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Nationale

Entre l’innovation et l’arnaque

Entre l’innovation et l’arnaque

L’Etat accorde un intérêt très particulier au marché du travail dans le cadre de la lutte contre le chômage, mais au-delà de cette perspective beaucoup d’employeurs sont accusés d’avoir arnaqué beaucoup de milliers de diplômés qui, après les avoir recrutés les ont licenciés tandis que plusieurs autres ont été privés de leurs salaires.

Le Jeune Indépendant a consacré un dossier spécial aux diverses formations professionnelles proposées aux jeunes algériens, grâce auxquelles, ils auront l’opportunité de trouver un travail, et ce dans un marché de plus en plus variant en matière d’offres d’emploi. Et, tout au long de ce dossier, nous allons parler aussi des difficultés que les jeunes diplômés ont rencontré durant leurs premiers pas dans le monde du travail.

Arnaqués, souvent, par les entreprises employeurs, beaucoup de jeunes diplômés ont été surpris par les décisions « agressives » de leurs recruteurs, après avoir passé des années à se former dans les grandes écoles et instituts du pays. 
L’Agence nationale de l’Emploi (ANEM) est l’un des créneaux de lutte contre le chômage, dont l’Etat porte un grand intérêt, dans le cadre de sa politique de l’emploi pour tous.

Mais au-delà des perspectives et cet objectif capital, les jeunes diplômés qui sont recrutés et embauchés via ce créneau se trouvent dans le désarroi. Comment ? Selon un téléconseiller de la cellule d’écoute de l’ANEM (créée en janvier 2015) qui chapeaute et suit tous les appels de doléances, des questions et des requêtes des jeunes diplômés recrutés par des sociétés et entreprises, ces diplômés ont trouvé tout le mal à s’intégrer dans le monde du travail.

En plus, beaucoup d’entreprises employeurs ont failli à leurs démarches avec l’ANEM. En d’autres mots, les employeurs qui sont reliés avec l’ANEM, dans le cadre d’une coopération adoptée entre les deux parties, ont recruté des milliers de jeunes diplômés, mais beaucoup d’entre-eux ont été surpris par des comportements outranciers et décisions abusives de leurs employeurs.

Pis, ladite cellule d’écoute de l’ANEM, a reçu sur son numéro vert le « 30 05 », 15 621 appels (entre requêtes, questions et doléances) émanés par des jeunes diplômés. Ils ont été embauchés par leurs employeurs qui sont des partenaires avec l’ANEM mais qui, finalement, les ont tout simplement arnaqués. Comment ? La révélation faite par le téléconseiller de ladite cellule d’écoute est lourde.

D’après lui, sur les 15 621 doléances des diplômés qui ont été embauchés par des sociétés et entreprises, privées et publiques, 1200 seulement ont obtenus des réparations, voire leur situation réglée après l’intervention des enquêteurs de l’ANEM. 

Le reste, soit plus de 14 000 sont livrés à eux-mêmes. Ils sont actuellement sans-emplois après l’obtention de leurs contrats de travail dans le cadre des deux formules CIP (Contrat d’insertion professionnelle) et CDI (Contrat d’insertion des diplômés). Des universitaires, des diplômés d’études universitaires appliqués (DEUA) et des diplômés des centres de formation étatiques, bravent aujourd’hui le chômage alors qu’ils ont signé des contrats pour une durée de trois ans.

Certains, n’ont pas obtenus leurs salaires depuis quatre mois, tandis que d’autres ont été tout simplement licenciés par leurs employeurs. « Depuis le 26 janvier 2015 et à ce jour, nous avons comptabilisé plus de 15 500 appels. Des universitaires ont dénoncé ce qu’ils venaient de subir par eux. C’est un vrai calvaire pour ces recrus. 

Mais, après chacune leur doléance nous avons traité, cas par cas et nous avons envoyé des agents de l’ANEM chargés de mener des enquêtes au niveau des Agences où sont inscrits les demandeurs d’emplois.

