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Op-Ed

Entre la grande bleue et la « baleine bleue »

Quand le jeu morbide “Blue Whale Challenge” dit aussi la ” baleine bleue “, faisait ses premières victimes en Algérie début 2018, un climat d’angoisse et de frayeur s’est installé au sein des foyers. Les parents craignaient fortement de voir leur progéniture s’adonner à un phénomène inventé et parrainé par des spécialistes de la psychologie du comportement pousser leurs enfants au suicide .
Quand le phénomène avait atteint son paroxysme dans le monde, on avait alors pointé du doigt les réseaux sociaux, comme étant les principaux supports et relais des tuteurs, faisant des plateformes virtuelles un terrain de chasse aussi vaste que le monde.

Aujourd’hui, la crainte du « Blue Whale Challenge » s’est dissipée, et on entend plus parler d’adolescents pendus dans leurs chambres avec l’image d’une baleine sanglante tatouée sur l’avant-bras.
Parait-il, il n’y a plus de candidats à ce jeu morbide qui aurait perdu de sa popularité et son influence suite au sursaut médiatique limitant sa propagation sur les réseaux sociaux.

Mais malheureusement, d’autres phénomènes continuent de faire des candidats au suicide parmi nos jeunes, celui de la Harga, nom dialectal donné à l’immigration clandestine, constitue en raison du nombre de victimes qu’il fait, est parmi les plus inquiétants.
Il faut cependant dire qu’entre les deux phénomènes il y a beaucoup de points communs, même si d’apparence ils sont très éloignés. D’abord les instigateurs de la Harga, tout comme les tuteurs du jeu de la baleine bleue, font usage des réseaux sociaux pour faire la promotion de leur jeu morbide. Pour les premiers, c’est un challenge pour les seconds, il peut s’agir de commerce de passeurs voire même, de complot contre les États. Mais dans les deux cas, le désespoir et l’amour du défi sont les principales motivations .

Car il faut reconnaître, que sans le désespoir et l’amour du risque, amplifié par l’effet du groupe et l’âge, il est difficile d’imaginer qu’une personne dotée d’un minimum de bon sens, songe à traverser la méditerranée en plein hiver à bord d’une embarcation de fortune sans pour autant être poussé par un sentiment plus puissant comme l’instinct de survie qu’on retrouve dans le cas des conflits armés, ce qui n’est pas le cas pour l’Algérie.

Comment sont véhiculés le désespoir et l’amour du risque ? C’est là qu’intervient l’efficacité des nouvelles technologies de l’information, nouveaux médias de masse sans contrôle ni filtre, pour véhiculer des messages au feedback aussi imprévisible que dangereux.
Comme dans le cas de la baleine bleue ou des fake-news, le phénomène de la harga dispose lui aussi d’une panoplie de pages Facebook qui opèrent un vrai travail de manipulation mentale sur les jeunes . Sur ces pages on peut distinguer facilement la subtilité des contenus pour créer une perception subjective et erronée de la réalité.
Du jeune harag qui a réussi aux blondes aux yeux bleus qui évoquent les mérites du jeune algérien viril et courageux, les futurs candidats au voyage de la mort, sont bien servis. Ces mêmes pages relaient aussi des vidéos de contestations organisées sporadiquement à l’intérieur du pays… 

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