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Nationale

Entre riposte des alliés et silence du Président

Entre riposte des alliés et silence du Président

En nourrissant le projet de rencontrer personnellement le président Abdelaziz Bouteflika, les 19 personnalités nationales, signataires de la demande d’audience, savaient qu’elles couraient le risque d’être vilipendées voire discréditées par ceux-là mêmes qui s’affichent en tant que porte-paroles du chef de l’Etat.

Et c’est précisément ce qui s’est produit lorsque les signataires ont rendu publique leur démarche. Le premier à ruer dans les brancards est le SG du FLN, Amar Saâdani, qui s’était autoproclamé gardien du temple par tirer à boulets rouges sur les intentions des « 19 ».

« Parmi les signataires de la lettre figure une partie de personnes sincères dont les actions sont guidées par l’intérêt national. Par contre, une autre partie agit pour ses propres intérêts tandis que la troisième est téléguidée par des parrains », a-t-il dit. Emboîtant le pas à Saâdani, le SG par intérim du RND, Ahmed Ouyahia, relève que la lettre « est signée par des personnes connues et que très peu de choses les unit ».

Or, à y regarder de près, certaines d’entre elles ont une chose en commun : le fait d’avoir côtoyé durant des années le président Bouteflika avant et après son investiture à la tête du pays en 1999. C’est le cas notamment de Mme Zohra Drif, la veuve de Bitat, qui a gardé son amitié auprésident Bouteflika même après sa traversée du désert.

Ce dernier Une fois revenu aux affaires, celui-ci a fait d’elle un membre du Conseil de la nation dont elle a été la vice-présidente. Abdelkader Gerroudj entretient des liens forgés pendant la guerre de libération. Le message fort émouvant envoyé par le président Bouteflika à Abdelkader Guerroudj, après le décès de son épouse Jacqueline Gerroudj, est un signe qui ne trompe pas.

L’ex-ministre de la Culture, Khalida Toumi, a noué des relations d’amitié avec Bouteflika, lorsqu’ils se rencontraient en compagnie d’autres personnalités chez Fatiha Boudiaf au siège de la Fondation Boudiaf sise à Hydra. Louisa Hanoune, la patronne du PT, est l’un des rares leaders de partis à être reçu chez lui avant son quatrième mandat.

Depuis plus d’un an, elle n’a plus revu le chef de l’Etat. En s’exprimant en lieu et place du chef de l’Etat, les membres du clan présidentiel veulent-ils lui épargner un exercice inédit ou est-ce par calcul ? Selon certains observateurs, des collaborateurs proches du président Bouteflika ont réussi à dresser une digue infranchissable à quiconque de la classe politique ou de la société civile, à l’exception des étrangers.

Les signataires de la lettre semblent suggérer que le pays est dans la situation où le Président doit sortir de la scène pour assurer son leadership, estimant que l’heure est grave et qu’une rencontre dissipera les malentendus et les doutes qui commencent petit à petit à s’installer au sein de la population.

L’écrivain Rachid Boudjedra, l’un des signataires, n’a pas hésité à affirmer que le patron du FCE, Ali Haddad, jouit d’un pouvoir plus grand que celui du gouvernement d’Abdelmalek Sellal. La riposte sèche et attendue des patrons du FLN et du RND démontre si besoin est qu’un malaise latent a atteint le sommet du pouvoir à l’égard de cette situation. La démarche des « 19 » ne manquera pas d’embarrasser au plus haut point la présidence.

Pour l’heure, le chef de l’Etat n’a pas donné une suite favorable à leurs sollicitations. Selon Khalida Toumi, les initiateurs de la démarche vont patienter encore quelques jours avant de se réunir pour envisager la suite à donner à leur action commune.

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