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Nationale

Entretien avec le fidaï Mohamed Bouallaga, le « baroudeur » de Bouzaréah

Entretien avec le fidaï Mohamed Bouallaga, le « baroudeur » de Bouzaréah

Mohamed Bouallaga, Moudjahid, baroudeur de la Zone autonome d’Alger, nous livre dans cet entretien les moments les plus importants de la lutte de libération nationale. Un des éléments clé des fidaïs d’Alger et de ses environs, en l’occurrence Bouzaréah. « Nous avons répondu à l’appel de Novembre par amour de l’Algérie ; le pays était sous le joug d’un colonialisme abject, des plus violents et qui nous réduisait à l’esclavage : Mohamed pour l’indigène homme, et Fatma pour l’indigène femme.

Le Jeune Indépendant : Qui est Mohamed Bouallaga ?

Bouallagua Mohamed est natif d’El-Biar, sur les hauteurs d’Alger, le 26 novembre 1933. Moudjahid de la première heure, j’occupe actuellement une fonction bénévole de coordinateur au niveau de la Kasma des moudjahidine de la commune d’El Biar. Nous essayons de perpétuer la flamme de Novembre pour les générations futures. Pour que nul n’oublie ce que la France a commis comme crimes contre le peuple algérien. 1,5 million de martyrs ont versé leur sang pour que notre chère Algérie puisse vivre dans la liberté.

Pouvez-vous nous parler de votre début de parcours dans la lutte contre l’occupant français ?

Mon parcours a commencé en 1952 ; j’étais dans le Mouvement national algérien (MNA) de Messsali Hadj. Tous les militants étaient MNA avant la création du FLN. Tout le monde était messaliste, et beaucoup de partis politiques ont été créés dans le but de combattre l’ennemi. Ensuite un fossé s’est creusé : Messali Hadj ne voulait pas d’une révolution armée ; il optait pour la politique et refusait de « marcher » ou s’aligner avec le FLN. Les hommes étaient déjà préparés et engagés pour la révolution, notamment l’organisation spéciale « OS », fondée en 1947, dont les membres étaient PPA. Dans le centre d’Alger on n’était pas encore organisé pendant le déclenchement de la révolution. A cette époque, beaucoup faisaient encore partie du MNA. Il y avait aussi les centralistes qui n’étaient ni avec la politique de Messali, ni avec le FLN. Mais tout le monde avait rejoint le FLN pour la libération du pays.

Avec qui travailliez-vous à l’époque ?

Pendant la révolution en 1954, je travaillais avec Merabet Amar, dans une usine. Il était un très bon ami, un frère de confiance. Il m’avait conseillé de ne plus répondre à l’appel du MNA, parce qu’il y a une loi d’organisation. Bien sûr, dans la discrétion totale, par la suite, j’ai rejoint le FLN. Après le congrès de la Soummam le 20 août 1956, une organisation a été mise en place dans la capitale avec la naissance de Ia Zone autonome, concernant uniquement la ville Alger. Les autres délimitations territoriales sont appelées « wilayas » et sont au nombre de six.

Comment vous vous organisiez pour les attentats ?

Les actions se faisaient sous les ordres de la région 1. Nous avons commis 9 attentats, notamment au Boulevard Bru (Boulevard des Martyrs), d’autres opérations comme celles qui ont visé le poste de police de Ain Zaboudja (Les Tagarins), au quartier de Notre-dame-d’Afrique où nous avons ciblé un poste de police et un café. En 1956, la Zone autonome d’Alger nous avait donné des ordres pour venger la mort de Ahmed Zabana et Abdelkader Ferradj Ben Moussa, et son équipe. A cette époque, 28 attentas ont été commis. Pendant cette période les armes étaient cachés chez El Hadj Mohamed Zouaoui, un coiffeur dans la rue de la Marine. Les militants passaient à tour de rôle prendre

les armes pour exécuter l’ordre du jour : « Venger la mort de nos frères ».

Pouvez-vous nous parler de la période que vous avez vécue en prison ?

En 1956, j’ai été dénoncé sous la torture par des fidaïs. J’ai été arrêté à Bouzaréah par l’armée française. J’ai passé une année en prison à Serkadji et neuf jours dans un centre de torture de Zéralda. On m’a mis tout nu et ligoté les mains, les pieds et les yeux bandés. Ensuite ils m’ont mis dans un pneu pour que je ne puisse pas bouger et mis un gros tuyau dans la bouche pour me faire avaler de l’eau sale. Tout ça pour dénoncer mes frères de combat. Al Hamdoullah, grâce à Allah le Tout-puissant je n’a rien divulgué.

Votre dernier mot ?

Allah yerh’am ech houhadas. N’oublions jamais ce que la France a fait comme mal à notre peuple.

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