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Nationale

Enquête sur les moines de Tibehirine : Paris satisfaite

Enquête sur les moines de Tibehirine : Paris satisfaite

A Alger depuis le 15 octobre passé, le juge Marc Trévidic et son équipe, chargés de mener des investigations sur l’assassinat en 1996 des sept moines trappistes de Tibhirine par le GIA, ont bouclé leur enquête avec un satisfécit.

Le ministre français des Affaires étrangères et le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay ont fait part, avant-hier, de leur satisfaction du travail accompli par les juges d’investigations qui s’est déroulé dans des conditions « satisfaisantes » et des moyens mis à leur disposition par les autorités judiciaires algériennes. Le déplacement en Algérie des juges français qui enquêtent sur la mort en 1996 des moines trappistes de Tibhirine « s’est passé dans des conditions satisfaisantes », a estimé, vendredi passé, le ministère français des Affaires étrangères.

Ces déclarations des officiels français sont un camouflet aux propos tenus par des membres des familles des moines qui ont accusé les enquêteurs algériens de faire obstacle à leurs homologues français. Des déclarations qui interviennent aussi suite à la montée au créneau d’une de quelques médias français contre Alger en lui imputant le fait de ne pas partager, avec la partie française, les preuves sur les conditions de l’exécution des sept moines.

Des accusations gratuites qui visent à faire renaître le doute sur cette affaire, voire à accuser les forces de sécurité algériennes d’être derrière la mort des moines. Certaines voix en France accusent l’Armée nationale populaire (ANP).

Pourtant, la vérité a été à maintes reprises révélée à l’opinion nationale et internationale, avec à la clé les témoignages d’ex-terroristes qui faisaient partie de l’ex-GIA qui ont avoué que ce sont les terroristes de cette nébuleuse qui avaient enlevé et décapité les moines français. Mieux, Abdelhak Laâyada, ex-chef du GIA, avait à son tour révélé que c’est cette organisation criminelle qui avait assassiné les sept moines.

Avec autant de preuves et de témoignages, c’est faire preuve d’extravagance que d’accuser l’Etat algérien d’être derrière cette affaire. Pour sa part, le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay, Alexandre Giorgini, s’est félicité avant-hier de l’accueil réservé à l’équipe de juges français à Alger. « Il y a lieu de remercier les autorités de l’accueil qu’elles lui ont réservé et des moyens mis à sa disposition », s’est félicité Alexandre Giorgini.

Pour rappel, après des mois d’attente et de négociations entre Alger et Paris, les juges français Marc Trévidic et Nathalie Poux ainsi que d’autres magistrats se sont rendus la semaine dernière en Algérie, où ils ont assisté à l’exhumation des crânes des religieux assassinés en 1996. L’Algérie a cependant refusé que les magistrats français repartent avec les échantillons des prélèvements effectués sur les crânes, ce qui a suscité la colère des familles qui ont dénoncé « une confiscation des preuves ».

Pour les autorités algériennes, il ne s’agit pas d’une confiscation des preuves, mais la loi juridique algérienne ne permet pas que des échantillons de prélèvements réalisés sur des dépouilles soient transférés hors de son territoire. De son côté, le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh, a affirmé jeudi dernier que la justice algérienne « accomplit son travail normalement ».

Avant d’ajouter que « Des procédures judiciaires ont été prises, sont respectées et suivies conformément à la loi au niveau du juge d’instruction chargé de l’affaire. Un juge algérien se trouve actuellement en France dans le cadre d’une commission rogatoire. » Pour rappel, les sept moines trappistes avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans le monastère où ils avaient choisi de demeurer malgré les risques liés aux activités des groupes terroristes du GIA, et que seules leurs têtes avaient été retrouvées et inhumées sur le site du monastère.

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