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Nationale

Entre appétits et responsabilité

Entre appétits  et responsabilité

La visite de deux jours de travail en Algérie de la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Mme Federica Mogherini, arrivée hier à Alger, revêt une importance capitale.

En effet, il n’est pas question d’une visite protocolaire qui viendrait accompagner des échanges réguliers et établis, mais plutôt l’occasion pour la partie algérienne de présenter ses propres critiques objectives et motivées lors de cette séance d’évaluation de l’accord d’Assoiciation.

Il faut rappeler que c’est à la demande de l’Algérie que les deux partenaires ont décidé d’évaluer les résultats de dix ans de coopération dans différents secteurs depuis que l’accord signé en 2002, et mis en œuvre à partir de l’année 2005, encadre les relations UE-Algérie.

En effet, si les décideurs algériens entendent bien consolider les liens avec l’entité européenne, il n’en demeure pas moins qu’un comité interministériel chapeauté par le ministère des Affaires étrangères a été mis en place pour un audit rétrospectif et actuel des effets dudit Accord d’Association par rapport aux intérêts de l’Algérie.

Or, comme personne ne l’ignore, les dispositions essentiellement de type économiques inscrites dans les textes ont plutôt profité à l’Europe qu’à l’Algérie.

L’Algérie se rebiffe

Au point que le gouvernement algérien a dû prendre en 2010 des mesures suspensives, notamment par le gel unilatéral des concessions tarifaires accordées à l’UE dans le cadre de cet Accord d’Association. D’âpres rounds de négociation s’en sont suivis pour reporter aussi l’entrée en vigueur de la zone de libre échange à 2020 au lieu de 2017 initialement prévu.

C’est d’ailleurs cette remise en cause du partenariat asymétrique par les négociateurs algériens, s’appuyant sur des cas concrets que la partie européenne ne peut pas nier, qui a amorcé cette nouvelle démarche consistant à réviser l’esprit du texte avant de l’adapter à chaque fois que nécessaire.

La conjoncture particulière de la chute vertigineuse des prix du pétrole vient aussi rajouter des circonstances atténuantes au désengagement algérien sur la forme quand l’Algérie se défend, avec bonne foi, de vouloir reculer sur le fond en tenant à un partenariat stratégique gagnant-gagnant avec l’UE.

Le chiffre de 20 milliards de dollars USD de déficit comme manque à gagner en recettes douanières à l’horizon 2020 suffit à légitimer la protestation algérienne.

Les atouts algériens

Parce que l’Algérie est connue sur la place internationale comme un négociateur dur mais loyal. Bon payeur et respectueux de ses engagements politiques, le pays ne peut cependant pas accepter l’aliénation à un Accord d’Association qui devait partager les dividendes, mais aussi conduire implicitement à des ajustements structurels susceptibles d’autoriser une adhésion bien préparée à l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce.

Une adhésion qui ne semble pas intéresser l’UE, illustrant l’asymétrie des bénéfices après dix ans d’association et le décalage des intérêts qui contredisent le principe même de l’accord.

Cependant, si le plaidoyer d’Alger comporte des chapitres de faiblesse dans le domaine économique en raison de la vulnérabilité de son système adossé à la rente pétrolière, la politique étrangère algérienne détient tout de même des cartes à faire valoir : son rôle de puissance régionale pacificatrice comme allié objectif de l’Europe, voisine menacée par l’instabilité des pays de la sous-région.

L’expertise algérienne dans la lutte antiterroriste pèse aussi énormément dans les relations extérieures de l’Algérie avec les pays de l’UE qui savent comment la puissance, régionale qu’est devenue l’Algérie sans aucune arrogance a pu vaincre le terrorisme par ses propres moyens.

L’UE mesure aussi le rayonnement algérien au niveau des instances internationales et le succès de la doctrine portée par l’Algérie quant au respect inconditionnel de la souveraineté des Etats.

Ce n’est pas un hasard si l’UE a longtemps insisté pour que l’Algérie s’inscrive dans la PEV, la politique européenne de voisinage tandis qu’Alger, sur ce dossier encore, exige une approche plus ouverte basée sur la non-ingérence dans les affaires d’Etats tiers. Frederica Mogherini aura donc à équilibrer son appréhension de la coopération de l’UE avec l’Algérie.

Un subtil compromis entre les intérêts économiques et le partenariat politique stratégique en ces temps troubles où s’échouent des centaines de milliers de migrants victimes des échanges économiques nord-sud criminels.

