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Nationale

Enseignement : Plaidoyer pour une mise à niveau de deux mois

Enseignement : Plaidoyer pour une mise à niveau de deux mois

Après les décisions prises par le Conseil des ministres, les spécialistes de l’éducation émettent d’ores et déjà leurs craintes quant à la reprise des cours prévue en octobre prochain. Après une rupture aussi longue avec les bancs et l’enseignement, une phase de mise à niveau d’une période de deux mois s’imposerait pour que les élèves puissent assimiler leurs cours.

C’est ce qu’a indiqué ce lundi le président de la Forem , Mustapha Khiati lors de son passage sur les ondes de la radio nationale.

« La plupart des classes d’examens s’attendaient à la décision de l’ajournement des examens jusqu’à mi-septembre. Cependant, ce qui nous inquiète, c’est le problème de la reprise au mois d’octobre prochain pour les élèves après sept mois de rupture d’enseignement », a indiqué Khiati.

Une durée qui , selon lui, équivaut à une année pédagogique, et pourrait compliquer la prise en charge des élèves sur le plan de la formation, notamment pour les classes dites charnières ( la première année moyenne et la première année secondaire).

Le président de la FOREM estime dans ce sens que ces classes charnières qui connaissent habituellement un taux de redoublement plus élevé au regard des autres classes, risqueront éventuellement de souffrir d’un problème lié à la surcharge due au nombre croissant des élèves, d’autant plus que l’examen de la cinquième de l’année en cours a été annulé. Cette situation est à l’origine de problème du cumul de non-savoir et de non-assimilation des cours, explique le spécialiste, préconisant « une phase de remise niveau et de rappel au début de la reprise des cours ».

L’invité de la rédaction de la chaine « 3 » précise qu’il faudrait mettre en place une véritable stratégie de mise à niveau adaptée aux matières scientifiques et de réflexion , dont les élèves éprouvent des difficultés de compréhension. Cette stratégie est nécessaire si on veut éviter d’affecter davantage le niveau scolaire des élèves et ne pas se contenter d’évaluer leur aptitude de passage d’un niveau à un autre sur la base des moyennes obtenues à l’issue des deux trimestres.

Et d’alerter : « il faut absolument faire des rappels en consacrant une phase de deux mois pour reprendre pratiquement l’ensemble des cours ratés pendant la période du confinement. Autrement des résultats vont être catastrophiques en juin 2021 ».

Rappelant le taux de déperdition scolaire, M Khiati a qualifié ce taux de « très important » et à défaut d’une prise en charge à temps des élèves, ces chiffres sont appelés à augmenter encore l’année prochaine.

Concernant l’utilité du maintien de l’examen de la cinquième année, ou sa suppression définitive du système de l’éducation, M Khiati considère que les points de vue des pédagogues divergent sur cette question , relevant qu’une telle décision devrait intervenir sur la base d’une évaluation et d’une réflexion globale. Selon lui, les pédagogues doivent prendre en considération l’âge et le moment opportun pour évaluer. « Cette évaluation ne doit pas être celle d’une sanction, mais plutôt une évaluation qui visera à encourager et à aider l’enfant scolarisé, ” a estimé le président du Forem.

A propos du baccalauréat, M Khiati s’est interrogé sur le maintien de cet examen tel qu’il est conçu aujourd’hui, qualifiant d’ineptie l’importation « à la lettre » du modèle français. Il suggère à ce titre qu’au bout de trois ans d’une bonne formation secondaire, on pourrait prendre en considération l’évaluation de tout ce cursus au lieu de se fier aux résultats des trois journées d’examen de baccalauréat comme c’est le cas actuellement.

Il a également mis l’accent sur l’importance de la refonte de l’apprentissage des matières essentielles, en fonction des filières ainsi que sur la formation des formateurs et enseignants.

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