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Nationale

Entrevue de Tebboune devant la presse nationale : Des réponses et des clarifications

Entrevue de Tebboune devant la presse nationale : Des réponses et des clarifications
Le Président lors de son entrevue. 

Vérités, franchise et fidélité aux engagements. Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée ce samedi soir sur les chaînes de télévision et de radio nationales, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné des réponses claires, sans détour, en mettant les points sur les i, sur un large éventail de dossiers qui intéressent les Algériens.

Affirmant que l’Algérie n’hypothèquera ni son indépendance ni ses richesses, le président Tebboune a souligné qu’aujourd’hui, « nous pouvons régler les problèmes des citoyens, nous le faisons sans hypothéquer l’indépendance de l’Algérie ni ses richesses, qui appartiennent exclusivement aux Algériens ». Il a ajouté que « nous nous employons à régler nos problèmes par nous-mêmes car, par le passé, personne n’a été à nos côtés lorsque nous avons été confrontés à des épreuves ».

Le président de la République a mis en garde contre « certains relais de la cinquième colonne qui se croyaient protégés par des parties étrangères qui les instrumentalisaient pour diviser la société, mais qui ont fini par comprendre qu’ils se sont fourvoyés sans qu’aucune partie ne puisse les protéger ».

Tebboune a rappelé s’être engagé devant le peuple algérien, lors de sa prestation de serment, à « combattre quiconque oserait porter atteinte à l’unité nationale ou à l’une des composantes de l’identité nationale, qui sont protégées par la Constitution et les lois de la République ».

Sur la liberté d’expression, il a également réaffirmé que celle-ci est garantie en Algérie, à condition de respecter les lois de la République, les composantes de l’identité nationale et les traditions de la société, et à condition aussi que les idées exprimées soient celles de leurs auteurs et non pas des idées dictées par d’autres parties.

Dans le même sillage, le président de la République a assuré que l’intervention de la justice algérienne dans les questions liées à l’expression d’opinion demeure « rare », précisant que « la justice est libre et elle a pour mission d’interdire l’injure et la diffamation ».

D’ailleurs, sur ce point précis, M. Tebboune n’a pas manqué de fustiger le double discours de certains pays qui se targuent d’être des modèles de démocratie alors qu’ils infligent des peines d’emprisonnement à ceux qui affichent leur soutien à la cause palestinienne sur les réseaux sociaux.

Mise en garde contre la fraude électorale

Concernant les législatives du 2 juillet prochain, le président de la République a assuré que toutes les conditions sont réunies pour garantir l’intégrité du processus électoral, soulignant que la création de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) s’inscrit dans la politique de l’Etat visant à éviter toute suspicion susceptible d’entacher l’intégrité de ce processus.

Après avoir relevé que « le terme de fraude électorale n’a plus cours et ne figure plus dans le vocabulaire politique des Algériens », le président de la République a mis en avant les efforts de l’Etat visant à barrer la route à l’utilisation de l’argent sale et à interdire la transhumance politique. « Toute tentative de porter atteinte à l’intégrité des élections se heurtera à la loi », a-t-il averti.

A une question sur les informations circulant au sujet de l’achat de cartes d’adhérent auprès de partis politiques et de l’investiture de candidats, le président de la République a prévenu que « toute personne dont l’implication est avérée fera face à des poursuites pénales pouvant entraîner la suspension, la révocation, le retrait de confiance et la levée de l’immunité par le biais de la Cour constitutionnelle », rappelant que « la loi est claire et sera appliquée à tous. Nul n’est au-dessus de la loi ».

« Je n’ai jamais manipulé des élections. La compétition est devenue accessible. Il fut un temps où ça ne valait pas la peine de se présenter. Celui qui touche les élections par l’argent sera puni », a averti le président de la République.

Concernant le volet de la participation des femmes à la vie politique, M. Tebboune a indiqué que « l’accès des femmes au champ politique doit reposer sur leurs idées et leurs capacités à développer la société », estimant que « l’instauration de quotas pour la représentation féminine pourrait être contreproductive ».

Il a ajouté que « les hommes et les femmes doivent avancer ensemble. Il faut s’éloigner des idées réactionnaires régressives. Je souhaite que l’APN soit paritaire entre les hommes et les femmes ».

