Plus d’un demi million d’emplois perdus depuis le début de la pandémie
Attendus pour le mois de janvier, les résultats de l’enquête sur l’impact de la crise sanitaire sur les ménages et les entreprises algériennes n’ont toujours pas été communiqués, alors qu’une étude préliminaire a fait état de la perte d’un demi-million d’emplois.
La crise sanitaire causée par la propagation du coronavirus a mis à mal les économies de tous les pays, même les plus puissantes. Pour faire face à l’évolution de la pandémie, des mesures de restriction d’activités économique et sociale ont été adoptées un peu partout dans le monde. L’Algérie, qui a enregistré le premier cas de Covid-19 le 25 février 2020, a commencé, depuis cette date, à prendre des mesures exceptionnelles pour lutter contre la propagation de ce virus.
Si ces mesures sont justifiées sur le plan sanitaire, elles constituent un fardeau sur les chefs d’entreprises, notamment ceux qui ont eu à gérer une situation inédite. En effet, des mesures drastiques de contrôle se sont multipliées.
Confinement, arrêt de plusieurs activités, fermeture des commerces…Les conséquences de ces mesures restrictives, qui ont duré plusieurs mois, ont eu un effet dévastateur sur l’économie du pays. Les entreprises, déjà fragilisées, parlent d’une perte de chiffre d’affaires dépassant les 50%. Se trouvant dans l’incapacité de supporter les charges salariales, certaines entreprises ont sacrifié leurs employés et plusieurs d’entre elles ont mis la clé sous le paillasson.
L’accompagnement des pouvoirs publics est pointé du doigt. Nombreux sont les chefs d’entreprises, commerçants et artisans à estimer que les mesures d’accompagnement décidées par les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur des difficultés auxquelles ils font face.
Des appels à l’accompagnement des entreprises ont été lancés à maintes reprises, notamment par la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC). Son président, Mohamed Sami Agli, avait appelé à l’adoption d’un plan de sauvetage urgent en faveur des entreprises du pays face aux conséquences de la crise sanitaire liée à la Covid-19, afin de permettre aux entreprises de poursuivre leur activité économique mais aussi de préserver les emplois.
Les ménages algériens ont aussi été touchés de plein fouet par cette crise sanitaire, notamment les plus modestes. Le chômage a également grimpé durant cette crise sanitaire. En effet, d’après des études préliminaires, l’épidémie du coronavirus a entraîné la perte de 500 000 emplois en Algérie. Selon Mohamed Cherif Benmihoub, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Prospective, le secteur le plus touché est celui des services de base, restaurants et cafétérias, qui emploie beaucoup de monde. Se fiant aux données de l’Office national des statistiques, la chute des activités dans ce secteur avoisine les 88%. Le deuxième secteur très impacté est le BTPH, avec une baisse d’activité de 20 à 25%.
Cependant, l’impact réel de la crise sanitaire n’a pas encore été identifié, d’autant que les résultats de l’enquête lancée par le gouvernement, le mois de décembre passé, ne sont toujours pas connus. Attendus pour le mois de janvier, ces résultats tardent à voir le jour.
«Une enquête destinée à évaluer les impacts de la crise sanitaire de la Covid-19 sur les entreprises et les ménages sera lancée fin décembre. Les premiers résultats seront disponibles en janvier prochain», avait déclaré le ministre délégué chargé de la Prospective. Elle concerne un échantillon : 15 000 ménages et 15 000 entreprises.