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Nationale

Enseignement de l’anglais au primaire : Les syndicats prudents

Enseignement de l’anglais au primaire : Les syndicats prudents

De nouveau, la révision des programmes scolaires et l’intégration de l’anglais dans le cycle primaire, ainsi que d’autres chantiers, à l’instar de l’allègement du cartable et du statut de l’enseignant, reviennent au-devant de l’actualité du secteur de l’éducation. 

Lors du Conseil des ministres tenu dimanche, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné des instructions concernant le secteur de l’éducation. Il a souligné « la nécessité de réviser les programmes éducatifs, en interdisant strictement la révision des programmes au cours des saisons scolaires ». 

Tebboune a également donné des instructions pour adopter la langue anglaise à partir du cycle primaire, et ce après une étude approfondie menée par des experts et des spécialistes. Le statut de l’enseignant a également été évoqué.

Le chantier qui attend, en effet, le ministre de l’Education, Abdelhakim Belabed, est très large et nécessite plusieurs années avant que l’on puisse voir les premiers résultats. Quels sont les projets de réforme par lesquels on peut commencer dans l’immédiat ? Sont-ils vraiment réalisables sur le terrain ? Quelque peu pessimiste, le président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, a qualifié les instructions du président de la République d’effets annonce car elles sont, selon lui, irréalisables sur le terrain. 

Contacté par le Jeune Indépendant, le porte-parole du SATEF a soutenu que « vouloir intégrer » la langue de Shakespeare dans le programme du primaire est une possibilité qui nécessite du temps, des moyens et des outils pédagogiques adéquats, lesquels seront difficiles à mettre à la disposition du système éducatif immédiatement. « L’introduction de l’anglais au primaire est une bonne chose mais on ne peut pas l’appliquer tout de suite sur le terrain », a-t-il affirmé. 

Pour plus de précision, M. Amoura a fait savoir que l’enseignement de l’anglais nécessite, entre autres, le recrutement de pas moins de 20 000 enseignants, ce qui, à l’heure actuelle, est impossible. Il faut également mettre à la disposition des écoles des supports pédagogiques et des laboratoires de langues. « Son introduction doit être progressive et mûrement étudiée », a-t-il insisté. M. Amoura trouve, d’ailleurs, que la question de l’enseignement des langues en général à l’école pose un problème de fond auquel il faudrait réfléchir. Il ne comprend pas « le niveau faible » des élèves en langues française et anglaise après avoir pourtant suivi des cours durant une dizaine d’années. « Beaucoup d’élèves ne maîtrisent pas encore le français et l’anglai », a-t-il souligné.  

Pour lui, il faut absolument créer un environnement propice pour promouvoir l’enseignement des langues sur de bonnes bases. Il dit falloir impérativement former les enseignants et mettre à la disposition des écoles des matériels pédagogiques pour une meilleure formation linguistique. 

Pour ce qui est de la révision des programmes, qui fait partie des revendications de l’ensemble des syndicats du secteur, le syndicaliste s’est montré, une fois encore, pessimiste à ce sujet. Il a affirmé qu’il est impossible de procéder à une révision des programmes au sens propre du terme, soulignant que le SATEF, en tant que partenaire social, a toujours revendiqué une refonte radicale des programmes, chose qui ne peut être réalisé tout de suite mais qui nécessite une volonté de la part des pouvoirs publics. « Nous avons formulé beaucoup de propositions depuis l’époque de Benbouzid mais celles-ci n’ont pas été prises en compte », a-t-il indiqué.

Selon lui, il faut évacuer l’idéologie et la politique de l’école algérienne. « Les syndicats ont beaucoup de choses à proposer pour arriver à une réelle réforme du secteur », a affirmé le syndicaliste. 

Concernant le statut de l’enseignant, M. Amoura a fait savoir que ce dernier n’existe pas car « nous avons un statut de travailleur de l’éducation. Toutefois, si l’on a l’intention de le créer, a-t-il dit, cela risque de créer de la zizanie et de l’anarchie au sein des travailleurs du secteur. Pour sa part, le syndicaliste et pédagogue Nabil Ferguenis a estimé que l’enseignement de l’anglais au cycle primaire est une bonne chose, seulement, « il est primordial de rouvrir les instituts technologiques de l’éducation (ex-ITE) parce que sans formation, nous tournerons toujours dans un cercle vicieux. 

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