Pour Abdelmadjid Tebboune, « le dysfonctionnement est sociétal ». Il a d’ailleurs rappelé que l’Algérie était « un pays qui a donné toutes ses chances aux femmes. Il faut la laisser exprimer ses capacités ».

Pour dissiper les craintes et autres appréhensions des partis politiques, le président Tebboune n’a pas manqué de revenir sur la création de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et sur les derniers amendements la concernant, soulignant qu’elle a été faite « pour éloigner l’administration du scrutin pour qu’il n’y ait pas de suspicions ». « Depuis la création de l’ANIE, on ne parle plus de fraude électorale. Toutefois, la pratique et l’expérience ont permis de constater des défaillances. J’avais proposé de faire recours au niveau matériel aux institutions (APC, wilayas). Il n’y a pas de mélange entre l’ANIE et l’administration. L’administration s’occupe de la logistique. L’ANIE est garante que la voix du citoyen soit respectée ».  

Evoquant la visite effectuée par le Pape Léon XIV en Algérie, le président de la République l’a qualifiée de « succès » marquant une étape importante dans le renforcement des relations entre l’Algérie et le Vatican, précisant que ses entretiens avec le Pape ont porté essentiellement sur les relations bilatérales et la nécessité d’en faire des « relations pérennes et enrichissantes pour les deux parties ».

Selon le président Tebboune, cette visite a « réfuté le mythe de l’ancien colonisateur prétendant avoir été à l’origine de la création de l’Algérie ». En effet, a-t-il dit, le Pape a mis en évidence « l’enracinement historique de l’Algérie, qui remonte à saint Augustin et bien avant ».

Cette visite « place l’Algérie dans sa position naturelle », celle d’« intermédiaire fiable qu’elle a toujours été », a souligné le président de la République, mettant en exergue son rôle dans le dialogue entre les religions et le rapprochement des peuples.

Le Mali, un pays frère

S’agissant des questions internationales, le président de la République a déploré la situation qui prévaut au Mali, invitant les autorités de ce pays à dialoguer avec leur peuple, tout en insistant sur les liens de fraternité existant entre l’Algérie et le Mali. « Nous sommes désolés de ce qui se passe au Mali. Ce n’était pas (une) prophétie, mais on savait que les choses allaient se gâter parce que le Mali est entré dans une phase qui ne pouvait mener qu’à la déstabilisation ». Il a assuré que « la voie de la raison, c’est de discuter avec son peuple, d’essayer, même si la prise de pouvoir n’est pas constitutionnelle (on pourra) la constitutionnaliser », rappelant que « l’Algérie ne s’est jamais immiscée et ne s’immiscera jamais dans les affaires intérieures du Mali ou d’autres pays. L’Algérie a toujours été (un pays) frère (pour le) Mali ».

Le président de la République s’est dit « persuadé » que les Maliens étaient capables de dépasser cette situation, rappelant que l’Algérie était prête à leur apporter son aide s’ils la sollicitaient, comme elle l’a toujours fait depuis 1962.                

Interrogé au sujet des relations algéro-américaines, le président de la République a signalé que celles-ci « ont toujours été bonnes » et qu’elles s’amélioraient de manière constante. « Les Américains savent que l’Algérie a son poids en Afrique », a-t-il fait savoir. Il a attiré l’attention sur le fait que l’Algérie n’abandonnera jamais ses amis, à l’image de la Russie et de la Chine, ou de ses frères comme l’Indonésie, rappelant que l’Algérie restait un pays non-aligné, assurant que l’Algérie est aussi un pays qui n’acceptera jamais l’installation d’une base militaire étrangère sur son territoire. Et c’est précisément ce qui fait que l’Algérie soit un pays crédible.

Sur la question palestinienne, le président de la République a rappelé que l’unique solution était la création d’un Etat palestinien dans ses frontières de 1967, affirmant que la paix des cimetières recherchée « est un génocide qui ne mènera qu’à la Cour pénale internationale ».

« Il y a un profond respect de la part des Etats-Unis envers l’Algérie et cela n’a pas changé », a-t-il ajouté, attirant l’attention sur le fait que la constance de l’Algérie en ce qui concerne la défense de la Palestine lui a valu le respect des Etats-Unis, entre autres pays ».

Pour le Sahara occidental, le président Tebboune a souligné qu’« il y a une résolution de l’ONU qui est en train de faire son chemin et sans accrocs entre nous (Algérie et Etats-Unis) et ils savent quelles sont nos idées ».

 



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