Après cette procédure, nous avisons les employeurs des universitaires qui devaient être pris en charge par lesdites entreprises, tandis qu’un délai de 20 jours leur sera attribué pour répondre favorablement aux requêtes de leurs recrus. Dépassant le délai fixé, nous avons le droit de saisir la justice pour rétablir les droits des universitaires embauchés par leurs employeurs », explique le téléconseiller de la cellule d’écoute de l’ANEM.

Face à l’arnaque, les métiers enseignés aux jeunes s’innovent
Pour avoir plus de chance à trouver un emploi, de plus en plus de jeunes se dirigent vers les centres de formations Professionnelles où ils apprennent les nouveaux métiers tout en bénéficiant d’un bon encadrement pour une meilleure formation et un diplôme avéré. Le répertoire des métiers de l’Audiovisuel est l’un de ces formations adéquates qui connait un engouement très important des jeunes algériens. L’audiovisuel ne cesse d’être élargi dans le monde.

On comptait, au niveau planétaire, environ 56 métiers liés à l’audiovisuel, et aujourd’hui on en compte près d’une centaine. En Algérie, la floraison d’une multitude de chaînes de télévision a donné naissance à un véritable marché concernant la formation dans ce domaine, suivi par un rush peu égalé à ces métiers de la part des jeunes, notamment désireux d’obtenir un poste dans une chaîne de télévision publique ou privée.

L’apparition de nouvelles chaînes de télévision en Algérie est donc accompagnée par une profusion d’écoles privées. Ces établissements étant conscients de la forte demande de formation dans ce domaine, sont convaincus quant aux perspectives d’un marché prometteur.

De la conception à la diffusion des programmes, avec le développement des nouvelles technologies numériques, en passant par l’infographie, le montage, le maquillage, le son, le changement est bouleversant et se résume à un rush considérable sur ces formations. Il ne passe presque pas un jour sans que les chaînes de télévision publiques et privées ne reçoivent des demandes de recrutement dans des spécialités variées…

De nombreuses filles n’hésitent pas à suivre une formation dans la spécialité maquillage devenue un véritable métier de l’audiovisuel. C’est l’exemple de Kahina, 22 ans : « J’ai suivi une formation en coiffure/ maquillage spécialement pour travailler dans une chaîne de télévision. On m’a dit que c’est un métier très sollicité dans les chaînes télévisées puisque le maquillage des personnes invitées sur des plateaux télévisés est impératif. »

Kamel, lui, âgé de 28 ans, veut se lancer dans le métier de monteur dans une chaîne de télévision : « Je n’ai pas suivi de formation dans le montage, mais j’ai appris dans le tas. J’ai commencé à travailler comme infographe.

J’ai exercé ce métier pendant quelques années, et là je me suis mis à apprendre le montage dans le but de travailler dans une chaîne de télévision. Mon travail consiste surtout à visualiser le produit apporté par le caméraman et le texte des journalistes et à choisir les images qui seront diffusées sur la chaîne de télévision en fonction du texte et de la durée de la diffusion », explique-t-il.

Les métiers de l’audiovisuel intéressent les étudiants, les stagiaires et ceux qui ne disposent d’aucune formation dans ce domaine. A l’Institut du journalisme d’Alger, de plus en plus nombreux sont les étudiants qui optent pour l’audiovisuel comme spécialité, d’après une source de cet institut.

« Il y avait, avant l’apparition des chaînes de télévision privées en Algérie, trois spécialités dans cet institut : la presse écrite, la presse audio et la presse audiovisuelle.

Frigoriste, un métier en plein envol

Un autre métier est en train de faire ses grands pas dans le marché du travail. Le « frigoriste ». A son tour, ce métier ne cesse de connaître une définition de plus en plus élargie du fait de l’essor que cette profession gagne avec la multitude de spécialités, et nécessite non seulement un savoir-faire, mais également des capacités humaines importantes.