La visite de deux jours de travail en Algérie de la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Mme Federica Mogherini, arrivée hier à Alger, revêt une importance capitale.

En effet, il n’est pas question d’une visite protocolaire qui viendrait accompagner des échanges réguliers et établis, mais plutôt l’occasion pour la partie algérienne de présenter ses propres critiques objectives et motivées lors de cette séance d’évaluation de l’accord d’Assoiciation.

Il faut rappeler que c’est à la demande de l’Algérie que les deux partenaires ont décidé d’évaluer les résultats de dix ans de coopération dans différents secteurs depuis que l’accord signé en 2002, et mis en œuvre à partir de l’année 2005, encadre les relations UE-Algérie.

En effet, si les décideurs algériens entendent bien consolider les liens avec l’entité européenne, il n’en demeure pas moins qu’un comité interministériel chapeauté par le ministère des Affaires étrangères a été mis en place pour un audit rétrospectif et actuel des effets dudit Accord d’Association par rapport aux intérêts de l’Algérie. Or, comme personne ne l’ignore, les dispositions essentiellement de type économiques inscrites dans les textes ont plutôt profité à l’Europe qu’à l’Algérie.

L’Algérie se rebiffe

Au point que le gouvernement algérien a dû prendre en 2010 des mesures suspensives, notamment par le gel unilatéral des concessions tarifaires accordées à l’UE dans le cadre de cet Accord d’Association. D’âpres rounds de négociation s’en sont suivis pour reporter aussi l’entrée en vigueur de la zone de libre échange à 2020 au lieu de 2017 initialement prévu.

C’est d’ailleurs cette remise en cause du partenariat asymétrique par les négociateurs algériens, s’appuyant sur des cas concrets que la partie européenne ne peut pas nier, qui a amorcé cette nouvelle démarche consistant à réviser l’esprit du texte avant de l’adapter à chaque fois que nécessaire.

La conjoncture particulière de la chute vertigineuse des prix du pétrole vient aussi rajouter des circonstances atténuantes au désengagement algérien sur la forme quand l’Algérie se défend, avec bonne foi, de vouloir reculer sur le fond en tenant à un partenariat stratégique gagnant-gagnant avec l’UE. Le chiffre de 20 milliards de dollars USD de déficit comme manque à gagner en recettes douanières à l’horizon 2020 suffit à légitimer la protestation algérienne.

Les atouts algériens

Parce que l’Algérie est connue sur la place internationale comme un négociateur dur mais loyal. Bon payeur et respectueux de ses engagements politiques, le pays ne peut cependant pas accepter l’aliénation à un Accord d’Association qui devait partager les dividendes, mais aussi conduire implicitement à des ajustements structurels susceptibles d’autoriser une adhésion bien préparée à l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce.

Une adhésion qui ne semble pas intéresser l’UE, illustrant l’asymétrie des bénéfices après dix ans d’association et le décalage des intérêts qui contredisent le principe même de l’accord.

Cependant, si le plaidoyer d’Alger comporte des chapitres de faiblesse dans le domaine économique en raison de la vulnérabilité de son système adossé à la rente pétrolière, la politique étrangère algérienne détient tout de même des cartes à faire valoir : son rôle de puissance régionale pacificatrice comme allié objectif de l’Europe, voisine menacée par l’instabilité des pays de la sous-région.

L’expertise algérienne dans la lutte antiterroriste pèse aussi énormément dans les relations extérieures de l’Algérie avec les pays de l’UE qui savent comment la puissance, régionale qu’est devenue l’Algérie sans aucune arrogance a pu vaincre le terrorisme par ses propres moyens.

L’UE mesure aussi le rayonnement algérien au niveau des instances internationales et le succès de la doctrine portée par l’Algérie quant au respect inconditionnel de la souveraineté des Etats. Ce n’est pas un hasard si l’UE a longtemps insisté pour que l’Algérie s’inscrive dans la PEV, la politique européenne de voisinage tandis qu’Alger, sur ce dossier encore, exige une approche plus ouverte basée sur la non-ingérence dans les affaires d’Etats tiers. Frederica Mogherini aura donc à équilibrer son appréhension de la coopération de l’UE avec l’Algérie.

Un subtil compromis entre les intérêts économiques et le partenariat politique stratégique en ces temps troubles où s’échouent des centaines de milliers de migrants victimes des échanges économiques nord-sud criminels.

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