Enseignement supérieur : Le pari du double diplôme algéro-allemand
Changer d’échelle pour gagner en visibilité, c’est l’ambition affichée par l’Université d’Alger 1, qui s’engage aux côtés de l’Université publique allemande de Jade dans un partenariat fondé sur les doubles diplômes, la mobilité des étudiants et la recherche collaborative. Un pas de plus vers une université algérienne tournée vers les standards internationaux.
Dans ce cadre, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a reçu, ce lundi, le Pr Manfred Wessens, président de l’Université de Jade (Jade Hochschule), université publique allemande implantée dans le Land de Basse-Saxe, accompagné du vice-président de l’établissement ainsi que de trois doyens, en vue de concrétiser un nouveau partenariat.
Une nouvelle page de la coopération universitaire algéro-allemande s’écrit ainsi avec le rapprochement entre l’Université d’Alger 1 Benyoucef-Benkhedda et l’Université publique de Jade, autour de la mobilité, de la recherche et de la formation.
Cette coopération repose, avant tout, sur « la mise en place d’un programme conjoint de double diplôme ». Les étudiants engagés dans ce cursus pourront ainsi obtenir un diplôme reconnu à la fois par l’université algérienne et son partenaire allemand. Un tel dispositif implique des parcours de formation harmonisés, des périodes de mobilité dans les deux établissements et un accompagnement académique partagé, avec pour ambition de rapprocher les standards pédagogiques des deux universités.
L’accord ne se limite toutefois pas à la délivrance de diplômes. Il dessine un cadre plus large de coopération scientifique, prévoyant l’organisation de colloques, la réalisation de projets de recherche communs ainsi que le renforcement des échanges entre enseignants-chercheurs, selon les informations communiquées.
A l’intersection de la santé et des technologies de l’information, la Jade Hochschule propose une offre académique moderne. Le modèle des Hochschulen allemandes excelle, aux yeux de nombreux spécialistes, dans l’intégration des compétences en gestion des risques, en planification et en études de marché, autant de piliers indispensables à la formation des futurs entrepreneurs.
Ce partenariat intervient alors que l’Université d’Alger 1 multiplie les accords stratégiques, conformément à la vision de « l’Université de quatrième génération » portée par le ministère de tutelle. A titre d’exemple, des conventions ont été conclues avec Merinal, Janssen et Roche dans le domaine pharmaceutique, avec l’UNCC et l’ANADE pour favoriser l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat, ainsi qu’avec Huawei Consortium Algérie afin de renforcer les formations en informatique. L’établissement a également développé sa coopération internationale à travers un partenariat médical avec l’Université de Zhejiang, en Chine.
L’objectif est de tisser un vaste réseau de coopérations avec des établissements étrangers afin de renforcer la visibilité de l’université algérienne sur la scène internationale et de favoriser la circulation des savoirs et des compétences. Dans cette même dynamique, le programme « Study in Algeria » (Étudiez en Algérie) est présenté comme l’une des vitrines de cette politique d’ouverture, servant de levier de soft power pour accroître le rayonnement international de l’enseignement supérieur algérien, notamment en Afrique et dans le monde arabe.
Cette nouvelle coopération intervient dans le sillage de la création récente du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, organe consultatif rattaché directement à la présidence de la République. Sa mission consiste à mobiliser l’expertise des chercheurs, ingénieurs et médecins de la diaspora afin de l’intégrer aux projets nationaux de développement et d’innovation. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, dirigé par Kamel Baddari, constitue le principal maître d’œuvre de cette initiative présidentielle.