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Nationale

Enseignement de l’espagnol : Des diplômés exclus du recrutement

Enseignement de l’espagnol : Des diplômés exclus du recrutement
Une langue mise à l’écart. 

La colère gronde chez les diplômés de la filière de la langue espagnole. Dans plusieurs wilayas du pays, ces jeunes universitaires dénoncent ce qu’ils qualifient de mise à l’écart progressive d’un enseignement pourtant ancien dans le système éducatif. Pour cause, la réduction des classes, la suppression des postes et l’absence quasi- totale d’opportunités de recrutement.

Dans une lettre adressée aux responsables du secteur de l’éducation, ces diplômés s’estiment pleinement qualifiés pour exercer le métier d’enseignant, notamment après plusieurs années de formation universitaire, axée aussi bien sur les volets pédagogique que scientifique. Pourtant, ces dernières années, la langue espagnole semble avoir perdu sa place, notamment dans le cycle secondaire, seul véritable débouché professionnel pour cette spécialité.

 

Le dernier concours de recrutement des enseignants a accentué le malaise. Selon les diplômés concernés, la majorité des wilayas n’a ouvert aucun poste pour la langue espagnole, les privant même de la possibilité de s’inscrire au concours. Une situation vécue comme une injustice profonde, d’autant plus que le recours à la complémentation de service reste, dans de rares cas, l’unique alternative proposée, sans offrir ni stabilité professionnelle ni perspectives de carrière.

Les diplômés soulignent également l’absence d’alternatives professionnelles hors du secteur de l’éducation. « La langue espagnole ne dispose pratiquement d’aucun autre champ d’insertion », affirment-ils.

Certains rappellent avoir suivi des modules en langue arabe et en traduction, sans que cela ne leur ouvre pour autant l’accès à d’autres cycles d’enseignement, y compris le primaire. Résultat : des centaines de diplômés se retrouvent au chômage, malgré leur qualification.

Autre point soulevé par les protestataires, celui de la poursuite de l’ouverture d’écoles supérieures et la formation continue de nouveaux étudiants dans la même spécialité, alors même que les postes permanents font défaut pour absorber les promotions précédentes. Une contradiction que les concernés considèrent comme un dysfonctionnement dans la planification éducative et un gaspillage manifeste de compétences nationales.

Face à cette situation, les diplômés de langue espagnole appellent les pouvoirs publics, notamment le ministère de l’Éducation nationale, à reconsidérer la place de cette discipline dans le système éducatif. Ils réclament l’ouverture de postes permanents, la réintégration effective de la langue espagnole dans le cycle secondaire, et l’abandon de la complémentation de service comme solution unique.

Ils interpellent également le président de la République algérienne, espérant une prise en charge de leur dossier au nom de l’équité et de la justice pédagogique.

Pour ces diplômés, il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’un droit. « Le droit au travail est un droit constitutionnel », rappellent-ils, appelant à sauver la spécialité de langue espagnole et à garantir leur droit à une insertion professionnelle digne.

Unis par une seule revendication, ces diplômés espèrent que leur cri de détresse fera enfin réagir les hautes autorités du pays.



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