Les Instituts nationaux spécialisés dans la formation professionnelle du froid (INSFP, ex-ITF/Institut de Technologie du Froid) assurent une formation de plus en plus évoluée pour s’adapter aux nouvelles exigences du marché et assurer la formation la plus performante possible pour les étudiants.

L’agroalimentaire, la dotation de nombreux domiciles en climatiseurs et autres aspects ont boosté ce métier devenu incontournable, notamment dans l’industrie. Les INSFP forment des techniciens et techniciens supérieurs lesquels tout au long de leur formation, se dotent de capacités professionnelles à même de répondre aux besoins de ce marché.

Le métier de frigoriste, très sollicité, gagne en importance de par son utilité. Il participe à l’étude et à la conception d’un système frigorifique et climatique, réalise les installations en froid et en climatisation, et assure et gère la maintenance des installations et équipements, nous explique-t-on dans quelques instituts nationaux spécialisés dans la formation professionnelle du froid.

Les formateurs sont conscients que le frigoriste intervient de façon importante dans l’étude et la conception, et axent une partie de leurs cours dans ce sens. « Le métier de frigoriste ne consiste pas uniquement à installer ou réparer des climatiseurs.

Hormis ce travail, il est appelé à mettre en place et entretenir une chaîne de froid dans l’agroalimentaire et autre domaine qui nécessite l’instauration du froid pour garder des produits en bon état », ajoutent-ils. Dans l’exercice de son métier, le frigoriste est appelé à avoir des contacts avec son supérieur, les fournisseurs, les clients et ses collègues.

C’est pour dire qu’il doit disposer de qualités humaines précises. Ce dont sont conscients les étudiants de ces instituts que nous avons rencontrés. « Notre mission consiste également à accompagner l’économie nationale. Nous sommes conscients de cela.

Langues, sur les traces d’un avenir sûr

La formation en Algérie qui, « jadis », se limitait parfois au souci de trouver un emploi, s’oriente, aujourd’hui, vers une autre étape, dictée par, à la fois, les besoins du marché de l’emploi, l’ambition de réussir professionnellement, et également l’ouverture de notre pays à l’économie mondiale et aux multinationales. C’est ainsi que beaucoup de jeunes étudiants ont choisi les instituts spécialisés en langues étrangères et autres centres de formation pour endosser une carrière des plus sûres.

Conscientes de cette nouvelle réalité, signe de grand intérêt, de nombreuses écoles de formation en langues étrangères ont été créées par, notamment, des particuliers. Les demandes de formation sont en nette augmentation, disent les gérants de plusieurs de ces écoles.

Les formations ouvertes à différents niveaux scolaires, ne nécessitant pas l’obtention du baccalauréat, très prisées par les jeunes en quête d’apprentissage disposent d’enseignements à plusieurs paliers.

« Une grande demande est enregistrée pour l’apprentissage des langues française espagnole et anglaise. Nous proposons une formation à plusieurs niveaux, c’est-à-dire de débutant au perfectionnement », dira le gérant d’une de ces écoles. « Il y a des gens qui n’ont aucune base en langues française et/ou anglaise. A ceux-là, nous proposons des formations de base.

D’autres qui ont des connaissances dans ces langues cherchent à perfectionner la maîtrise de ces idiomes. Nombre d’étudiants cherchent à apprendre la langue chinoise. Les profils de nos élèves sont variés : il y a des jeunes qui n’ont pas de baccalauréat, il y a également des étudiants universitaires et des cadres d’entreprises nationales », ajoute ce gérant.

« L’ouverture de l’Algérie à l’économie de marché et l’installation de multinationales ont favorisé le grand engouement pour l’apprentissage des langues étrangères enregistré ces dernières années », explique-t-il. 

