Enquêtes sur les logements sociaux à Tizi Ouzou : Un dossier explosif
Bon nombre de logements sociaux attribués à Tizi Ouzou au cours de ces cinq dernières années ne sont pas occupés par leurs bénéficiaires. Des commissions d’enquête diligentées sont à pied d’œuvre pour faire la lumière sur cette situation.
Depuis l’année 2020 à ce jour, les pouvoirs publics ont procédé à l’attribution de plus 17 600 logements sociaux, ce qui est énorme. En dépit de ce nombre important de logements attribués, beaucoup de familles, pourtant dans le besoin, n’ont toujours pas de toit.
Cela semble paradoxal par rapport à l’effort fourni par l’Etat en vue de garantir un logement social pour toutes les familles qui sont dans le besoin. En réalité, si cette crise de logement persiste c’est parce que les règles d’attribution n’ont pas été respectées. Autrement dit, des individus qui ne sont pas dans le besoin d’un logement social, par quelque subterfuge, en ont bénéficié en raison, dit-on, de la complaisance de certains fonctionnaires. Une situation moralement condamnable. C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de remédier à cette situation qui a trop duré. Autrement dit, la décision arrêtée par le gouvernement est la récupération de tous les logements sociaux attribués mais ne sont pas occupés par leurs bénéficiaires.
Selon des concordantes et proches de ce dossier, l’OPGI de Tizi Ouzou a mis sur pied des commissions d’enquête dont les membres sillonnent toutes localités ayant joui de ce type de logement pour vérifier s’ils sont occupés ou non. Le constat établi sera mentionné sur un procès-verbal. Les mêmes sources indiquent encore que ces enquêtes porteront aussi sur les logements squattés. Ceux-ci seront récupérés par l’Etat même s’ils sont occupés depuis plusieurs années.
Les pratiques d’attribution des logements sociaux à des personnes qui ne sont pas dans le besoin ont connu leur paroxysme au cours de la première décennie de ce nouveau siècle. Au cours de cette période, la corruption, à l’origine de cette situation, se pratiquait au su et au vu de tous. A présent que l’Etat compte faire régner l’ordre et une réelle justice sociale, il y a lieu de s’attendre à ce que les masques tombent. Les sanctions aussi. Un bénéficiaire d’un logement social et qui n’est pas dans le besoin a dû avoir recours à une fausse déclaration sur l’honneur, ce qui est puni par la loi.
Sur un autre volet, il est à se demander comment les commissions de daïra et APC ont pu se tromper sur cette multitude de cas. Il y a lieu de noter, par ailleurs, que beaucoup des bénéficiaires de ces logements sociaux ont passé en location leurs logements. La location d’un logement composé de 4 pièces à Tizi Ouzou-ville et sa périphérie coûte 2500 DA par mois. Il est vrai aussi que d’autres bénéficiaires utilisent ces logements mal acquis comme résidence secondaire.