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Nationale

Entre protestation pacifique et tentations radicales

Entre protestation pacifique et tentations radicales

Le mouvement de protestation des populations du sud du pays contre l’exploitation du gaz de schiste, entamé le 1er janvier dernier, est à la croisée des chemins.

Entre une continuité dans la contestation pacifique et la tentation de l’appel des sirènes de la violence et de la radication, voire de l’autonomie ou de la sécession, soit un discours qui rompt l’action initiale. Hier, le théâtre de la protestation a été marqué par des échauffourées qui ont fait dériver le mouvement de sa vocation pacifique.

L’escalade dans le mouvement a été déclenchée par des informations parvenues aux habitants d’In Salah selon lesquelles la société américaine Halliburton s’apprêtait à fracturer le second puits-test de forage cette semaine, en « passant en force si les manifestants s’opposaient à leur projet », selon un militant anti-schiste d’In Salah.

Les habitants d’In Salah, mobilisés depuis le 1er janvier contre le gaz de schiste, réclament à présent le départ d’Halliburton du centre d’In Salah. « Halliburton dégage ! Nous n’avons pas besoin de toi, ni à In Salah, ni en Algérie ! », clament les manifestants devant la base de vie de la multinationale.

Pour rappel, des affrontements ont opposé, avant-hier, des centaines de manifestants à un impressionnant dispositif de la Gendarmerie nationale à la sortie nord de la ville d’In Salah. Le regain de tension a eu lieu lorsqu’un groupe de militants radicaux anti-gaz de schiste a lancé, vers la fin de la matinée, un appel aux habitants de la ville pour organiser une marche vers la base de vie de la compagnie pétrolière américaine Halliburton située à 6 km de la ville d’In Salah. 

Les manifestants ont été contraints de reculer suite à l’intervention des gendarmes qui ont usé des bombes lacrymogènes pour les disperser et les empêcher de pénétrer à l’intérieur de la base de vie. C’est alors que des manifestants ont lancé des pierres sur les gendarmes. Les affrontements entre les deux parties ont duré tout l’après-midi d’hier. Voulant éviter le pire, des membres du comité d’organisation sont intervenus pour calmer les esprits, mais leur initiative n’a pas eu d’écho, puisque les jeunes radicaux qui tiennent les rênes du mouvement ont décidé d’aller loin.

Ce basculement vers la violence s’explique, d’après notre source, par l’absence d’une réponse convaincante des autorités publiques à la revendication des habitants d’In Salah, à savoir l’arrêt immédiat et inconditionnel des activités liées au gaz de schiste.

Il faut dire que la tentation séparatiste a toujours animé une minorité des mouvements revendicatifs des régions du Sud. Certains d’entre eux ont même basculé dans le terrorisme à l’instar de la cellule de 12 terroristes démantelée en automne 2011 à Ouargla, d’où sont originaires 7 d’entre eux.

Le réseau en question projetait de commettre des attentats contre les installations pétrolières dans le Sahara avant de sommer les autorités algériennes à des négociations pour l’indépendance du Sud. Le groupe se dénommait « le mouvement du Sahara pour la justice islamique ». Ses membres se seraient inspirés des idées du groupe islamiste « les enfants du Sahara » démantelé en 2007.

Ces derniers temps, des manœuvres visant à créer une jonction entre les manifestations des chômeurs du Sud et celles pour le rejet de l’exploitation du gaz de schiste battent leur plein, notamment sur les réseaux sociaux. Cependant, les notables et la grande majorité des populations du Sud ont toujours démontré leur attachement à l’unité nationale et à l’intégrité du territoire, en rejetant tous les projets séparatistes ou violents dans lesquels on voudrait enfermer leur mouvement revendicatif, à essence sociale et depuis peu environnementale, en raison de la nouvelle donne liée à l’exploitation du gaz de schiste.

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