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Entrée en vigueur hier d’un cessez-le-feu au Yémen

Entrée en vigueur hier d’un cessez-le-feu au Yémen

Un cessez-le-feu de 72 heures renouvelable est entré en vigueur hier à minuit au Yémen où les belligérants, sous pression, semblent plus disposés à des compromis pour mettre fin à la guerre qui dure depuis 18 mois. Des combats et des raids aériens se sont toutefois poursuivis hier sur différents fronts, faisant au moins 5 morts, selon des sources militaires.

Annoncée lundi par l’ONU, la trêve interviendrait dans un contexte d’enlisement du conflit qui a fait 6.900 morts, 35.000 blessés, déplacé trois millions de personnes et dévasté l’économie d’un pays considéré avant même les hostilités comme le plus pauvre de la péninsule Arabique.

Cette sixième tentative de cessez-le-feu, sous l’égide de l’ONU, suivrait une escalade marquée par une énorme bavure de l’aviation de la coalition menée par Ryad, qui a coûté la vie, le 8 octobre à Sanaa, à 140 personnes et blessé 525 autres. 

Le conflit a connu un autre développement majeur : des tirs de missiles contre des navires de l’US Navy en mer Rouge et une riposte américaine contre des batteries de radar situées en zone contrôlée par les Houthis.

Dans ce contexte, la communauté internationale, Washington en tête, a multiplié les pressions sur les belligérants : le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, et les Houthis, alliés aux forces de l’ex-chef d’Etat Ali Abdallah Saleh. 

Mardi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a demandé non seulement le respect de la trêve, censée entrer en vigueur hier à 23H59 au Yémen (20H59 GMT), mais aussi son renouvellement sans conditions.

« Nous demandons à toutes les parties de prendre toutes les mesures nécessaires pour la mise en œuvre de cette cessation des hostilités, nous leur demandons de la faire durer et nous encourageons fermement son renouvellement sans conditions », a-t-il déclaré.

Mais le gouvernement du président Hadi a posé comme conditions la mise en place d’un comité d’observation de la trêve, la fin du siège de Taëz, grande ville du sud-ouest encerclée par les Houthis, et la distribution sans entraves de l’aide humanitaire.

Ces derniers se sont dits prêts à « un cessez-le-feu durable, global et sans conditions, qui garantira la fin de l’agression (…), et la levée du blocus imposé » par la coalition saoudienne.

Les chances d’une trêve durable semblent réelles, souligne l’analyste Mustafa Alani. « Je suis plus optimiste car l’environnement est complètement différent » de celui de la dernière trêve avortée d’avril dernier, dit-il. Et d’expliquer que « les grandes puissances sont impliquées cette fois avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui exercent des pressions sur les parties ».

« En même temps, les belligérants sont épuisés en raison du coût humain et financier du conflit. Les parties pensent qu’elles ne peuvent plus le gagner militairement », poursuit ce spécialiste des questions de sécurité au Gulf Research Center basé à Genève.
John Kerry a souligné que la trêve est essentielle pour la relance des efforts de paix.

« Nous continuerons à travailler avec toutes les parties afin de conclure un règlement négocié », a plaidé le responsable américain, dont le pays est l’allié de l’Arabie saoudite mais qui la critique sur les victimes civiles de la guerre au Yémen.

Pour Mustafa Alani, une possibilité de compromis existe autour de la résolution 2216 (avril 2015) du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce texte, accepté par le président Hadi, engage les Houthis à se retirer des zones qu’ils ont prises, à remettre les armes et à commencer des discussions politiques.

Les Houthis insistent quant à eux sur un dialogue politique sans conditions.
Si les Houthis ne peuvent pas accepter la résolution 2216 en l’état, ils peuvent, selon Mustafa Alani, le faire en tenant compte de la proposition faite par John Kerry fin août, qui consiste à reprendre les pourparlers de paix sur la base de la formation d’un gouvernement d’union nationale. 

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