Tebboune en Russie: Enjeux et leçons d’une visite – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Tebboune en Russie: Enjeux et leçons d’une visite

Tebboune en Russie: Enjeux et leçons d’une visite

La visite d’Etat du président de la République Abdelmadjid Tebboune en Russie revêt un caractère politique et géostratégique indéniable. Elle est lourde de sens et apporte des éclairages importants sur la vision de l’Algérie sur les affaires du monde et les conflits ou tensions qui agitent la planète.

D’aucuns des observateurs soulignent encore la dimension historique des relations diplomatiques entre les deux pays, ainsi que la profondeur des échanges commerciaux, notamment en matière de défense et d’achats d’armement.

Bien que ces relations bilatérales soient bien ancrées, elles sont restées souvent loin des aspirations et des espoirs. Pourtant des délégations de haut niveau venaient et revenaient entre Moscou et Alger, des rencontres et des entretiens ont eu lieu, mais l’intensité et le volume des échanges n’ont pas évolué d’une manière significative. D’ailleurs, des visites de délégations sont passées inaperçues, sans éclats. Depuis plus de quatre ans, ces relations étaient ternes, comme figées ou bloquées, accentuées également par la guerre en Ukraine et ses conséquences immédiates sur la scène internationale.

Cette visite de Tebboune va sans doute apporter le dynamisme économique que cherchaient les patronats des deux pays et influer durablement sur les relations bilatérales. Avec la signature de la Déclaration de « partenariat stratégique approfondi », c’est pratiquement un fort signal pour un nouveau départ dans cette coopération.

Pour les observateurs, Tebboune a voulu au cours de son séjour à Moscou signifier que l’Algérie est souveraine dans ses choix stratégiques et qu’elle assume clairement et ouvertement ses options, là où se trouvent ses intérêts. Il ne s’agit nullement d’alignement politique favorable à la Russie, pour preuve sa disponibilité à œuvrer à une médiation entre Moscou et Kiev pour mettre fin au conflit armé.

Il ne s’agit pas d’une préférence symbolique pour un Etat ou pour une puissance, mais d’une politique algérienne de diversification des partenaires économiques, puisque cette visite s’inscrit en droite ligne dans l’agenda du président Tebboune, comme il l’a démontré avec les accords signés en Italie et au Portugal et prochainement lors de sa visite en Chine.

Il est évident que Moscou et Alger partagent les mêmes préoccupations, les mêmes positions par rapport à des questions internationales cruciales, d’où cette convergence diplomatique dans les visions et les démarches sur des dossiers majeurs de l’actualité internationale en Afrique, au Moyen Orient ou ailleurs.

Fidèle à ses traditions de non-alignement, l’Algérie est restée à équidistance entre Moscou et les Occidentaux qui soutiennent le régime de Kiev et qui ont lancé une véritable guerre économique contre les intérêts russes, notamment l’embargo sur le pétrole et le gaz russes. Depuis plusieurs mois, Tebboune a réitéré à plusieurs reprises que la Russie, les États-Unis, la Chine et les pays européens étaient des pays amis de l’Algérie.

Concrètement, les observateurs estiment que les enjeux économiques étaient également au rendez vous. Les deux pays veulent élargir leur partenariat à d’autres domaines, en témoigne ce forum d’affaires en présence de 70 opérateurs algériens et 200 hommes d’affaires russes. Des segments économiques captent l’intérêt, comme l’industrie mécanique et automobile, l’industrie pharmaceutique, le transfert technologique, l’agriculture, l’agroalimentaire, le développement scientifique, le tourisme.

 « Vous êtes devant de réelles opportunités pour explorer les possibilités d’intégration économique dans de nombreux domaines », a dit le président Tebboune aux opérateurs algériens et russes.

Enfin, Alger compte beaucoup sur Moscou pour l’aider à rejoindre le groupe des Brics, constitué du Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Moscou a fait savoir qu’elle soutenait la candidature de l’Algérie. Elle salue aussi la décision de l’Algérie de « resserrer les liens » avec l’Union économique eurasiatique (UEEA). Cette organisation économique régionale comprend, outre la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizstan.

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