« the English For The Energy Industries : Oil, Gas and Petrochemicals (anglais pour industrie de l’énergie) est l’une des filières les plus sollicitées par les jeunes cherchant une formation en langues. L’explication à cet engouement s’expliquerait par leur désir d’intégrer des multinationales installées dans notre pays, travaillant dans le secteur de l’énergie, dont le pétrole et le gaz », explique-t-on. « SBL Schhol For English » est l’une des écoles assurant cette formation.

« J’ai l’intention de postuler pour un poste dans l’une des multinationales activant dans le secteur pétrolier en Algérie, et je crois qu’une formation en anglais dans ce domaine étofferait mon curriculum vitae (CV) », dira Abdelhamid, la trentaine, ayant le niveau scolaire de 3e année secondaire.

Jardinier, un métier nouveau et altruiste

C’est avant tout un métier noble. Une formation, une histoire, une vocation. L’Institut technologique moyen agricole spécialisé (ITMAS) cumule tous ces critères. Nombreux parmi les étudiants qui optent pour cet institut le font par vocation et passion. La passion de la nature.

L’amour pour la verdure et le travail de la terre. L’ITMAS, présent dans plusieurs wilayas, dont celui se trouvant à l’intérieur du jardin d’Essai d’El Hamma (Alger) relevant, administrativement, du ministère de l’Agriculture, prodigue une formation assurée conjointement par ce département ministériel et celui de la formation professionnelle, et peut se targuer de former du personnel qualifié de par la qualité de l’enseignement théorique et l’apprentissage sur le terrain.

C’est ici que nous avons choisi pour cette édition de cibler comme formation professionnelle mise au profit des jeunes à la recherche d’une carrière des plus stables et originales. La demande de formation dans ces instituts devenant de plus en plus importante et dépassant l’offre, un concours est organisé pour l’accès. Dans les années 1980, il s’agissait de l’Institut technologique moyen agricole (ITMA).

Le concours d’accès pour la formation de technicien en horticulture ornementale et paysagisme était destiné aux élèves ayant le niveau de quatrième année moyenne. Aujourd’hui, le concours d’accès pour la formation ouvert aux élèves ayant le niveau de la terminale (3e année secondaire) ou détenteur du baccalauréat.

L’Institut de technologie moyen agricole spécialisé propose, aujourd’hui, aux élèves de la 9e année fondamentale, le diplôme de technicien adjoint en agriculture. Qu’en pensent les jeunes qui se sont inscrits à l’ITMAS ? « J’ai échoué à l’examen du baccalauréat. Je devais, donc, en attendant de repasser mon bac, suivre une formation professionnelle et j’ai choisi l’ITMAS parce que je suis un grand amoureux de la nature », nous dira un étudiant de cet institut.

C’est l’image du jeune Rafik, détenteur d’un diplôme en biologie, qui s’est faufilé dans les couloirs de l’ITMAS afin de perfectionner ses connaissances en botanique et, du coup, acquérir une nouvelle expérience qui va lui permettre d’embrasser une carrière des plus sûres en la matière.

Assoiffés par cette formation des plus nobles, les étudiants, au nombre de 70, visent loin, tout en étant fiers du parcours de leurs prédécesseurs qui ont été formés par l’ITMAS, ex-ITMA. « Plusieurs parmi de grands paysagistes du très célèbre jardin de Versailles, en France, ont été formés à l’ITMA du jardin d’Essai d’El Hamma, du temps du colonialisme », d’après un ex-fonctionnaire de l’Institut technologique moyen agricole d’Alger qui continue à venir à l’ITMAS dans un élan de notalgie et apprendre davantage sur le monde botanique qu’il offre.

« Vous savez, des séquences de films de Tarzan joués par Johnny Weissmuller, champion olympique américain de natation, ont été tournés au jardin d’Essai d’El Hamma. Jadis classé troisième plus beau jardin au monde, ce jardin a également été le lieu où ont été tournés des séquences de films de Zorro », note Rachid, ex-fonctionnaire.

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