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Monde

Entrée de l’aide humanitaire aux villes syriennes assiégées

Entrée de l’aide humanitaire aux villes syriennes assiégées

L’ONU a commencé hier à livrer de l’aide à l’une des villes assiégées de Syrie, pour la première fois depuis le début samedi d’un cessez-le-feu qui semble toujours respecté malgré des incidents et des accusations de violation.

A Genève, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a jugé que la trêve tenait « globalement » même si « quelques incidents » ont été observés. Le groupe de travail chargé de surveiller la mise en œuvre de la cessation des hostilités devait s’est réuni hier après midi dans la ville suisse pour s’assurer que ces accrocs « ne se poursuivent plus et que la trêve continue », a expliqué Ban Ki-moon. Mettant à profit cette trêve sans précédent, à laquelle le gouvernement syrien et les rebelles ont souscrit mais qui exclut les groupes terroristes, l’ONU a annoncé qu’elle porterait assistance dans les cinq prochains jours à 154.000 personnes dans des localités syriennes assiégées par des belligérants.

D’après un responsable du Croissant-Rouge syrien, 10 des 51 camions d’aide qui doivent parvenir lundi à Mouadamiyat al-Cham, localité rebelle située au sud-ouest de Damas et encerclée par les forces du régime, étaient entrés dans la ville à la mi-journée. Selon Mouhanad al-Assadi, ils sont notamment chargés de produits de nettoyage, savons et couvertures fournis par l’ONU.
C’est la première fois qu’une aide humanitaire est livrée en Syrie depuis le début de la trêve mais l’ONU avait déjà envoyé des aides à deux reprises vers cette ville en février, ainsi qu’à d’autres localités assiégées par les groupes terroristes.

« Plus de 450.000 personnes sont actuellement prises au piège dans des villes et des villages de Syrie, et parfois depuis des années », a rappelé hier à Genève le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. « La nourriture, les médicaments et d’autres produits d’aide humanitaire d’urgence sont bloqués de façon répétée. Des milliers de personnes risquent de mourir de faim », a-t-il estimé.

Hier, des bombardements et des tirs limités ont entaché le cessez-le-feu, qui ne s’applique pas aux terroristes du groupe Etat islamique (EI) et du Front Al-Nosra et dont l’application est compliquée par le fait qu’Al-Nosra est allié avec des groupes rebelles dans plusieurs régions syriennes. A l’aube, des rebelles ont tiré des roquettes sur la partie gouvernementale de la ville d’Alep (nord) et des avions russes ont bombardé une localité dans le sud de Hama (centre) où les rebelles sont pourtant majoritaires.

En visite au Koweït, le secrétaire général de l’Otan s’est dit « préoccupé » hier par des violations de la trêve. « Il est important pour toutes les parties de respecter le cessez-le-feu », a affirmé Jens Stoltenberg, qui s’est aussi inquiété « du renforcement des capacités militaires de la Russie en Syrie ». Dix frappes aériennes ont par ailleurs touché la partie de la ville de Deir Ezzor (est) contrôlée par l’EI. Exclus de la trêve, les terroristes peuvent être visés par l’aviation gouvernementale syrienne et de son allié russe ou celle de la coalition internationale dirigée par Washington.
La Russie et les Etats-Unis se sont montrés prudemment optimistes sur l’avenir de la cessation des hostilités. « Les mesures principales ont été prises. Nous savions à l’avance que cela ne serait pas facile », a déclaré hier aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.« Les obstacles sont nombreux mais c’est vraiment dans notre intérêt, et surtout dans celui du peuple syrien, de donner une chance à ce processus », avait reconnu la veille un haut responsable américain. Dans les grandes villes de Syrie, les habitants sont sortis dans les rues dimanche après une nuit paisible pour faire leurs emplettes, goûtant à un calme inhabituel.

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