la sécurité interne et de la légitimité historique.
À moins de trois semaines du rassemblement de la rentrée footballistique 2026/2027, la sélection nationale se trouvait face à un vide technique préoccupant. Les négociations, notamment celles menées autour de profils étrangers comme l’Espagnol Félix Sánchez Bas, n’ont pas abouti à une officialisation à temps. Face à ce contre-la-montre . C’est dans ce contexte de gestion de crise qu’a émergé la piste menant à un attelage 100 % local et profondément ancré dans l’histoire des Verts : Brahim Hemdani associé à Anthar Yahia.
D’abord évoquée comme une solution d’appoint pour les deux premières rencontres éliminatoires face à la Zambie et au Burundi, l’hypothèse de voir ce staff intérimaire prolonger sa mission jusqu’à la phase finale de la CAN 2027 (prévue à l’été en Afrique de l’Est) prend de plus en plus d’épaisseur dans les cercles décisionnels du football algérien.
Nommé en juillet 2026 à la tête de la sélection des moins de 20 ans / moins de 21 ans à la suite de la démission de Razik Nedder, l’ex-milieu de terrain de l’Olympique de Marseille et des Glasgow Rangers a réalisé un véritable coup de maître aux Jeux Méditerranéens de Tarente 2026. Sans préparation approfondie, il a mené les jeunes Verts vers une médaille d’or historique, en battant proprement la Tunisie en finale sur le score de 2-0.Sa maîtrise tactique, sa sérénité sur le banc et sa gestion humaine d’un groupe qu’il découvrait à peine ont séduit les observateurs et la direction technique.
Ce « hold-up » réussi en Italie a donné à Hemdani une forte crédibilité, le transformant instantanément d’un entraîneur en phase d’apprentissage en un candidat naturel pour éteindre l’incendie chez les A. Pour entourer et consolider les premiers pas de Hemdani à ce niveau de pression, la FAF a misé sur une autre figure emblématique du football national : Anthar Yahia.
Le héros d’Omdurman apporte avec lui son aura de capitaine historique, son tempérament de leader et sa parfaite connaissance des rouages internes de l’équipe nationale.Dans les plans initiaux de la fédération, Anthar Yahia assume le rôle de décisionnaire et de manager général de transition, apportant une structure institutionnelle indispensable au groupe. La complémentarité technique de Hemdani, adepte d’un football rigoureux et discipliné hérité de ses années professionnelles en Europe, et le leadership charismatique d’Anthar Yahia offrent sur le papier des garanties solides pour maintenir l’unité du vestiaire.
L’idée d’installer le duo Hemdani – Anthar Yahia sur la durée ne fait pas l’unanimité au sein de la grande famille du football algérien. Pour certains analystes, confier les rênes de l’une des sélections les plus exposées d’Afrique à un entraîneur encore en phase d’apprentissage constitue un pari extrêmement risqué.
La transition entre les équipes de jeunes et l’exigence absolue des seniors A représente une marche immense, que peu de techniciens franchissent avec succès sans transition.À l’inverse, les partisans de cette option louent l’audace de Walid Sadi.
Ils y voient une opportunité historique de valoriser les compétences des anciens internationaux et de rompre avec la dépendance systématique envers les techniciens étrangers, souvent très coûteux et pas toujours connectés aux réalités locales. Après tout, les plus belles pages du football africain récent ont parfois été écrites par des solutions internes propulsées par la force des événements.