Enseignants chercheurs-doctorants : Nouvelle cartographie des stages à l’étranger
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a adopté un nouveau dispositif régissant les stages de perfectionnement et les résidences scientifiques à l’étranger au profit des enseignants-chercheurs et des doctorants. Ce nouveau cadre accorde une priorité particulière aux programmes liés aux domaines d’excellence et à l’apprentissage de l’anglais dans les pays anglophones.
Cette mesure intervient à la suite d’une série de rencontres et de consultations avec les représentants syndicaux du secteur. Elle a été formalisée par le décret n°345 du 9 mars 2026, qui définit les nouvelles modalités d’accès aux programmes de mobilité scientifique et de perfectionnement à l’étranger.
Selon le texte, les programmes de mobilité scientifique de courte durée seront désormais orientés en priorité vers les domaines d’excellence nécessitant l’utilisation d’équipements scientifiques lourds ou de technologies de pointe indisponibles en Algérie.
Ces séjours scientifiques peuvent également être organisés dans le cadre de travaux d’expertise, d’expérimentations scientifiques, de prélèvements d’échantillons ou encore pour l’utilisation de matériaux rares indispensables à certaines recherches.
Ils s’inscrivent aussi dans la mise en œuvre d’accords internationaux liés aux formations conjointes ou aux projets de recherche avancés, nécessitant exceptionnellement une présence à l’étranger afin d’acquérir des compétences scientifiques supplémentaires.
Dans certaines disciplines, notamment les sciences humaines et sociales innovantes, ces séjours visent également à combler les lacunes existant au niveau national et à favoriser l’acquisition de nouvelles compétences, notamment linguistiques.
Le nouveau dispositif prévoit également la mise en place d’un programme spécial de stages de perfectionnement à l’étranger, destiné à contribuer à la réalisation des objectifs stratégiques du secteur de l’enseignement supérieur.
Ce programme permettra de définir les domaines de formation prioritaires, les conditions de candidature ainsi que les modalités de restitution scientifique à l’issue du séjour.
L’objectif affiché par le ministère est de renforcer la formation dans les domaines prioritaires, d’encourager la publication scientifique dans les revues internationales indexées et d’améliorer la visibilité internationale des universités et centres de recherche algériens.
L’anglais au cœur des priorités
Le nouveau texte met clairement l’accent sur la promotion de l’enseignement et de la recherche en langue anglaise. Les programmes de formation à l’étranger privilégieront ainsi les séjours dans les pays anglophones ou les formations dispensées en anglais, toutes disciplines confondues.
L’objectif est de permettre aux chercheurs algériens d’améliorer leur maîtrise de cette langue devenue incontournable dans la production scientifique internationale, mais aussi d’acquérir de nouvelles méthodes de gestion, de gouvernance et de recherche conformes aux standards internationaux.
Le décret précise également la répartition des quotas des programmes de perfectionnement à l’étranger. Ainsi, 90 % des places seront consacrées aux stages de perfectionnement, dont 80 % destinées aux enseignants-chercheurs, enseignants hospitalo-universitaires et chercheurs permanents dans le cadre du programme spécial mis en place par le ministère.
Par ailleurs, 10 % de ces stages seront réservés au personnel administratif et technique des institutions relevant du ministère. Les 10 % restants concerneront les résidences scientifiques de haut niveau de courte durée, la participation aux conférences internationales indexées dans la base de données Web of Science (WOS), ainsi que les stages destinés aux doctorants et aux étudiants inscrits dans des formations internationales conjointes.
Le dispositif prévoit également l’élaboration d’un plan annuel de mobilité internationale, établi par chaque établissement universitaire en fonction de ses besoins et de ses priorités scientifiques.
Les programmes seront ouverts chaque année via une plateforme numérique dédiée. Les étudiants inscrits en doctorat ou en deuxième année de master dans le cadre de formations internationales conjointes pourront également bénéficier de ces programmes, selon les modalités définies par leurs établissements d’inscription.
Enfin, le nouveau cadre introduit des mécanismes de sélection basés sur la transparence et la compétitivité. Les dossiers des candidats seront examinés par les conseils scientifiques et des commissions spécialisées sur la base de grilles d’évaluation précises.