Entrepreneuriat féminin : Un bond historique
En six ans, le nombre de commerçantes inscrites au registre de commerce a bondi de 37 %, atteignant plus de 218 000 femmes. De l’alimentation à l’industrie en passant par les services, les Algériennes s’imposent comme des actrices majeures de l’économie nationale, contribuant à diversifier les activités et à dynamiser les principaux pôles économiques du pays.
Selon les dernières statistiques du Centre national du registre du commerce (CNRC), relayées par l’APS, le nombre de commerçantes inscrites au registre de commerce a connu une progression remarquable de 37 % depuis la fin de l’année 2019. Cette évolution témoigne d’un essor notable de l’entrepreneuriat féminin au cours des six dernières années, consolidant la place des femmes dans l’économie nationale.
À la première semaine de mars 2026, le CNRC recense 218.486 femmes commerçantes, contre 159.807 à la fin de l’année 2019. Parmi elles, 194.443 sont des personnes physiques, tandis que 24.043 sont des personnes morales, c’est-à-dire des femmes gérantes d’entreprises. Ces chiffres ne prennent pas en compte les professions libérales, les activités agricoles ou les métiers traditionnels, qui relèvent d’un cadre législatif spécifique.
L’étude du CNRC met en lumière les secteurs d’activité les plus prisés par les commerçantes. Pour les personnes physiques, le commerce de détail alimentaire arrive en tête, représentant 17,06 % de l’ensemble des activités. Viennent ensuite le commerce de l’habillement, des bijoux et des cosmétiques (10,60 %), suivi des services liés à l’hébergement et à la restauration (7,04 %). D’autres secteurs, tels que le commerce de détail d’outils et fournitures pour le sport et les loisirs, ainsi que les articles de bureau et artistiques, représentent 6,18 %. Les activités liées au transport et aux services annexes comptent pour 6,03 %, tandis que le commerce de détail d’ameublement domestique pèse 4,22 %.
Quant aux femmes gérantes d’entreprises (personnes morales), les activités dominantes concernent la production, la fabrication ou la transformation dans le domaine des matériaux de construction, des travaux d’architecture et des grands travaux publics, ainsi que les équipements thermiques industriels (8,49 %). Viennent ensuite les bureaux d’études et services de consultation (8,04 %), les activités culturelles et de divertissement, y compris médias et publicité (5,71 %), les services liés au transport et services annexes (4,87 %), la location de structures et équipements à usage professionnel ou domestique (3,43 %), ainsi que l’installation et la réparation d’équipements industriels et domestiques (2,97 %).
Le bilan du CNRC révèle également que les registres de commerce détenus par les femmes sont fortement concentrés dans les principaux centres économiques et urbains du pays. Alger occupe la première place avec 26.648 registres, soit 12,2 % du total national, suivi d’Oran (14.267 registres, 6,5 %), Tizi Ouzou (8.713 registres, 4 %), Constantine (7.627 registres, 3,5 %), Blida (6.587 registres, 3 %) et Sidi Bel Abbès (6.483 registres, 3 %). Cette concentration témoigne d’un tissu économique urbain dynamique où les femmes investissent des secteurs variés, allant du commerce de proximité aux grandes entreprises de production et de services.
Un rôle grandissant dans l’économie nationale
Au total, les femmes représentent actuellement 9 % du nombre total des commerçants inscrits au CNRC, qui s’élève à 2.422.953 au début de ce mois de mars. Cette progression traduit une volonté affirmée de l’État et des femmes elles-mêmes de renforcer la participation féminine à la vie économique, tout en contribuant à la diversification des activités et au développement local.
Les chiffres révèlent aussi un changement de paradigme : de plus en plus de femmes se tournent vers des secteurs traditionnellement masculins ou techniques, comme le bâtiment, les travaux publics et la production industrielle, tout en consolidant leur présence dans des secteurs stratégiques comme le commerce, la restauration ou les services. Cette dynamique participe à la construction d’une économie plus inclusive, où la femme devient un acteur clé de la croissance et de l’innovation.
L’essor de l’entrepreneuriat féminin en Algérie illustre un phénomène durable, renforcé par les politiques publiques en faveur de l’autonomisation économique des femmes et par les opportunités offertes dans les villes et les zones économiques. Ce développement constitue également un signal fort pour les jeunes générations, qui voient dans l’entrepreneuriat une voie possible vers l’indépendance économique et la participation active à la société.
En outre, les six dernières années ont marqué un tournant historique pour les femmes algériennes dans le domaine du commerce et de l’entreprise, avec des perspectives prometteuses pour les années à venir.